Carnets de brouillons

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jeudi 17 avril 2014

Ce serait beau

Ce serait beau n'est ce pas de raconter un évènement heureux, une belle surprise. Je me souviens de l'effet de bonheur partagé quand j'ai annoncé que j'étais enceinte de la merveille après toutes ces années de doute sur ma "fertilité". C'était beau toute cette joie partagée.

Mais je n'ai rien de tel à raconter. Le grand malheur est passé lui aussi, laissant ses traces un peu partout. Un manque, une absence, mais même à cela on s'habitue finalement.

Je suis tombée malade. Un bon microbe bien costaud qui ne vous laisse pas le choix que de vous reposer. Il m'a fallu lâcher. Laisser faire les autres à ma place. 5 jours durant, une éternité. Je suis encore très fatiguée.

J'ai un tout, tout petit moral. j'ai pas peur, je ne suis pas angoissée. ça reviendra. C'est juste de la grande fatigue.

Je suis entourée, bichonnée. Une amie, ma belle-fille présentent à la maison ont fait le relais avec la merveille. ça va. Pas de grande catastrophe hein.

Mais j'ai un tout, tout petit moral. Une envie de pleurer. Un chagrin. C'est ça aussi lâcher. C'est laisser le chagrin couler encore un peu puisqu'il n'est pas tarit.

En même temps j'en ai marre de me plaindre. J'en ai marre de n'écrire que des histoires tristes. Alors oui, Ce serait beau n'est ce pas de raconter un évènement heureux, une belle surprise. ça ferait du bien.

Je suis fatiguée, là.

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Photo tiré du film Pina de Wim Wenders

jeudi 27 mars 2014

Ca veut dire quoi pour toi faire équipe ?

Me demande une amie en commentaire sur mon précédent billet. Et me voilà, à me triturer le cerveau pour faire une réponse qui soit le plus proche de ce que j’entends par "faire équipe".

D'abord je repense à ce que le formateur de mon initiation à l'art thérapie nous a dit : "Il n'y a pas de définition d'un mot "pour soi", si on parle pour soi, on ne parle pas avec les autres. Donc, toujours se référer au dictionnaire, c'est l'outil commun donc acceptable par tous".

Alors donc, je vais voir dans les dictionnaires et je trouve entre autre ces deux définitions qui correspondent bien à ce que c'est qu'une équipe "pour moi".

Équipe : Une équipe est un groupe d'individus partenaires dans un but commun.
Faire équipe avec quelqu'un : s'associer avec lui pour une entreprise commune.

Maintenant qu'on est tous d'accord, je vais me laisser aller à préciser mon extrapolation. J'utilise cette expression : "faire équipe", pour parler notamment de ma relation avec François. Je parle souvent de l'équipe que nous formions et du fait que ça me manque.

En employant cette expression, je pense aussi qu'une des choses qui me plait vraiment dans l'aviron (que j'ai commencé il y a six mois) c'est que c'est un sport d'équipe. C'est une très bonne allégorie de ma vision plus générale de "faire équipe".
Dans le bateau d'aviron on doit "faire équipe", ou encore "faire corps" avec les autres, sinon le bateau n'avance pas, sinon les sensations de glisse ne sont pas là, sinon c'est même très désagréable. La discordance, la non attention à l'ensemble est immédiatement sanctionnée par des sensations d'à-coups, le terme ramer prend sa couleur galère. Mais si on parvient à être vraiment ensemble, à "faire équipe", la récompense est immédiate, c'est plus facile, on sent le bateau glisser, ça devient fluide.

Au quotidien, "faire équipe" avec quelqu'un, "pour moi", c'est donner de la fluidité, c'est faciliter le mouvement de la vie. C'est avancer ensemble. Si je me réfère à la définition d'origine je dirais que "l'entreprise commune", le "but commun" c'est "la vie".

Dans ma vie avec François il y a un exemple que je reprend souvent. Quand l'un de nous deux "ramaient" l'autre répondait "ON va y arriver". De "tout seul", nous devenions une équipe dans ce "ON". Jamais il ne m'a dit : "tu devrais, t'as qu'à" ; souvent je lui ai rappelé : "je suis là pour partager ça aussi". Nous formions une équipe, cela rendait notre vie plus facile, plus fluide. C'était infiniment précieux.

J'ai toujours aimé ça "faire équipe". Je crois que dans le théâtre c'est mon éternelle quête et ma trop souvent grande déception. Le théâtre est fait d'individu avec des égos nécessairement très forts. Je dis "nécessairement" parce qu'il faut bien ça pour prétendre parler "à la terre entière". Quand ces grands fragiles et surdimensionnés d'égos parviennent à s'oublier dans le but commun qu'est de défendre une œuvre, c'est absolument magique. Quand ils n'y parviennent pas, ça peut être vraiment catastrophique.

Moi j'ai du mal à "faire équipe". Parce que j'ai peur d'être lâchée par mon/ma équipier/ère ou j'ai peur d'être dominée, écrasée par lui/elle. J'ai peur qu'il/elle soit trop fragile ou trop malveillant. Je crois souvent me mettre à l'abri de ce risque en me positionnant en leader. Je suis devenue metteur en scène par exemple. Mais j'ai appris à cette occasion, qu'en étant le leader, je sortais de l'équipe. C'est drôle, je me suis mise à créer des équipes et à m'en exclure histoire de bien confirmer ma peur.
Dans mes relations amicales, souvent, pas toujours, mais souvent, je me positionne comme la confidente voir la conseillère, j'essaie d'être disponible, à l'écoute etc... Mais je ne laisse pas beaucoup d'occasion à mes ami(e)s de me rendre la pareille. Je sais que c'est une façon (plutôt bienveillante heureusement) de dominer non pas l'autre mais la relation. Je me rééduque quotidiennement pour laisser à mes ami(e)s l'opportunité de me soutenir. Le deuil à ouvert quelques portes, j'étais dans un tel état que je n'avais pas trop le choix. Mais quelle peur j'avais de me sentir si fragile. Pourtant, je n'ai pas entièrement retenue la leçon. Je fais le constat conscient de tous les soutiens en tout genre que j'ai reçu. Je fais le constat conscient que je n'ai ni été abandonnée, ni été écrasée au contraire j'ai connu beaucoup de bienveillance, de solidarité. Pourtant, ma vieille peur est toujours aux aguets, c'est un travail continuel de rééducation que je dois faire sur moi-même.

Aujourd'hui, j'aspire à faire parti d'une équipe. Je veux des partenaires de jeux, des égaux et non pas des égos. Professionnellement, affectivement, je cherche ça. Ce n'est pas facile pour moi. François avait rendu ça facile. Mais il n'est plus là. Alors je me dis que je devrai peut être utiliser ce qu'il m'a appris, me faire d'avantage confiance et surtout accorder d'avantage ma confiance. ça ne se fera pas d'un claquement de doigts, mais si je porte mon attention là-dessus, peut être parviendrais je à me "rééduquer", petit bout par petit bout, poser des actes même anecdotiques dans ce sens et peut être finir par être rassurée...

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photo prise à l'occasion de la coupe de Noël, suis dedans, oui, oui

mardi 25 mars 2014

Lâcher l'autre

J'ai mal au dos

t'en as plein le dos ?

Oui

De quoi ?

De tenir, peut être, de porter probable...

Et ben lâche

C'est facile à dire hein.

T'as peur ?

Bien sur, toujours.

De quoi ?

De me retrouver toute seule.

T'en as pas eu la preuve encore que ça n'arrivera pas ?

Si, oui, c'est vrai.

Et ben alors ?

J'suis pas rassurée quand même.

Hum, c'est tout ?

Non, j'ai peur de m'ennuyer aussi.

C'est à dire ?

Si je ne porte plus, je vais faire quoi ?

Tu vas profiter

De quoi ?

De la vie

De la vie. C'est quoi la vie, ça consiste en quoi la vie ? C'est rien la vie. La vie c'est juste la vie. On peut très bien s'y ennuyer.

T'es pas sérieuse ?

Si.

Tu crois vraiment que si tu ne portes plus tu vas t'ennuyer ?

Je sais pas. En tout cas faut avouer qu'en ce moment ça m'occupe bien.

Bien ?

Mal peut être, mais ça m'occupe.

Et pendant que tu t'occupes des autres que fais tu de toi ?

Moi ? ben moi toute seule, rien. Y a rien à faire de moi toute seule.

Ah. Tu ne vis qu'a travers les autres ?

Non, pas à travers, avec les autres.

Être avec c'est pas les porter.

Ouais. Comment on est avec les autres alors ?

ça s'appelle le partage. Tu peux faire équipe avec eux.

Tu croies ?

Essaie. Qui ne tente rien n'a rien.

J'ai peur.

De quoi encore ?

J'ai pas confiance.

En qui ?

En eux. En moi. Les deux je crois.

Pourtant tu as déjà connu ça toi, "faire équipe". Tu sais que c'est possible.

C'est vrai. Mais peut être qu'il était exceptionnel. Peut être qu'il était une anomalie de la nature qui a rendu ça possible.

Et toi tu n'y serais pour rien ?

Rien sans lui.

C'était quoi son anomalie ?

Je ne sais pas. Il ne m'a jamais fait de mal même par inadvertance.

Tu es sure ?

Je le crois en tout cas. Je le ressens comme ça.

Comment l'as tu su qu'il ne te ferai jamais de mal ?

Je l'ai su.

Tu ne l'a pas testé un peu ?

Si c'est vrai.

Et ?

A chaque fois, il a répondu au delà de mes espérances.

Et bien teste encore avec d'autres. Va savoir...

Oui, bien sur. Va savoir

On n'est pas plus à l'abri des bonnes que des mauvaises surprises.

Oui. Mais tu vois, le facteur risque, je suis pas sure d'être prête à le prendre.

C'est pas toi qui dit " la vie est un risque permanent."

Oui, je le dis.

Prend un risque. Le seul vrai risque pour toi. Laisse les autres t'aimer même quand t'es chiante, quand tu vas pas bien. Laisse toi porter aussi. Change de chanson, lâcher, lâcher, lâcher, un jour et demain...

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Image de Elise Griffon trouvé pour illustré cet article que j'ai beaucoup aimé par ailleurs.

mercredi 19 mars 2014

Et pourtant, le soleil brille, ce matin

Et pourtant, le soleil brille, ce matin

Si triste, je me suis réveillée
que J'ai mis ma robe de chagrin.
Dans mon cœur mes larmes j'ai laissées
En attendant que vienne demain.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

Hier, je sentais ce petit grain,
Je l'ai mis sur le dos de la pluie.
C'est facile de penser au crachin,
Facile de se cacher sous le gris.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

M'enfuir de ma vie quand mes fêlures
me surprennent au détour du chemin
me faisant les sentiments plus dures
à éprouver. Oui, j'aimerai bien.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

C'est comme ça, et on n'y peut plus rien.
En moi, il y a un vers brisé.
Et ces maux qui coulent par ma main
Ne pourront plus jamais s'effacer.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

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mercredi 12 mars 2014

Petit dialogue de l'absurde

Qu'est ce que tu as à dire ?

Rien

Rien ? Pourtant, tu es là.

Oui.

Pourquoi ?

Pour être entendu.

Mais si tu ne dis rien ?

Le silence c'est déjà de la musique, non ?

Que dit-il ton silence ?

Je ne sais pas

Et tu voudrais que nous le sachions ?

Non.

Je ne comprend pas.

Je sais.

Pourquoi es tu là ?

Je te l'ai déjà dit, pour être entendu.

Qu'y a t-il à entendre ?

Tout.

Tout ? Et tu n'as rien à dire ?

Comment dire tout ?

Alors tu ne dis rien.

C'est ça, peut être.

Tout, c'est trop pour être entendu, non ?

Oui.

Et rien, ce n'est pas assez.

Ce n'est pas assez.

Alors ?

Alors écoutes.

Quoi ?

Nous avons beaucoup parlé.

Il ne m'en reste rien.

Ah ?

Nous n'avons rien dit.

Ah.

Rien d'essentiel.

Ahh

Rien d'important

ha, ha.

Tu ris ?

Oui.

Pourquoi ?

Parce que moi, je t'entend.

Oui, mais moi je parle.

Pour dire quoi ?

...

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dimanche 5 janvier 2014

De belles rencontres

C'est l'époque des vœux et l'on ma beaucoup demandé ce que je me souhaitais pour l'année qui vient. Ma première réponse était "rien". On a eu du mal à me croire. Et même moi, j'en étais étonnée. Que me souhaiter ? Je ne suis pas dans le désir, dans l'attente ou dans l'espérance. Je n'y suis plus. Je ne suis que dans le présent. La vie m'a rendue prudente peut être, mais non, ce n'est pas cela. Elle m'a appris que des choses adviennent, bonnes ou mauvaises, de toute façon, des choses adviennent. Elle m'a appris que tout n'est que mouvement, traversée, voyage. "Avec le temps va tout s'en va" chantait l'autre et moi je dirai "avec le temps va tout advient". La vie, l'amour, la mort.

Mais la question est restée en suspens. Qu'est ce que je peux me souhaiter de cette année à venir ? Et bien, ce que je vous souhaite à tous. De belles rencontres. Les belles rencontres sont l'assurance d'un "advenir" joyeux, profitables. Par une rencontre, ce qui était impossible peut le devenir, ce qu'on n'imaginait même pas peut devenir rêve. C'est à cela que je crois aujourd'hui, depuis toujours peut être, aujourd'hui plus consciemment. Une rencontre c'est une surprise, un espoir, un mouvement, un changement. Ne croyez pas que je me limite à la rencontre amoureuse, cette dernière est une des plus belle, mais elle n'est pas la seule à espérer. Rencontrer celui/celle qui deviendra un(e) ami(e) est précieux. Rencontrer, c'est ouvrir son esprit à l'autre, et apprendre de son esprit étranger. J'ai foi en cela. La magie des rencontres qui viennent à point nommer pour nous emmener là ou nous ne savions peut être pas encore que nous voulions aller. La rencontre d'un être humain comme un écho de nos propres émotions, ou au contraire comme le choc et l'acceptation d'une différence. La rencontre d'un livre, d'une chanson, d'un poème, la rencontre d'une œuvre ou d'un artiste, tout cela aussi. C'est par les rencontres que nous grandissons. L'autre, sans lequel le mouvement s'arrête, sans lequel la vie ressemble à la mort.

Alors oui, décidément, voilà ce que je nous souhaite. De belles rencontres...

mercredi 20 novembre 2013

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours

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Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. C'est une belle jeune fille, très forte, et très fragile. Son père est mort il y a un an et demi. Elle tient debout malgré tout. Elle lutte contre le chagrin, contre la douleur, contre les pleurs. Elle lutte. D'ailleurs elle s'est mise aux arts martiaux.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. C'est si beau, 18 ans. Elle peut tout, bien sur, puisqu'elle est jeune, brillante et belle. Mais elle se sent un peu perdu, un peu orpheline et elle a peur. Tout ce changement maintenant, tout ce qu'on attend d'elle. Tout ce qu'on sait pour elle. Elle qui ne sait rien d'autre que vivre et qui ne sait même pas que c'est déjà beaucoup.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. Je l'aime beaucoup. Elle n'est pas seulement intellectuellement brillante, elle a l'intelligence du cœur. Elle a appris beaucoup de ses douleurs.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. Je l'ai connu, elle avait onze ans. Je me souviens du premier sourire qu'elle m'a offert, de ses deux fossettes. Je me souviens qu'elle se cachait derrière son père. Son père qui était l'homme que j'aime. C'est une jolie rencontre que la notre qui fait parti des cadeaux que son père m'a fait.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. C'est une personne pudique, têtue, espiègle. Une jeune fille qui voudrait être "plus forte que le bœuf", qui n'aime pas son besoin d'être rassurée pourtant bien légitime, qui veut son indépendance, même si elle ne sait pas encore quoi en faire.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. Elle est un être humain avec tout ses mystères, ses paradoxes.

Je voudrais lui dire: "Respire, tu as le temps. L'urgence est dans l'inquiétude des autres et l'impatience dans ta propre exigence. Mais tu as le temps. Et même c'est le bon moment de prendre ton temps. Que tout se dépose, que tu te reposes. Tu en as le droit." Et lui dire aussi que je l'aime et la faire sourire en lui chantant "aie confiance, crois en toi" sur l'air du serpent du livre de la jungle.

Joyeux non-anniversaire Mademoiselle M.

PS : j'ai retrouvé ça sur la toile et je trouve que c'est encore tellement vrai.

mardi 19 novembre 2013

Emotions

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Salut toute petite
Je te vois venir
De loin

Je le sais petite
Que tu va grandir
Tant bien

Que mal petite
Quel mal petite
Tu fais

Salut toute grande
Je te sens ouvrir
Mon cœur

En deux toute grande
Et je crois mourir
De peur

Car tu es si grande
Que tout est délire
En fait

Salut donc tes sœurs
Qui vont advenir
Demain

Quand il sera l'heure
De changer d'avenir
De train

Les voilà tes sœurs
En tête le rire
C'est bien

Salut à mes larmes
Chagrins et colères
Mes maux

Je pose les armes
Je vais prendre l'air
D'en haut

Rendez-vous mes larmes
C'est fini la guerre
Bientôt

mercredi 13 novembre 2013

Le coeur bleu

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Est ce la pluie et tout ce gris,
Le temps qu'il fait, le temps qui passe ?
Qui pénètre mon corps meurtri
Je me sens si lasse

Est ce ce nuage dans mon thé ?
Ou le soleil pas encore levé ?
Qui met des larmes dans mes yeux
J'en ai le cœur bleu

Mais je ferme les volets
Et je ferme ma porte
Le dehors est trop laid
Et la vague m'emporte

Est ce le silence du matin ?
Ou les cris du chien du voisin ?
Mais je sens une odeur de fin
Ce n'est surement rien

Est ce pour le rêve de cette nuit ?
Le vide, au réveil, dans mon lit ?
Que je voudrai me recoucher
Et tout oublier.

Mais je ferme les volets
Et je ferme ma porte
Le dehors est trop laid
Et la vague m'emporte

Mais quel est ce poids que je porte ?
A t-il un nom ? Il m'emporte
Je descend tout au fond de moi
Mais tu n'y es pas.

Qu'est ce qui hurle à la mort ?
Quel est cet orage au dehors ?
Qui me fait trembler comme une feuille
Ah oui, c'est le deuil.

Mais je ferme les volets
Et je ferme ma porte
L'intérieur est trop laid
Quand la vague m'emporte

dimanche 10 novembre 2013

Le pilier à la grande fissure

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Le pilier à la grande fissure
donne l'illusion de solidité
Se leurre lui même de sa force
quand explose sa fragilité
Ne reste que la cassure

Le pilier à la grande fissure
se croit le seul à tout tenir
car chaque jour il s'y efforce
quand dégueule les souvenirs
Ne reste que la blessure.

Le pilier à la grande fissure
S'offre à porter les fragiles
dont on a arraché l'écorce
quand tombe la dernière tuile
Ne reste que la déchirure.

lundi 2 septembre 2013

Cet amour

On se fait des câlins. J'aime son odeur. Ma joue contre la sienne, ses bras autour de mon cou, nous jouons à serre moi fort, à "ça c'est l'amour ça", à "-je t'aime - non moi plus- non c'est moi - non moi - Ah oui, dis moi un peu comment tu m'aimes pour voir - je t'aime jusqu'au bout, du bout, du bout, du bout, du bout ... du bout de l'espace - Ah oui, ça fait beaucoup en effet".

On se regarde. J'aime son regard. Il est doux. Les yeux dans les yeux, nous nous parlons d'amour. De cet amour qui nous apaise, qui nous console, qui fait nos bonheurs. On se rassure, on se resserre.

Demain, elle entre au CE1, ma grande merveille. Elle avance en dansant vers ses sept ans, qu'elle aura dans quelques mois. Elle aime danser, elle aime écouter de la musique et elle aime lire, en plus de jouer avec ses poupées à inventer des histoires. Elle n'aime pas trop écrire parce qu'elle croit qu'elle n'écrit pas bien. Elle aime savoir faire bien et n'aime pas quand ça prend du temps de savoir bien faire.

Elle me ressemble et elle lui ressemble. Mais elle est, avant tout, elle même. L'individu, comme nous l'appelions alors qu'elle n'était qu'un embryon dans mon ventre.

Merveille qui me fait du bien... Me souvenir de ce miracle... Être capable d'en être heureuse, même en ce moment.

L'essentielle est ce qu'on partage. Ce "On" précieux, des êtres qui décident d'être ensemble. Nous sommes ensembles, elle et moi. IL nous manque. IL fait parti de l'invisible lien maintenant, qui nous tient serrée l'une contre l'autre, jusqu'à ce que nous soyons assez fortes pour laisser à nouveau l'élasticité se jouer de nous.

Je l'aime, ma fille, plus que tout, et je profite qu'elle dorme pour gagner la bataille du "c'est moi qui t'aime le plus fort", pour une fois...

dimanche 5 mai 2013

Interrogatoire

Comment vas tu ?

Je vais fragile

Comment te sens tu ?

Bien

Comment te sens tu ?

Mal

D'une seconde à l'autre ?

Oui parfois.

Qu'attends tu ?

Rien ... Je ne sais pas.

Qu'espère tu ?

Le calme

Pas plus ?

Non pas plus... C'est beaucoup déjà, le calme ... non ?

C'est moi qui pose les questions

Ah pardon.

Que veux tu ?

Vivre

Pourquoi faire ?

Pour le plaisir

Es tu heureuse ?

ça m'arrive

Es tu malheureuse ?

ça m'arrive

De quoi as tu besoin ?

De douceur

De qui as tu besoin ?

De lui

De qui as tu besoin ?

D'accord, d'accord, des vivants.

Qui aimes tu ?

Des personnes

Qui ?

Des personnes !

C'est personnel ?

Oui.

Et maintenant, là, tout de suite, que veux tu ?

Que tu arrête de me poser des questions

Ah ? ... Bon ...

jeudi 25 avril 2013

Etat de grâce

L'autre jour, nous étions avec un ami musicien qui a un petit piano électrique. La merveille découvre l'instrument en jouant au hasard, notre ami lui dit "Laisse le son exister, écoute le, et puis après joue une autre note et écoute encore et ainsi de suite". Elle essaie, elle écoute. Notre ami prend alors sa flûte traversière et se met à improviser avec elle. Elle décuple son attention, son visage devient grave, son regard tourné vers notre ami, elle essaie d'être avec lui. Ses mains se posent et se lèvent comme des papillons sur le clavier. Je les regarde et je pleure.

La première fois que j'ai éprouvé cette émotion, nous étions en vacances à Nice, elle avait trois ans je pense. Un violoniste jouait sur la promenade des Anglais et nous l'entendions de la plage, la merveille s'est mise à danser. J'étais fascinée. Autant par l'élégance de ses mouvements que par sa façon d'être toute entière à ce qu'elle faisait.

Je veux bien qu'on me prenne pour une mère fan de sa fille. Si vous voulez, c'est égale. Ce que je sens quand je la vois danser, quand je la regarde jouer de la musique, alors que l'harmonie du son se cherche encore, la grâce et l'harmonie qui se dégage d'elle est saisissant.

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jeudi 28 février 2013

Ce que je te conte

(chanson numéro trois. Thème : comptine pour (mes) enfants, d'une maman conteuse... Suis peut être un peu à côté du thème mais en tout cas, suis émue de l'avoir pondu celle là.)

Tu a déplacé mon centre de gravité
Tout les jours je te regarde, je prends garde à toi
Tu grandis, tu files tout droit vers ta destinée
Et tu auras toujours le refuge de mes bras
Ce lien qui nous unis ne peut être coupé
Aussi n'est pas peur mon enfant, et lance-toi

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

Tu as chaviré mon univers tout entier
Tout ce que tu me donnes parce que tu es né
Est un présent de l'avenir qui t'appartient
Et jamais mon amour de mère ne te retient
Vis ta vie mon enfant même si tu dois pleurer
Car il y aura tant de rire, de joie, de gaité

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

Je sais que parfois tu as peur d'être blessé
Peur de me lâcher la main, d'être abandonné
La peur, cette humaine condition d'exister
N'est pas ce monstre qui te guette pour te manger
Ce n'est qu'une rivière qu'il te faudra traverser
je suis là, n'oublie pas, pour t'apprendre à nager.

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

dimanche 17 février 2013

ma planète étrangère

(Deuxième chanson pour mon amie, sur la demande du thème "Je suis une amoureuse". Mystère, mystère, cela lui plaira t-il ?)

Je ne veux pas du prince charmant
Pas besoin qu'il m'emporte sur son cheval blanc
Qu'il reste mon crapaud bienveillant
Avec lui j'irai jusqu'au bout du présent

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je peux sentir son étrange univers
Vibrer au cœur de mon atmosphère

Je ne veux pas d'un conte pour enfant
Pas besoin d'histoire pour calmer mes tourments
Qu'il soit mon imparfait du présent
Je l'aime pour ce qu'il est, mon amant

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je peux sentir son étrange univers
Vibrer au cœur de mon atmosphère

C'est tellement mieux, l'étonnement
Ne pas se comprendre, mais se trouver vraiment
Accepter qu'on soit si différent
Et alors s'aimer tant qu'on en a le temps

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je suis, Je suis sa planète mystère
Il aime que je sois sa femme étrangère.

Je ne rêvais pas de lui pourtant
Il est mon évidence, mon destin vivant
On ne sait pas ce qui nous attend
Mais quelle chance de partager ces instants

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je suis, Je suis sa planète mystère
Il aime que je sois sa femme étrangère.

dimanche 10 février 2013

La vie m'élance

(une amie m'a demandé il y a un moment si je pouvais lui écrire des chansons, en voilà une possible que j'ai écrite en pensant à elle)

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Ils pensaient elle ne peut pas
ils disaient c'est pas pour toi
Ils ricanaient de mes fracas
Moi, je n'les écoutais pas

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Je pose chacun de mes pas
j'oppose mes actes à leur glas
Je sais bien ce qui me va
Même si je ne souris pas

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Ils me croit devenue dure
je le suis à leurs cassures
Pas de plainte pour mes fêlures
C'est ma force et mon armure

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Dans le secret de mon cœur
Je ne parle qu'au bonheur
Lui me parle comme à une sœur
Je souris de leur stupeur

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

mardi 29 janvier 2013

Stage

(fiction, toute ressemblance etc ...)

Elle s'est levée de mauvais poil, elle n'a pas envie d'aller travailler. Pour une fois que le soleil brille, pour une fois que la lumière traverse l'hiver qui n'en finit pas d'être gris. Elle n'a pas envie de se taper ce groupe de chômeurs, d'animer, d'expliquer, de rabâcher. De toute façon, depuis le temps, ils n'ont plus de visage, il sont tous gris, et bêtes, ce qu'ils peuvent être bêtes.

Elle arrive, ouvre la porte, ils sont quatorze dans une petite salle surchauffée. Elle n'a pas envie de s'occuper d'eux. ça l'emmerde tous les jours mais aujourd'hui encore plus que les autres jours. Elle va se débarrasser de certain, alléger le groupe, alléger son travail stérile, elle le sait que ça ne sert à rien. Elle le sait bien qu'il repartiront vers pôle emploi qui les enverra dans un autre stage. Ceux qui sont là sont mort pour la société, un groupe de presque plus humain. Elle assène des mots "respect" en les méprisant du regard. Elle a trouvé sa première victime. Un homme d'une cinquantaine d'année, sept ans de chômage. Mais pauvre vieux, il le restera jusqu'à sa retraite. Elle veut s'en débarrasser, elle sait qu'elle ne peut rien pour lui. Elle lui pose des questions, n'écoute pas les réponses, l'interromps sans arrêt, lève les yeux au ciel et finit par lui dire qu'il n'est pas à sa place ici. L'homme se lève et s'en va. Il avait pourtant des choses à dire, une vie au bord des lèvres qu'elle n'entendra pas. C'est pas son boulot et puis, c'est juste un chômeur de cinquante balais, de plus.

Elle s'est levée ce matin avec l'envie de rester au lit plus longtemps, mais, il faut déposer la petite à l'école et puis après aller à ce stage. Elle est contente en ouvrant ses rideaux de s'apercevoir qu'il fait beau. Elle décide qu'elle ira à pied pour en profiter un peu. Quand elle arrive, il n'y a qu'une femme qui est déjà là, la cinquantaine de petite fille. Toute blonde, rien qu'à voir comme elle est assise, on sent qu'elle s'excuse d'être là. La honte et le désarroi du chômage inscrit dans un corps maigre et vouté. Elle s'assoit face aux fenêtres, non loin de l'autre femme et lui dit "au moins profiter un peu de la jolie vue", l'autre lui sourit "oui, il fait beau aujourd'hui" "c'est agréable cette lumière" " oh oui, ça fait du bien"... Un homme arrive, la trentaine, il regarde au sol mais dis bonjour, va s'assoir à l'autre bout, dos aux fenêtres. Sort un journal et en commence la lecture. Ils arrivent ainsi au fur et à mesure les stagiaires. La salle devient de plus en plus petite et se réchauffe. Elle les regarde, chacun leur tour, elle aime bien observer les inconnus. Leur façon de se tenir, de fuir les regards ou de les offrir. Elle s'amuse du fait que les femmes font face aux fenêtres et les hommes leur tourne le dos. Sauf un, arrivé en retard qui a pris la dernière chaise. Un homme, la cinquantaine, détendu et sans illusion.

L'animatrice entre. Son ton est sec. Elle dégage de l'agressivité en disant toujours "ce n'est pas contre vous". Non ? Contre qui alors. Mais pour Elle ce n'est pas grave. Elle l'observe faire mal son travail et sait déjà qu'elle fera parti de ceux qui seront invité à partir. Quand elle s'en va, elle sourit à tous, même à la formatrice, après tout, c'est un être humain qui fait un boulot qu'elle n'aime pas alors qu'il fait si beau aujourd'hui...

jeudi 3 janvier 2013

Elle vient d'avoir dix huit ans

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C'est ainsi que je l'ai connu. Elle devait avoir six mois. J'étais parti avant sa naissance m'installer à Nice et l'été suivant ma sœur avait fait le voyage pour les présentations. Elle était déjà sublime. Elle l'est toujours. Elle ne le sait pas, qu'elle l'est, malgré sa coquetterie, sa grande taille, ses airs de filles solides sure d'elle, elle ne l'est pas tant que ça, sûre d'elle. Je la devine cacher son petit cœur fragile derrière son humour et son sourire, son sens de la répartie. Elle est comme nous toutes, les femmes, et je ne sais pas pourquoi nous sommes comme cela, si fragile du cœur et si forte en même temps.

Elle a dix huit ans aujourd'hui. Dix huit ans ! Elle est si jeune et elle a tant d'avenir prometteur devant elle, tant d'histoires et d’aventures à vivre, des chagrins et des bonheurs, une belle vie pour une sacré jeune femme. Mon cadeau pour elle est en mots d'amour. Une envie de lui dire de croire en elle et en la vie. Qu'ensemble elles vont faire de belles choses. Que la vie nous donne toujours de quoi grandir, que parfois cela fait souffrir oui, c'est vrai, mais que c'est quand même un cadeau, que grandir est la plus belle des aventures, la seule qui vaille, qu'on n'en finit jamais de grandir même quand on commence déjà à vieillir. Le sens de la vie c'est de la vivre les yeux et le cœur grand ouvert et de s'en laisser éblouir.

Je ne la connais pas très bien, ma nièce, elle ne se donne pas comme ça, je la devine du bout de mon regard bienveillant. Je l'aime comme elle est et je sais qu'elle gagne à être connue. Elle fait parti des pudiques, de celles qui ont de jolies carapaces d'humour sur le dos, je sais qu'il faut aller toquer tout doucement sur sa carapace tendre de toute jeune tortue et qu'en dedans peut se dévoiler à qui sait attendre et apprivoiser un joyaux de femme.

D'ailleurs, j'imagine assez bien en lisant ce texte, qu'elle rougira, oui, et qu'elle pensera " hum tu dis ça parce que je suis noire" et je souris avec elle a distance de cette blague qu'elle affectionne et qui me fait rire à chaque fois.

vendredi 21 décembre 2012

Il est tard mon amour

Il est tard mon amour, pour moi,
La fin du monde je l'ai déjà vécu
Quand je t'ai perdu

Il est tard mon amour, pour moi
La mort je l'ai déjà connu
A ton corps perdu

Il est tard mon amour, pour moi
Et pourtant j'y ai survécu
De t'avoir perdu

Il est tard mon amour, pour moi
je me replonge dans nos débuts
je n'ai pas tout perdu

Il est tard mon amour, pour moi
Se souvenir toujours de ce qui fût
pas de peine perdu

Il est tard mon amour, pour moi
demain sera t-il le temps venu ?
Et la lumière fût

jeudi 13 décembre 2012

Tristesse

Tristesse,
je suis la princesse
aux petits poids
Sur le cœur

Tristesse,
Je suis une larme
aux abois
intérieure

Tristesse,
Je suis solitude
entre émois
et mes peurs

Tristesse,
Je suis la princesse
aux petits poids
sur le cœur.

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