Carnets de brouillons

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mardi 1 septembre 2015

De A à Z la suite

Il se leva de table et se laissa guider par cette voix surgit d'un passé oublié de tous sauf de lui. Dans le labyrinthe de glace le son frappait d'écho en écho, il marcha longtemps mais le temps ne comptait plus. Il se perdit.
Il se laissa glisser contre une paroi froide et se mit à sangloter comme un enfant. Perdu, il l'était depuis si longtemps, vagabond, au cœur empli de trop d'amour. Comment survivre dans ce monde ou tout avait disparu?
La voix continuait de remuer ses émotions, avec elles un flot d'images venu de son passé d'immortel lui revint, cette rousse qu'il avait quitté dans un bistrot, c'était quand déjà ? Il y a un siècle, deux peut être ... Quitter avant de la voir vieillir. Quel étrange clown était il, à dodeliner de vie en vie ?
L'enfer était glacé, il le savait déjà, pour cela même qu'il était venu ici, chercher a redonner vie à cette autre immortelle qui avait choisi l'anesthésie et le pouvoir pour supporter cette existence qui n'en finirait jamais. Mais son élan, son courage et sa foi fléchissaient. Peut être avait elle raison de renoncer à l'émotion, elle était si douloureuse encore après toutes ces années. Peut être devait-il accepter son emprise de gourou glacé, se reposer au creux de son pouvoir absolu, abandonner. Il s'endormit ainsi, dans les larmes et les doutes et rêva d'une hirondelle, dans une vision infrarouge. La nuit tombait sur sa liberté mais l'oiseau était toujours là, volant dans son cœur à attendre son réveil.

Il se réveilla dans sa chambre. Deuxième fois qu'il y atterrissait sans savoir comment. Que se passait il alors qu'il dormait ? Le portait-on ? Qui ? Sur la table de sa chambre un vieux journal était posé. On y voyait la reine des glaces, avant, bien avant. Ce devait être dans sa première vie, peut être même avant qu'elle ne connaisse son immortalité. Après tout, comparé à lui, elle était si jeune. C'est pour cette photo qu'il avait fait des kilomètres, soulevé des montagnes, pour la noblesse de ce regard ou l'orage couvait encore. Chaque fois qu'il s'était donné une mission, chaque fois il avait pensé que ce serait la dernière mais c'était toujours la pénultième quand approchait son terme. Celle ci risquait vraiment d'être la dernière... S'il ne pouvait mourir, il pouvait cesser de vivre, la tentation était si grande...
Ici, tant de questions ne trouvaient pas de réponses. Il aurait aimé pouvoir gouté au silence de la mort, mais au lieu de ça son cerveau, son cœur tintinnabulaient toujours leur petite musique de vie.

Il était là, debout à côté de son lit, le regard plongé dans le regard de la photo du journal. Il cherchait encore et toujours le moyen d'atteindre ce cœur glacé. Chéri le crapaud apparu, Watt tout de suite après.

- Monsieur a bien dormi ?
- Dîtes moi Watt, comment suis je arrivé dans mon lit ?
- Je ne saurais vous le dire monsieur ?
- Vous ne sauriez ou vous ne voulez pas me le dire ?
- Je ne saurais monsieur, je n'y étais pas. Mais vous même n'en n'avez vous pas gardé le souvenir ?
- Je me suis perdu dans le labyrinthe hier, j'ai fini par m'endormir dans un de vos couloirs glacés et ce matin je m'éveille ici.
- Oh ! et bien voilà un mystère résolu. Ici, ou que vous vous endormiez, vous vous réveillez dans votre lit. C'est une des magies de notre reine des glaces. On peut vite mourir de froid à dormir hors de son lit. Elle a donc veillé a ce que ça n'arrive jamais a personne.

Xénon, ricana intérieurement, mourir de froid, si seulement ...

- Merci Watt, c'est aimable à vous de m'éclairer sur ce qui se passe ici.
- Vous êtes bien urbain Monsieur, je ne fais que mon devoir.

Il disparu et Chéri en même temps.

Xénon se demanda si la reine des glaces avait deviné sa nature d'immortel. Si tel était le cas, le combat en serait encore plus compliqué. Il lui faudrait l'aide de Vénus au moins, pour délivrer ce cœur de sa carapace de glace.

Il brancha son esprit sur le wifi et tenta sa première communication avec le monde extérieur depuis son arrivée. C'est alors que le nom d'origine de la reine des glaces refit surface. Comment avait il pu omettre cette information. Xylène... Comme ce prénom lui allait bien, un liquide incolore, d'odeur agréable et très inflammable. Mais qu'avait elle fait pour ne plus jamais s'enflammer ? Du yoga ? Il rit à cette pensée naïve. Il devait faire un zoom sur le passé de la reine et retrouver l'histoire complète de Xylène, il lui manquait des éléments.

dimanche 26 juillet 2015

Jusqu'à Z

-Ce conte s'appelait, la belle au bois dormant...

Il vit une ombre passer sur son apparente sérénité. Elle prit la théière et fit le service du thé. Dans tout l'univers, il n'existait pas de geste plus gracieux que ceux qu'elle exécuta à ce moments là. Étonnante, envoutante, reine des glaces. Il allait reprendre le cours de l'histoire quand Watt surgit à nouveau. Xénon pensa " ce n'est pas possible, il a des antennes celui là, pour apparaitre toujours quand je prend la main" Watt dit :
-Madame vos vélocipèdes sont prêts.
- Merci watt. Savez vous pratiquer cet outil de déplacements ? Xénon ?
- Heu, oui, vélocipède ? Je ne m'attendais pas à en trouver chez vous ! Comment faites vous avec la glace ?

Elle rit.

- Il y a beaucoup de choses que vous ignorez mon cher. C'est notre activité du week-end. Une fois par an seulement nous avons ce plaisir, une faille météorologique, mais cela est mon secret...

Elle sourit et il frissonna. Il aurait bien bu une bonne rasade de Xérès pour se réchauffer le cœur. Elle gagnait toujours et il sentait son cœur se refroidir, mais elle n'était pas seule. Décidément il fallait qu'il se méfie d'avantage de ce Watt. Il n'était pas qu'un animal de foire, un yéti imaginaire, il était bien réel, et sans aucun doute dangereux pour la réussite de sa mission. Peut être devrait il commencer par l'éliminer. Il l'observa à la dérober et le vie prendre un petit comprimé, l'avaler puis disparaitre à nouveau. Il demanda:

- Quel est donc ce petit comprimé que Watt avale en cachette, le secret de sa capacité à disparaitre ?
- Oh vous avez remarqué cela ? Watt ne vas pas apprécier. Ce sont des comprimés de Zinc, indispensable à son organisme, il n'en existe plus dans l'alimentation naturelle ici. Aussi je lui fourni sa dose.
- Est ce ainsi que vous le gardez auprès de vous ?
- Vous alunissez mon cher, Watt est un être qui a choisi de rester, je ne retiens personne prisonnier.

Elle eu un sourire indéfinissable qui lui donna le sentiment d'une bise, un vent glacé sur sa joue. Clopin-clopant, il arriverait à ses fins, il fallait juste qu'il ne mette pas trop de temps, sinon, elle lui glacerait le cœur et il ne pourrait jamais plus repartir.

- Mais vous êtes un divin invité et je me réjouis de votre présence. Il y a en vous une part d'enfance fort intrigante. Fichtre, c'est rafraichissant, vraiment.

Et elle rit de plus belle. Le cœur de Xenon se serrait sous les coups de chaque éclat, il devait réagir, maintenant. Il dit :

- Sans vouloir faire le glouton, le petit déjeuné est vraiment trop petit pour un organisme tel que le mien, serait il possible d'avoir quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent ?

Elle marqua une hésitation, comme si elle pesait, chaque mots avant de donner sa réponse. Ce qu'elle fit alors parut incroyable aux yeux de Xénon. Un nuage de glace s'éleva et les entoura, il eu très chaud pourtant. Bientôt tout fût blanc et elle disparut à ses yeux. Il se sentait seul, mais son appétit de vivre devint encore plus féroce. Le nuage de glace retomba. Sur la table, un banquet de pains chauds, de croissants, de brioches encore fumantes et dont l'odeur lui fit verser une larme, rayonnait sur la table. Elle était assise tout près de lui et lui murmura à l'oreille.

- Jouissez tant qu'il est temps de ces mets délicieux.

Il eu envie de l'embrasser tant ces odeurs chaudes et sucrées et cette voix de miel qu'elle avait prise l'avait chaviré. Il voguait sur un ketch, embarqué dans un flot de désir qui montait en lui et telle une étrange levure faisait gonfler son cœur et brandir son mat. Puis elle disparu, ou plutôt elle s'effaça et tout fut perdu. Avait il rêver ? Il était totalement perdu. Il mit plusieurs minutes à se souvenir, ou il était, ce qu'il était venu accomplir et il se sentit démuni face à la puissance magique de cette reine glacée qui jouait de lui comme d'un instrument de musique. Sur la table, plus aucun met, elle était vide, banche immaculée, au centre de la nappe, un monogramme brodé dont il ne trouva pas le sens. Quel niais était il comparé à elle ! Son optimisme du début lui parut si ridicule. De ce rêve qu'elle avait provoqué, lui restait encore un parfum de cannelle...

Il était venu chercher querelle auprès d'une femme bien plus puissante que lui. Ce n'était qu'une répétition avant la grande bataille et il se sentait déjà vaincu. Si seulement, il pouvait trouver la faille ou plutôt avoir le temps de l'exploiter, si seulement le tintamarre de son esprit pouvait se taire ! Non, ce qu'il lui fallait c'est le moyen de lui mettre un uppercut, rapide et sans merci. Pas assez de temps pour un poison venimeux, ça, c'était son arme à elle. Mais il n'avait pas trouvé encore ce moyen. Il lui fallait de la solitude, un bon whisky et un peu de temps. Il devait soigner la Xérophtalmie dont il avait fait preuve depuis le début et faire face, les yeux grands ouverts sur la vérité de l’ennemie.

C'est alors qu'il entendit une voix sortie d'un passé disparu. Une femme chantait. De sa mémoire anthologique il reconnut Zizi Jeanmaire et le titre "Toto l'aristo". Etait ce encore une hallucination ? un message ? Venait il de son propre cerveau ou était ce encore un tour de la reine des glaces ?

lundi 22 juin 2015

Duel de y à r

Xénon entamait son deuxième jour au pays des glaces, et déjà il commençait à douter de sa capacité à accomplir sa mission. Elle était très forte, il avait été très présomptueux de penser qu'il la vaincrait facilement et repartirai libre vers sa destinée.

Mais il n'était pas abattu non plus. Il pensait en souriant "Il n'y a plus qu'à s'accrocher, yapluka, yapluka". Il en faisait une chanson légère et drôle pour se réchauffer le cœur. Elle le prenait pour un vulgaire Zinjanthrope. Finalement, ils avaient commis tous les deux la même erreur, sous-estimer son adversaire. Pourvu qu'il ne la détrompe pas, il aurait un avantage sur elle.

Le déjeuné se passa sans incident notable, il continuait de parler pour ne rien se dire, s'observant, se testant. Parfois elle voyait le regard de Xénon s'allumer de curiosité, aussitôt elle faisait machine arrière.

C'est au dessert qu'elle porta une nouvelle attaque: "Avez vous entendu parler de la chambre des béatitudes ?" Surpris, il se demanda quel était le rapport avec la choucroute, "décidément, c'est une coutume ici de passer du coq à l'âne dans une conversation", pensa t-il.

Watt surgit juste derrière Xénon et le fit sursauter. Cette façon qu'il avait d'être absolument discret , ses regards énamourés sur la reine des glaces, lui donnait des frissons et des sueurs froides. Cette femme avait dressé ce modimo-lima comme un toutou. Il avait fait le tour du globe terrestre mais n'avait jamais trouvé puissance aussi absolue, sur soi et sur les autres. C'était là le secret de sa force, le contrôle qu'elle exerçait sur elle même d'abord. Il savait que c'est là qu'il devrait frapper.

-Qu'est ce donc que cette chambre des béatitudes ? demanda t-il.

Lovée dans sa robe d'hermine, elle lui sourit. L'espace d'une demi seconde elle eu l'air d'une petite fille dont on venait de satisfaire le caprice.

-Vous n'avez jamais entendu parler de la chambre des béatitudes ? C'est impardonnable !

Puis elle rit a gorge déployée. Xénon ne comprenait rien et n'aimait pas cela du tout. Cette impardonnable joie sadique qu'elle avait à le maintenir dans l'ignorance commençait à lui taper sur les nerfs.

- N'êtes vous jamais allé à Katmandou ?
- Si bien sur
- Et vous ne savez ce qu'est la chambre des béatitudes ?
- Non
- Oh ... Cela aura donc disparu aussi. Tout s'éteint mon pauvre ami. Mais ici, dans la glace, nous conservons le monde et son histoire. Je vous montrerais ce soir cette chambre...
- Dois je prendre le terme "béatitude" au pied de la lettre ?
- Mon cher, ne prenez pas vos désirs pour des réalités, ce serait au mépris de votre intelligence. Il serait extrêmement négatif pour vous, de vous égarer dans cette voie.
-Quels sont donc, d'après vous, mes désirs ?
- Quels qu'ils soient vous les assouvirez dans l'onanisme ce soir...

Ils rirent tout deux ensemble pour la première fois. Mais cette parenthèse fut brève.

C'est Xénon qui passa à l'offensive cette fois.
- Vous souvenez vous de ce vieux conte ou une princesse, sous la malédiction d'une sorcière dormi cente ans après s'être piqué le doigt à une quenouille.
- Oui, je m'en souviens comme d'une vague réminiscence

Elle avait mordu à l’hameçon.

mardi 2 juin 2015

Des mots étranges dans une étrange histoire

Xenon pensa :"quel drôle de Zigoto, ce Watt. Il faudra le surveiller de près. Surement un espion".

Après son petit déjeuné, il vérifia que toutes affaires étaient là. Tout y était. Mais de toute façon, ils ne pourraient lui dérober l'essentiel, l'algorithme qui lui permettrai d'emporter la victoire à coup sur. Celui là, était caché dans sa tête.

Sur le rebord de sa fenêtre, un crapaud baveux croassais. Étrange et inattendu cette présence au pays des glaces. Il s'approcha, derrière lui, Watt dit :"
-Oh, vous avez fait la connaissance de Chéri ?
- Chéri ?
- Oui, curieux nom pour un crapaud, je sais. Mais il a une faculté toute particulière, il apparait et disparait comme bon lui semble. Elle l'adore.
-Diantre ! Voilà une curieuse faculté !

Et se retournant vers la fenêtre, il s’aperçut, qu'en effet, Chéri avait disparu. Ce n'était donc pas les élucubrations d'un serviteur trop zélé.

- Elle vous demande monsieur.
- Bien assez farniente pour aujourd'hui. Allons y !

En traversant les corridors glacés, il comprit que ceux-ci formait un labyrinthe dans lequel il serait incapable de se déplacer seul sans se perdre. Son cœur battit plus fort, il ne devait pas laisser la gangrène de la peur gagner du terrain. Il se força à respirer, focalisant sa pensée sur son prochain face à face, il se rendit hermétique à toute autre image.

Enfin ils débouchèrent dans la salle du trône. Elle était là, laide et magnifique à la fois. Watt avait disparu à son tour. Ils étaient seuls à nouveau. Elle dit :
- Quel est donc votre jeu ?
La question le prit au dépourvu
- Mon Jeu ?
- Votre jeu ! N'est ce pas pour cela que vous êtes venu ? Pour jouer ?
- Madame, je suis venu pour chanter, je suis ténor.
- Oui, oh, je n'ai pas besoin d'un ténor de Karaoké !

L'insulte le gifla aussi surement que s'il l'avait reçu de sa main. Son orgueil léonin ne résista pas, il se mit à chanter comme jamais il ne l'avait fait. Il voulait l'éblouir, lui fermer la bouche et lui ouvrir le cœur. Voilà, l'assaut avait commencé.

Elle le regardai chanter, magnifique et obscure, elle sentit un pincement de vie parcourir sa chair. Elle s'enferma dans son cœur de glace. Rien ne devait l'atteindre, certainement pas se faiseur de méchoui ! Ses nébuleuses motivations pour venir jusqu'à elle méritait encore d'être éclaircie. Il était dangereux, elle le savait, mais ne savait pas encore comment. Son omniscience se trouvait limité, elle détestait cela, elle adorait cela. Là était le danger ! Paradoxe de sa vie glacée, obnubilée de maitrise, rien ne la chavirait tant que ce risque, perdre le contrôle. Mais alors, qu'adviendrait il ?

Watt apparut à cet instant.
- Madame, Monsieur, je dois m'enquérir auprès de vous de ce que vous aimeriez pour le déjeuné. La cuisinière à prévu de faire des quenelles, mais j'ai pensé que ce n'était peu être pas assez glorieux pour recevoir Monsieur.

Xénon, interrompu dans son chant, en avait le souffle coupé ! Interrompu pour une histoire de quenelles ! Quel était donc ce stratagème ?

Elle sourit, ce bon vieux Watt, il avait toujours l'art de dire des choses banales et inattendues ! Lui au moins lui était totalement dévoué. Elle planta son regard dans celui de Xénon et dit :
- Votre chant vaut il plus qu'une quenelle ?
Il comprit alors, qu'il avait perdu cette manche, la deuxième. Elle ne serait pas si facile à atteindre.

Il sourit gracieusement, et répondit : " tant qu'on parle de nourriture et que cela n'est pas le signe de ralliement pour une éventuelle ratonnade ! Je mangerai volontiers des quenelles."
Elle sourit à son tour, il avait le secret pour n'avoir jamais l'air vaincu. Grande était la tentation de l'écraser, aussi grande que l'espoir qu'il saurai résister. L'union de leur force pourrait ... Mais non, elle ne devait pas y songer. De glace elle était, de glace, elle devait rester.

C'est alors que Watt repris la parole :
- Je dois vous demander monsieur si vous avez déjà eu la varicelle ?
- Pardon ?

Décidément il avait l'art de surprendre.
- Avez vous déjà eu la varicelle ? la fille de la cuisinière en est atteinte, je ne voudrai pas que monsieur s'en trouve incommodé.
- Oui, je crois que je l'ai déjà eu.
- Je vérifierai pour vous sur le web, si vous me donner l'accès à votre dossier santé.
- Je m'en occuperai moi même Watt.

Watt disparut à nouveau.

Elle dit : "j'espère que vous n'êtes pas xénophobe vis à vis des modimo-lima"
-Des quoi ?
- Oh, vous ne connaissez pas ce peuple ? J'aurai cru, vous qui venez du sud. Les modimo-lima sont des êtres qui ont la faculté de disparaitre aux yeux de chairs. Watt est l'un d'eux. Il est arrivé ici il y a quelques années, avec Chéri en cadeau. Vous avez déjà rencontré Chéri.
- Oui, en effet.
- Il est arrivé un peu comme vous, étranger, aventurier. Puis il est resté.
- A votre service.
- A mon service, c'est ce qu'il m'a proposé en arrivant. Tout comme vous, non ?

vendredi 8 mai 2015

Beaucoup de mots pour presque rien

Derrière son rire, elle pensa: " quel est donc ce bastringue qui pense avoir un charme démoniaque, cet étranger dont la bouche ne me sert que des fariboles ? S'imagine-t-il que je vais gober son galimatias ? Je sens bien qu'il se croit maitre d'un jeu dont je n'ai pas tout deviné, mais tout cela finira dans un bain d'hémoglobine, je me laverai dans son sang ! " Elle donna l'ordre de servir la suite illico presto, elle voulait se retrouver seule pour établir son plan qui anéantirait ce faux jeton.

Le dessert la calma, le froid du sorbet s'insinua en elle, la glace vint éteindre le feu. Elle changea d'idée. Il fallait qu'elle l'observe plus longtemps. Cet homme était venu en ennemi, elle le sentait, elle devait prendre son temps. Elle demanda : "Quels sont donc vos talents Xénon, en dehors de votre voix et de votre sens de l'humour qui sont des armes certes utiles mais bien légère pour parcourir le monde comme vous semblez l'avoir fait ?"
- Je sais me battre, j'ai séjourné en Asie quelque temps
- Oh ! Vous faites du karaté sans doute ? Comme c'est mignon.
- Je pratique les Arts martiaux en général.
- Avez-vous déjà tué ?

La question était posé sur le même ton badin. Il observa ses yeux pour y discerner son intention, mais il s’aperçut qu'ils étaient faux eux aussi, elle portait des lentilles qui changeaient de couleur au gré de la lumière et lui donnait ce regard à la fois étrange et terrifiant. Il sentit qu'il avait commis une erreur, il était important qu'elle le prit pour un matou docile et ronronnant, il devait dominer son orgueil et flatter le sien. Néanmoins, cette erreur lui avait appris quelque chose.
- Non, je n'en ai jamais eu besoin.

Le silence s'installa jusqu'à la fin du repas. C'est alors qu'il lui offrit son cadeau. Chaque individu la voyant pour la première fois le devait. Elle mettait au défi ses invités de la surprendre. Ce qui arrivait rarement. Elle défi le paquet, son petit sourire de glace toujours sur ses lèvres. Qu'avait il bien pu imaginer ? Il était intelligent, pas suffisamment pour l'égaler mais tout de même. Partagée entre l'espoir et l'appréhension d'être enfin surprise, elle défit le défi. C'était une ombrelle de papier, la couleur était délavée, le bois du manche même pas sculpté. Une ombrelle pour la reine glacée, au pays des icebergs. Elle n'avait de précieux que son inutilité absolu. Elle aima ce cadeau et n'aima pas l'aimer.

Elle remercia sans chaleur et l'invita à quitter la table. Ils se retrouvèrent au Paradis. C'est ainsi qu'elle appelait cette salle, elle portait bien son nom. La magie résidait dans le fait que l'illusion d'être dans le ciel, installé sur des nuages était parfaite. D'ici, elle pouvait véritablement se prendre pour une déesse. Un quatuor à corde jouait quelque part, hypnotique. Il sentait une dangereuse mélancolie l'envahir. Il ne devait pas laisser ses émotions affleurer, il devait se souvenir qu'il était là pour ratiboiser sa mégalomanie, transformer cette mante religieuse en inoffensive sauterelle, couper une à une ses tentacules de tentatrice, réchauffer ce cœur froid et le briser.

Mais la musique, le paradis, un ululement doux et lancinant eu raison de sa vigilance. Il s'endormit. Elle le regarda longuement, abandonné, fragile, beau et se souvint avec regret qu'elle devrait fatalement le tuer.

Le lendemain, il se réveilla en sursaut. Il était dans une chambre, qui l'avait donc transporté ? Sa valise avait été défaite. On l'avait installé. Partagé entre la victoire d'être toujours en vie et d'avoir passé la première nuit et la défaite de s'être mis à sa portée si facilement, il commença la journée par une séance de méditation. Il devait sortir de lui le tumulte. Quand il revint de sa transe, il savait que c’était en restant humain qu'il l'atteindrait.

Dans la chambre, se tenait un homme si immobile qu'il en devenait presque invisible. Quand était il entré ? Il se présenta " Je suis votre... comment dire... majordome, pour la duré de votre séjour. Je me nomme Watt, comme l'énergie pas comme la question"

Il se regardèrent en silence, puis Xénon sourit.

-Bonjour Watt, où est servi le petit déjeuner ?
- Dans votre chambre Monsieur. Thé ? Café ?
- Café
- Monsieur est étranger à nos contrés n'est ce pas ?
- Cela vous pose un problème Watt ?
- Monsieur, je n'ai pas suffisamment de pouvoir pour avoir le moindre problème. Nous savons tous que la maitresse des lieux est Xénophile. Si monsieur est toujours parmi nous ce matin, c'est que monsieur a su se montrer suffisamment exotique pour retenir son attention. Formage blanc ? Yaourt ?
- Yaourt...

jeudi 16 avril 2015

Treize mots

Il avait ce teint olive qu'ont les hommes venant du sud, aussi exotique qu'un papillon dans cette contrée du grand froid. Il avait décidé de prendre ses quartiers ici. Jusque là sa vie avait été une grande ratatouille, délicieuse certes, mais aussi confuse. Il devait rester concentré, pas question de finir cette histoire en saucisson, Il ne devait pas se tourner vers son passé. Il était venu ici pour devenir le grand Ténor de la dame du froid, en apparence tout au moins. Mais il ne perdait pas de vue son objectif, le dernier ultimatum qui marquerait la fin de son voyage. Face à elle, pendant qu'il lui souriait, il sentait une vague nausée qu'il devait contenir. Le repas allait être servie, elle le convia à sa table. Au menu on y servait du Wapiti.

- Alors dîtes moi, Xénon, quel étrange nom, pourquoi vous appellent on ainsi ?
- C'est parce que je suis comme ce gaz du même nom, noble, inodore et incolore, inconnu, étranger, rare et le plus cher.

Elle rit de son rire de cristal, et cela le transperça.

- Je vous prenais pour un de ces Yankee, qui débarque chez nous en trop grand nombre, depuis la grande désertification de l'hémisphère sud. D’où venez-vous ?
- De partout et de nul part. Je suis le point zéro, l'origine d'une histoire dont on ne sait rien encore
- Vous cultivez le mystère.
- Non, madame, pas autant que vous. Je m'attendais à vous voir entourée de mille courtisans, comme le sont généralement les êtres de pouvoir. Souffriez-vous d'agoraphobie ?

Elle rit encore, mais cette fois le cristal de sa voix se brisa.

mercredi 1 avril 2015

Hebdo Ignorance Je Kapok Latitude Marionnette Nature

Elle croyait qu'il était arrivé là par hasard, mais il avait vu un article dans un hebdo, une caricature qui l'avait fait rire, sur la richissime diva. Il était ravi de son ignorance, car dans l'affrontement de cette première entrevue, Il était prudent qu'elle ne se doute de rien. Il dit "Je vous suis très reconnaissant de me recevoir". Son visage devait être fait de kapok pour réussir à ne rien exprimer à ce point. Mais il restait confiant. Il avait eu toute la latitude possible pour l'observer à loisir avant cette présentation. Il l'avait vu traiter son entourage comme les marionnettes de son jeu de vie en grande manipulatrice. Mais lui, connaissait sa vrai nature.

mercredi 25 mars 2015

Troisième phrase

366 Alphabétique. Aujourd'hui 7 mots imposés.

Elle le regarda de son air le plus affolant, barboter dans son inconfort, attendant la catastrophe imminente, celle qui lui donnerai l'occasion de faire valoir son pouvoir de démiurge absolu. Son élocution se faisait hésitante, lui le farfadet si plein d'assurance semblant venir d'une autre galaxie, sombrait aussi doucement que surement sous la coupe glacé de son coeur.

mercredi 18 mars 2015

Seconde phrase

J'ai du retard encore et toujours sur les 366 Alphabétique. Voici donc une deuxième phrase qui pourrait être la suite de la première. Ainsi de suite, peut être vais-je finir par écrire une histoire, de mots en mots imposés. ça m'amuse assez.

Cette Walkyrie des temps modernes, descendue tout droit du Nord, fille de Thor probable, avait les mains couvertes de Xanthomes. C'est pourquoi elle portait toujours des gants dessinés de façon étrange, comme un tatouage Yakuza, une seconde peau. Elle cultivait la peur avec esthétisme, Et alors qu'elle avait atteint le Zenith de sont art, lui, le vagabond, c'était présenté à elle.

samedi 14 mars 2015

La première phrase

J'ai du retard encore sur les 366 Alphabétique et ne suis pas encore revenu de mon voyage au pays du théâtre. Alors comme ça, la première phrase de ce qui pourrait être un polar, un roman de gare, à vous d'imaginer...

A son rire sardonique, il répondit par un regard ou la tendresse avait le son d'un ukulélé et la lumière d'un couché de soleil. C'était un vagabond, il en avait vu d'autre, comme elle, des reines de glace qui ne demande qu'à fondre.

mardi 10 mars 2015

Tague et mots

Ce cher Gilsoub m'a tagué !!!!! ça fait longtemps que je ne me suis pas pliée à ce genre d'exercice. ça me rappelle... C'était dans une autre vie. Comme je suis très en retard sur notre petit jeu des 366 Alphabétiques, je vais en profiter pour placer tout les mots de ces 6 derniers jours qui sont :

05 - Marguerite
06 - Naissance
07 - Océan
08 - Papier
09 - Quart
10 - Rastaquouère

D'abord la règle:
- Citer la (les) personne (s) qui vous a (ont) dénoncée
Fait
- Raconter 11 petits (ou grands) secrets sur soi
11 ? J'ai pas tant de secrets ! Je vais essayer...
- Répondre aux 11 questions posées
Pas de problème
- Dénoncer à son tour 11 blogs
Je fais pas dans la délation ;-) m'enfin j'en aurais bien une ou deux quand même.

Voici donc 11 petits secrets sur moi:
1- Je suis accroc au télé-crochet
2- Je ne peux pas m'endormir sans lire avant, même si souvent je ne me souviens pas de tout ce que j'ai lu, le lendemain. Je me suis mise à la liseuse et j'étais étonnée de ne pas regretter le papier
3- J'aime prendre un bain bien chaud et je lis aussi dans mon bain
4- Je peux arrêter d'écouter quelqu'un parce que j'ai vu un oiseau se poser sur une branche
5- J'aime les gens "différents", les Rastaquouères. La "normalité" m'ennuie. (Je sais, c'est affreusement mal, en plus ça veut dire quoi "différent", "normal" ?!)
6- Je n'aime pas les marguerites, je préfère les pâquerettes
7- J'ai un merveilleux souvenir de la naissance de ma fille mais j'ai pas aimé être enceinte
8- J'ai pas la main verte !!!! PAS DU TOUT !!!!
9- Je suis amoureuse de Colin Firth
10- J'ai besoin d’interaction pour me mettre en mouvement.
11- J'aime les comédies romantiques

Répondre aux 11 questions posées:

1- Alors heureuse ?
Peut mieux faire
2- Avec ou sans sucre ?
Un demi sucre dans mon thé. Je suis en sevrage progressif
3- Vous désirez quelque chose ?
Être embrassée par un amoureux
4- Puis-je vous aider ?
Je ne crois pas... Rire !
5- Kamasutra ou Marc Dorcel ?
Je ne connais pas le tiers du quart de ce dont il s'agit
6- Et dieu dans tout cela ?
Je m'en fou
7- Dernier coup de cœur ?
Une pièce de théâtre que j'ai vu à Tours qui s'appelle "Requiem". Drôle, tendre et terriblement vivante, alors que le sujet principal est la mort.
8- L’endroit le plus insolite où vous ayez fait l’amour ?
Les bois
9- Et c’était bien ?
Hum, hum
10- La question que j’aurais dû vous poser ?
Quand allez vous voir l'Océan ou le Mont St Michel ?
11- et sa réponse:
Au mois d'Aout. Ce serait possible ?

Alors si la Fille Silencieuse, la Petite Sorcière, Su ki, Aude Dîte Orium, veulent s'y coller...

mercredi 4 mars 2015

Les larmes de Kaoline

Je me sens kaoline après cette journée de travail. J'ai versé quelques larmes en rentrant. C'était tellement, trop, tant, et tout les superlatifs n'y suffiraient pas, intense. Entrer dans la chair de mon texte, qui est aussi la chair de ma vie. Jusque là, il était encore en gestation. Il est en train de naitre. A sortir par la bouche des acteurs, à se transformer par eux, en eux. Chaque coupes, chaque sacrifice de mots l'épure et le grandi. C'est beau.

Parfois surgi la pensée "c'est ça que j'ai écrit ?" il devient tellement plus grand que moi, que nous. Il devient Tous.

Je me sens kaoline et mes larmes sont venues avant les mots pour me dire, c'est beau le chemin de la sublimation.

Mot d'hier: kaolin, (ce sont des argiles blanches, friables et réfractaires, composées principalement de kaolinite, soit des silicates d’aluminium. Découverts à l’origine en Chine, ils sont à la base de la fabrication de la porcelaine.)
Mot d'aujourd'hui : Larme.

lundi 2 mars 2015

Mon jardin

Mon jardin attendra le printemps
Pas le temps, pas le temps

Je courre, je courre
Après les mots d'amour
Semés dans mon passé
Aujourd'hui récolté
Par la bouches des acteurs
Du bonheur, du bonheur

Mon jardin attendra le printemps
Pas le temps, pas le temps

J'écris à toute vitesse
Entre deux allégresses
Vite fait, mal fait
Tant-pis, dans les délais
Du jeu alphabétique
Un peu dans la panique

Mon jardin attendra le printemps
Pas le temps, Pas le temps.

(petit texte sans intérêt, pardon ;-) )

dimanche 1 mars 2015

L'ignominie.

Aujourd'hui premier mars, je me lance dans l'aventure d'un jeu de mots proposé par Gilsoub. Les 366 Alphabétiques. Il s'agit d'écrire un texte chaque jour en y incluant un mot imposé. Aujourd'hui "Ignominie".

Comme il le dit lui même dans son texte du jour, ce n'est pas un mot très engageant pour commencer, mais il n'est pas là par hasard. Notre époque nous en donne tellement d'exemples.

Ce mot "ignominie", qui si on le dépossède de son sens pour n'écouter plus que sa musique, est beau, presque trop pour ce qu'il veut dire. Cette beauté renforce t-elle la violence qu'il contient ou au contraire l'atténue t-elle ? Rend-elle plus audible l’indicible ? L'ignominie se dit elle ? se raconte t-elle ? S'écoute t-elle ?

Ce mot "ignominie" contient ma part de révolte, de nausée, de choc, d'incompréhension des évènements du monde, des évènements de la vie, sa cruauté, sa violence, sa part sombre, sa part d'ombre. Il a bien fallu un mot pour le dire. Mais quand on dit celui là, c'est qu'on ne peut plus dire les autres. C'est un cri : " c'est une ignominie !".

Aujourd'hui dans ce cri j'entends les gorges nouées au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, je revois les visages ou je les imagine, des survivants. J'écoute ma révolte et ma compassion devant le témoignage d'une femme violée, d'un enfant martyrisé, ou d'un homme qui a dû tout abandonner pour sauver sa peau, par exemple...

Le monde est empli d'ignominie.

L'Ignominie est intolérable, d'ailleurs nous ne la tolérons pas. Nous détournons nos yeux d'elle. Nous l'oublions. Nous utilisons notre arme la plus facilement accessible, elle s'appelle le déni et c'est ainsi que nous y survivons, et c'est ainsi qu'elle peut continuer d'exister. Je dis "nous", s'y trouvera qui veux, je n'accuse personne de rien. Je sais juste que ça arrive suffisamment souvent pour que l'on puisse dire "nous, êtres humains".

Il faut beaucoup de courage pour regarder l'ignominie en face, et peut être même parfois faut-il l'appeler autrement pour pouvoir s'y opposer. L'ignominie désigne un acte qui a déjà été commis, c'est trop tard pour l'empêcher. Alors parfois on se raconte collectivement "plus jamais ça" et on se soigne à cette idée que plus jamais on aura à la voir. C'est un élan sincère, il dure plus ou moins longtemps mais le temps est l’ennemi de cette mémoire là et un jour, l'ignominie est à nouveau sous nos yeux. A croire qu'elle ne nous apprend rien.

L'ignominie est humaine, elle n'est pas monstrueuse, non, elle est humaine. C'est en chacun de nous qu'elle nous oblige à regarder, la pire parti de nous.

Heureusement pour l'être humain il existe un autre mot, "Sublime".