Carnets de brouillons

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lundi 11 avril 2016

Au revoir

Depuis ce dimanche de Pâques je n'écris plus ici.

Aujourd'hui, en promenant le chien, j'ai pensé que j'aimerai clôturer ce blog. Ce blog que François a ouvert pour moi. Fermer ce livre. La suite c'est ailleurs que j'ai envie de l'écrire et d'abord envie de la vivre. Je ne le fais pas, parce que : parait que y a des gens qui me lisent ici et à qui ça fait du bien, ce dont je témoigne.
Alors je laisse le livre accessible, comme j'ai fait pour le blog "fais pas ta maligne".

Reste mon blog pro que je pourrai peut être faire vivre d'avantage... Et puis si l'envie me revient d'écrire sur un blog, j'en ouvrirai un autre, un tout neuf, pour la toute neuve Luce, celle qui est en train de faire sa mue, laisser sa peau de veuve pour sa peau neuve. On verra bien...

Au revoir et merci...

dimanche 27 mars 2016

Nous

Ella Fitzgerald & Louis Armstrong: Dream A Little Dream Of Me

Un dimanche de Pâques, la merveille a fait sa chasse aux œufs dans toute la maison avec sa sœur et l'amoureux de celle-ci. Puis elle s'est gavée de chocolat. Un dimanche en famille heureux et tranquille. Je me sens bien, je crois.
Cette chanson passe sur mon ordinateur, je ne sais pas pourquoi, ça se fait sans moi. Je me vois dans les bras de François en train de danser un bon vieux slow, comme on le faisait parfois. J'en ai la sensation physique, cette complicité, cette douceur, cette tendresse qui nous unissait... Des larmes douces amères coulent le long de mes joues. C'est comme ça. ça arrive, ça prévient pas.

Le charme des fêtes familiale sans doute... Avec cet absent béant. Il me manque... ça me manque... Nous.

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mardi 15 mars 2016

Tout va bien

Ce matin j'ai fait quelque chose que je n'avais pas fait depuis longtemps. Je suis allée pleurer un bon coup au bord de la Loire.

Pourquoi ce matin ?

ça remonte à vendredi, l'émotion qui remonte par le corps. Depuis je la sens qui traine en moi. Ce matin j'avais rendez-vous avec ma psy, j'ai pas mal pleuré pendant la séance. C'est le seul espace ou je me l'autorise vraiment. Parce qu'il y a deux "moi" en ce moment. Celle qui souffre et qui a peur et celle qui dit :"c'est bon maintenant ! avance!" Alors j'avance. Je bouscule ma vie. Je prend un chien par exemple. Je tente de nouvelles expériences. Je m'implique, je m'engage, je m'ouvre à l'extérieur. Je me fais un peu violence parfois, d'autres fois je m'y précipite comme un grand besoin d'air.

C'est toujours par le corps que celle qui souffre arrive. Le corps, cet outil de la vie, j'ai tellement peur qu'il me lâche. J'ai tellement peur de mourir, pas tant de perdre la vie que d'abandonner la merveille, que de la trahir d'une certaine façon. Je porte encore en moi ce qu'elle m'a dit un jour: "maman, je voudrais que tu vives longtemps, je voudrais que mes enfants te connaissent". Elle avait cinq ans, quand elle m'a dit ça. Je ne lui ai pas promis de vivre mais je lui ai promis de faire de mon mieux, de prendre soin de moi le mieux possible.

Mais, depuis la mort de François, mon corps s'exprime par de multiples petits bobos successifs. Chaque fois, ça réveille ma peur de mourir. Chaque fois, j'en passe par l'effondrement avant de remonter la pente. Face à mes peurs j'ai toujours fait appel à ma réflexion et à ma compréhension pour me rassurer. Et quand j'y parviens, c'est efficace. La peur se dissout quand je comprend ce qui se joue. Mais je ne parle pas le langage de mon corps. Ou alors, les réponses ne lui suffisent pas. Le stress est la réponse des médecins le plus souvent. ça me ferait rire si ça ne me mettait pas en colère. Ce n'est pas une réponse suffisante. J'aimerai, au fond, qu'une porte s'ouvre, qu'un nouvel éclairage apparaisse, une clé qui me permettrait de comprendre et de désamorcer. Mais si ce chemin là est celui de mon esprit, il n'est pas celui de mon corps. Peut-être que je veux trop le maitriser. Peut être que je devrai accepter de le laisser bosser sans moi, après tout, les symptômes que j'éprouve ne sont pas grave, juste chiant, et encore, ils sont chiants parce que je leur laisse prendre beaucoup de place. Difficile de trouver l'équilibre entre je ne l'écoute pas et je l'écoute trop. L'écouter, prendre soin, mais se souvenir que ce n'est pas grave. Peut être qu'il a besoin de tout ces symptômes pour se soigner, peut être que c'est juste le signe qu'il fait son boulot. Après tout la cicatrisation, ça démange... Tiens c'est drôle, c'est justement ça mon dernier symptôme, démangeaison du visage, particulièrement autour des yeux... Tout va bien... Tout va bien...

jeudi 21 janvier 2016

Sourde angoisse

Vu médecin; Diagnostic : "Acouphènes : symptôme dû à l'anxiété". Prescription : " Anxiolityque très léger pour quinze jours, spezam"... Soupir... Il m'a dit : "Faut qu'on arrive à vous détendre". ça m'a fait pleurer... Je vais prendre son traitement, au cas ou, ça n'a pas l'air d'avoir d'effets secondaires de type dépendance, c'est trop léger. Alors si ça m'aide à me détendre, pourquoi pas... Je vais essayer l’acupuncture, voilà un truc pas encore tenté. ça m'aidera peut être...

En y allant je me disais : "N'ai pas peur de ton chagrin, ce n'est pas une rechute ou un retour en arrière ou une stagnation, c'est juste une étape de plus". Il faut que j'arrête d'avoir peur de mon chagrin si je veux pouvoir le pleurer et m'en soulager vraiment... Je sais que ce qui me fait peur, c'est le temps qui passe. Chaque jour qui passe ou je ne suis pas heureuse de vivre me fait l'effet d'un jour gâché, perdu, mort... Je sais que c'est une vision complètement erronée de la vie. Je sais qu'elle me vient de la vie de ma mère, du regard que j'ai sur la vie de ma mère, ma mère que j'ai vu récemment perdu dans son Alzheimer... Je sais...

C'est à mon chagrin que je fais la sourde oreille.... Sourde angoisse...

vendredi 25 décembre 2015

Neuf ans

Ma fille à neuf ans aujourd'hui. (Neuf années qui furent les plus belles et aussi les plus dures de ma vie). Elle est grande, très intelligente, hypersensible, belle, drôle, têtue, rêveuse... Elle est merveilleuse. Elle aime danser, lire, jouer aux poupées, les jeux de sociétés, parler, poser des questions...

Ce matin, elle m'a dit : "l'année prochaine j'aurai tout mes doigts" et on a éclaté de rire. Puis elle a dit : "Papa aura bientôt quel age?". J'ai dit: "Il aura bientôt bientôt 62 ans". Ce futur qui se conjugue encore pour lui, dans sa tête à elle, je trouve ça beau et émouvant aussi.

Je pense qu'il serait fou d'elle, et fier aussi, non, je pense qu'il l'est. Je peux moi aussi le conjuguer au présent, notre éternel présent.

Elle a neuf ans... Je me souviens si bien de ce Noël là. De ce pas si tout petit bout de bébé que l'on m'a mit dans les bras, du regard entre son père et moi quand elle fût là. Pour une année encore elle a vécu plus de temps avec lui que sans. Pourquoi ces pensées me viennent elles ? A quoi servent elle ? Ce temps compté encore...

Elle est joyeuse, aujourd'hui, comme n'importe quel enfant dont c'est l'anniversaire, en plus c'est Noël ! C'est moi l'adulte, en moi la compagne de François, qui hume le parfum du manque de lui. Notre éternel absent. Et je pleure encore ces larmes là. Mais ça fait rien, c'est bien que je pleure, dans mes larmes il vit encore un peu. Et je n'en ai pas peur.

Demain, la vie continuera son inexorable cours et nous nous laisserons emporter. Le bruit de nos rires sera comme celui des cailloux dans le torrent, eaux vives.

Et un jour elle aura vingt ans...

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photo gilsoub

vendredi 4 septembre 2015

C'est comme ça ... lalala lala

Parfois l'envie d'être heureuse est plus forte que la mélancolie.

Je suis là avec ma valise pleine de souvenirs de "LUI" et je sens encore la morsure du manque.

Mais parce que j'ai tellement envie d'être heureuse, je parviens à l'être, ça n'était pas possible, il y a encore pas si longtemps.

Je ne fais pas ça toute seule hein, j'ai des amis, de la famille, une petite fille et un amant.

Oh, comme elle lâche l'info en douce comme ça !

Oui, en passant l'air de rien, et surtout, ne prenez pas cela pour un évènement, ça n'est pas un évènement.

C'est là, c'est comme ça, c'est au jour le jour, c'est on verra bien, c'est doux, c'est tendre, c'est sans engagement.

Je me disais ce matin que j'avais envie d'en parler et envie de le taire. Taire l'intimité et raconter ce que c'est d'être veuve d'un homme qu'on aime pour toujours et laisser un autre entrer dans sa vie. C'est pas facile. C'est plein d'émotions contradictoires. Peurs, douceur, agacement, rire, complication, simplicité.

Une des choses difficiles c'est la comparaison. Mon défunt est devenu tellement idéal, tellement merveilleux, j'ai oublié ses défauts, ce qui m'agaçait, je n'ai gardé que le plus beau. Aucun homme ne peut rivaliser avec "LUI" dans ma vie, aucun n'est à la hauteur. Il a atteint son piédestal de défunt. Et je n'ai pas envie qu'il en descende. Alors la seule solution c'est d'éviter la comparaison. Parce que le nouveau venu n'y peut rien de ne pas être "LUI". Parce qu'il y a quelque chose de triste, la continuité du deuil, je ne revivrai jamais ce que j'ai vécu avec "LUI". Et ce nouveau venu me le prouve, me le met sous le nez, ce que j'ai vécu est mort avec "LUI". Ce n'est pas facile, mais, aujourd'hui c'est possible de le vivre en tout cas.

En relisant les textes que j'ai écrits au canada je me suis souvenue de ce bien être éprouvé à être pleinement dans l'instant présent. Alors j'essaie cette voie là. Je me concentre sur l'instant présent. Et quand j'y parviens, j'éprouve une joie simple à partager des moments simples.

Juste ça, le présent, le passé à sa place de mort, l'avenir a sa place de pas encore né, juste le présent.

Ce n'est pas facile, ça demande de la concentration, de la volonté, de l'attention, mais parfois j'y arrive bien et c'est bon.

Parfois l'envie d'être heureuse est plus forte que la mélancolie. Parce que j'ai tellement envie d'être heureuse, je parviens à l'être. Je ne fais pas ça toute seule, j'ai des amis, de la famille, une petite fille et un amant...

jeudi 4 juin 2015

Jour de deuil

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Le deuil, en sort on un jour de cette histoire là ? Voilà quelques jours que j'ai dû mal à respirer, parfois le palpitant qui s'affole et puis je pleure comme ça, comme ça vient, j'aurai presque envie de dire "sans savoir pourquoi" mais aujourd'hui ça fait trois ans qu'il est mort, alors bien sur, je me doute que c'est pour ça...

François me manque...

Vous souvenez vous de son rire, de son œil malicieux, de sa voix grave ?

Je me sens si seule. De cette solitude qui se souvient ce que c'était qu'être deux...

lundi 29 décembre 2014

Aimer

Parfois j'ai l'impression d'avoir disparu. Qu'est-je fais de ma vie en fait ? J'ai dit à quelqu'un il y a peu que tout bien considéré j'avais passé l’essentiel de ma vie à aimer et à être aimé. Oui, en fait, c'est pour cela que j'ai tant écrit sur l'amour. C'est que ça m'a pris l'essentiel de mon énergie. C'est l'amour qui m'a le plus appris sur moi, sur les autres, qui m'a donné les joies les plus puissantes et les chagrins les plus violents. Et ce n'est sans doute pas par hasard, si à quatorze ans, quand j'ai découvert cette phrase de Musset "quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : " J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui." j'en ai fait ma maxime.

Aimer... Pour certain c'est sans doute dérisoire, peu de chose, et même probablement idiot que de passer l'essentiel de son existence à cela. Qu'est ce cela en fait ? Rien, l'impalpable, le fugitif, l'indomptable, l'immaitrisable émotion... Pour certain , sans doute mieux vaux construire, bâtir, faire, et même je l'ai cru moi, j'ai cru que c'est ce que je faisais. Mais non, j'étais bien plus préoccupé par cette histoire qu'est l'amour.

Aimer... Pour d'autre c'est merveilleux, ce qu'il y a de plus beau etc...

Moi je ne sais pas, c'est comme ça que j'ai vécu, sans en avoir conscience véritablement et sans savoir vraiment pourquoi. Je ne porte pas de jugement ni positif, ni négatif, c'est comme ça que j'ai vécu, c'est tout.

Et puis il y a eu mon Il, puis il y a eu ma fille. Je me suis mise à écrire beaucoup, à vivre l'amour et à le raconter. Un pièce de théâtre d'abord, un roman ensuite. Puis il est mort. J'ai écrit encore cette douleur, ce chagrin qui faisait parti de cet amour.

Aujourd'hui j'ai parfois l'impression d'avoir disparu en même temps que lui, engloutie avec lui. Je sais que je suis vivante et je m’aperçois que je suis aimée. Mais cette impression tout de même d'avoir disparu est là comme un voile gris sur la lumière. Tout ce temps qui passe à attendre que ça passe. Je n'existe pas, pas vraiment. "La place que je me donne" m'a dit quelqu'un récemment, j'ai pleuré, mais je n'ai pas compris. Je ne sais pas comment, ni quand je pourrai revenir à la lumière, dans la vie, moi qui suis "tellement vivante", (je suis étonnée que c'est cela qu'on continue à voir en moi). Mon chagrin n'a pas encore fini de se pleurer. Je fais ce que je peux, de mon mieux pour continuer. Je n'ai pas beaucoup de force. Je suis si fatiguée. Parfois je commence une pensée par "j'aimerai..." que je ne finis pas, parce que ce que j'aimerai n'est pas, n'est plus. Je ne veux pas réveiller la douleur, la frustration. J'essaie de me contenter de ce qui est. Ce n'est pas rien, "ce qui est", c'est ce qui me tient. C'est ce qui me permet de faire des choix, de prendre des décisions. C'est ma fille, pour l'essentiel, c'est ma fille. Mais vous savez quoi, j'ai beau l'aimer plus que tout, elle n'est pas tout. Alors si j'osais je dirais que j'aimerai que quelqu'un me prenne dans ses bras. J'aimerai que quelqu'un prenne soin de moi. J'aimerai être amoureuse d'un être vivant, de chair et de sang et laisser le souvenir du mort devenir un sourire...

Après tout, c'est bientôt une nouvelle année qui commence. Si ce pouvait être une nouvelle vie...

mercredi 10 décembre 2014

Au jour le jour

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Tout ces pas que je fais vers la vie. Tout ces pas vers l'avenir. Concentrée sur le présent. Ne pas trop regarder en arrière, ne pas trop plonger dans les souvenirs de ce qui fût et qui n'est plus. S'accrocher au présent. Y chercher la simplicité, la paix, l'évidence, la fluidité. Laisser passer les montées de vague à l'âme, les montées d'angoisse, laisser passer l'épuisement, laisser la vie passer pas après pas. Ne pas regarder la ou ça fait encore plus mal. Tout ce qui manque, tout ce qui se désir et qui n'est pas. Juste l'instant présent.

Créer de nouveaux liens, rencontrer, vivre cette vie qui ne l'a pas connu, lui, le mort, le disparu. Aller de l'avant. Poser un acte après l'autre.

Ne pas regretter ce que je ne parviens pas à faire. Me contenter de ce qui est. Chercher des outils pour soulager mon corps apeuré. Continuer le chemin, mon chemin. Ma vie. Comme je peux, juste ça, comme je peux. Être la mère que je peux être pour la merveille, juste ça, celle que je peux être. Ne pas laisser la voix à ce que je veux, voudrais, pas la voie de la frustration. Se contenter de ce qui est, de ce que je peux. C'est bien déjà. Pas si mal en tout cas.

Ma vie aujourd'hui, juste aujourd'hui...