Carnets de brouillons

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jeudi 30 octobre 2014

Rêver

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Photo Gilsoub

Rêver de s'échapper,
De se faire la malle de sa vie.
Partir sans valise avec pour seule compagnie des bras ou me lover pour pleurer, rire, vivre.

Rêver d'une aparté,
Ouvrir une parenthèse sur un monde léger.
Ne pas oublier non, mais savoir se souvenir sans souffrir.

Rêver de fluidité
de facilité, d'évidence
Savourer l'absence de souffrance et gouter la simplicité d'une danse

Danser, danser
Rire comme un oiseau sort de sa cage
Dans le vent, s'envoler et se débarrasser de sa rage.

Rêver d'une danse
Douce et délicate comme une romance
Vivre une autre vie, une nouvelle vie, que tout commence...

dimanche 29 juin 2014

Un jour revenir

Un jour revenir
plutôt que partir
tu peux toujours fuir
Rien ne sert de courir

La douleur te rattrape
Ou alors tu l'embarques
C'est l'envie qui te happe
Quand La mort pose sa marque

Un jour revenir
plutôt que partir
tu peux toujours fuir
Rien ne sert de courir

Revenir du pays des chagrins
voyager sur un chemin de larmes
Lâcher la main, lâcher la main
Et déposer les armes

Un jour revenir
plutôt que partir
tu peux toujours fuir
Rien ne sert de courir

Reposer sans mourir
Seulement dormir
Cracher sa colère comme un rire
Oui, un jour revenir.

mardi 3 juin 2014

Harcèlement de rue

Ma grand mère qui était une femme très belle, m'a raconté qu'en vieillissant, le fait que les hommes ne se retournent plus sur elle dans la rue lui manquait, elle y voyait un hommage à sa beauté. J'essaie d'imaginer ce qu'était les quolibets de son époque et je l'imagine assez bien moucher le titi parisien qui dépassait les bornes. Était ce vraiment différent de maintenant ou ma grand mère avait elle juste intégré cela comme une telle normalité qu'elle n'en voyait pas les conséquences ? Était-ce une façon de me dire, "profite tant que ça dure"? Comment profiter de ce qui m'est pénible ?.
Ma mère, qui elle aussi était une très belle femme, me racontait que dans la rue elle se faisait interpeller parce qu'elle était rousse. Elle entendait des phrases comme " Et fais voir, c'est pareil en bas ?". Elle riait en me racontant cela. Et moi je me demandais ce qu'il y avait de drôle, est ce que je n'avais pas d'humour ? Le harcèlement de rue a t-il changé de visage ? Ou les femmes sont elles devenues plus consciente du prix de tout cela ?
Moi, quand j'avais entre 15 et 25 ans, je ne pouvais pas faire un trajet de métro sans être abordée, siffler, plusieurs fois. J'ai entendu des "tu mouilles salope" et des "vous êtes charmantes mademoiselle", je n'ai apprécié ni l'un ni l'autre. Le second est peut être pire, parce qu'avec son vernis de compliment, il cache la réelle motivation, qui n'était pas de me faire un compliment mais d'obtenir de moi une reconnaissance "oh mon dieu on m'a dit que je suis charmante, je dois vite remercier ce jeune homme en me jetant à son cou". Contrairement à ma grand mère, je ne crois pas devoir être reconnaissante du fait qu'on me trouve jolie, mais comme elle, j'ai plaisir à plaire. Je n'ai aucun plaisir à être abordée, reluquée, comme un morceau de viande. Il est très facile de faire la différence entre un regard lubrique et un regard admiratif.

J'entends beaucoup d'hommes ne pas comprendre la différence entre une drague et une agression. J'ai envie de dire que la drague est une agression. La drague est une chasse, il y a un prédateur et il y a sa proie. Ce n'est pas agréable d'être une proie.

Le charme c'est autre chose, la séduction c'est autre chose. J'ai vécu une fois un acte subtil de charme dans un bar. C'était si rare que je m'en souviens encore. J'étais avec une de mes sœurs, dans un bar Irlandais Parisien. Deux femmes seules dans un bar sont toujours abordés, le plus souvent comme des proies potentielles rarement comme des êtres humains. Cette fois là, il y a eu beaucoup d'imbéciles que nous avons éconduit avec plus ou moins de patience, plus ou moins d'humour et plus ou moins de subtilité selon le chasseur qui nous abordait. Mais un homme c'est comporté respectueusement tout en exprimant son admiration à notre égard. Il a demandé à un vendeur de roses de nous en donner une à chacune de sa part. Un peu interloquées nous avons commencer par craindre qu'il vienne à notre table pour réclamer "son dû de reconnaissance". Il n'en a rien fait, il a juste levé son verre en notre direction, comme un salut. Il est resté à sa table, il ne nous a pas parlé, il ne nous a rien demandé. Nous lui avons rendu son salut en levant notre verre, nous nous sommes même autorisées à sourire et nous sommes restées assise à notre table parce que c'est là qu'on avait envie d'être. On a eu le choix. Son geste était un compliment en effet, parce qu'il était gratuit, il n'a rien attendu et encore moins exigé de nous en retour.

La séduction est faite de complicité, la complicité n'est possible que dans le respect. Le dragueur ne se soucie que de son propre désir, et la plupart du temps supporte mal la frustration, c'est pour cela qu'il passe si facilement du "vous êtes charmante" à " sale pute". Un homme a le droit de trouver une femme jolie, il a même le droit de lui dire, il n'a pas le droit d'attendre d'elle quoi que ce soit en retour. C'est "cette attente" qui souvent même devient "une exigence" qui est intolérable. J'ai le droit d'être jolie, d'être séduisante sans avoir le devoir de satisfaire les fantasmes que cela génère. Je n'attend pas d'un homme séduisant croisé dans la rue qu'il me parle, qu'il boive un verre avec moi, qu'il me suce, sous prétexte que je lui ai fait l'honneur de le trouver séduisant.

Il est temps que ces hommes apprennent à gérer leur désir, leur fantasme, sans en faire porter le poids aux femmes qu'ils croisent. Il est temps qu'on exige de ces hommes qu'il laisse aux femmes la liberté d'être belle dans la rue, sans subir leur désir.

Je voudrais que ma fille, quand elle aura l'age de sortir sans moi, ait la possibilité de se promener dans la rue sans avoir peur. Je voudrais qu'elle n'ait pas a apprendre des techniques d'esquive et de soumission pour éviter les ennuis. Je voudrais qu'elle puisse marcher la tête haute, le cœur léger, et le sourire aux lèvres, libre d'être elle même, dans toute la puissance de sa beauté et de son charme sans en payer le prix. La liberté n'a pas de prix.

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dimanche 25 mai 2014

Colère

Réveillée tôt encore ce matin, bien que très fatiguée par un rhume que je traine depuis une semaine, je me suis dit " ce n'est pas grave, je vais rester trainer au lit et puis je ferais une sieste cet après midi "mode très philosophe quoi. Un peu plus tard, je ne sais pas pourquoi, j'ai commencé à avoir mal dans le cou, j'ai senti le torticolis pointer son nez. La colère a commencé à monter et la douleur avec, à moins que ce ne soit le contraire.

Colère d'avoir toujours un truc qui va pas, le dos, le rhume ou autre chose. Colère de ne plus savoir quoi faire pour que mon corps aille bien. Ou alors peut être que je ne sais pas faire, que je ne fais pas les choses comme il faut. Colère de me sentir faible, diminuée. Colère de me sentir comme une petite chose fragile qu' a toujours un bobo quelque part. Colère ! La vrai, celle qui donne envie de tout péter, de donner des coups de pied et de hurler, colère, rage !!

Je vais bien, dans ma tête je vais bien. C'est comme si mon corps ne voulait rien savoir, tétanisé dans sa peur. Je ne parviens pas à le rassurer. J'essaie, par plein de moyen, mais il est entêté ! Et je perd patience !!!! Et tandis qu'il a peur de vivre parce que la vie peut faire souffrir, il me fait peur en me faisant me sentir si fragile. Il me fait peur et il me met en colère. Je ne parviens pas à me reconnaitre dans ce corps qui n'en finit pas de souffrir. Souffrir, le bien grand mot pour ces petits bobos ! Juste suffisamment fort pour m'empêcher de faire ce que j'ai envide de faire, pas suffisamment fort pour me faire mourir. La paralysie, la tétanie, pas bougé ! J'ai beau lui dire que le danger est passé, il n'en croit rien, je crois. Il est tendu, contracté, vigilent jusqu'à la douleur. Sophrologie, massage, médecin du dos, n'y change rien. ça m'a juste permis de me rendre compte à quel point mon corps à peur. C'est pas rien, c'est sur, mais c'est pas suffisant.

Ne me reste que la patience, hein, c'est ça... Putain, c'est difficile la patience !

Et puis faut dire aussi que ce temps de merde ça n'aide pas pour le moral !

mardi 13 mai 2014

Qu'es tu devenu

Qu'es tu devenu ?

Un dialogue dans ma tête
l'odeur de tes cigarettes
Un vide, une absence
une éternelle présence

Qu'es tu devenu ?

Des souvenirs refoulés
à l'abri de mon passé
tout ce qui fait ton héritage
la couleur de mes paysages

Qu'es tu devenu ?

Le parfum d'un amour
la brume au levé du jour
Un rayon de soleil
Le regard d'une merveille

Qu'es tu devenu ?

Un gardien illusoire
Une larme d'un soir
Cette part de toi
qui vit toujours en moi

Qu'es tu devenu ?

Ma faiblesse et ma force
mon armure, mon écorce
Je sais, ou que tu sois
A jamais, tu es là.

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jeudi 17 avril 2014

Ce serait beau

Ce serait beau n'est ce pas de raconter un évènement heureux, une belle surprise. Je me souviens de l'effet de bonheur partagé quand j'ai annoncé que j'étais enceinte de la merveille après toutes ces années de doute sur ma "fertilité". C'était beau toute cette joie partagée.

Mais je n'ai rien de tel à raconter. Le grand malheur est passé lui aussi, laissant ses traces un peu partout. Un manque, une absence, mais même à cela on s'habitue finalement.

Je suis tombée malade. Un bon microbe bien costaud qui ne vous laisse pas le choix que de vous reposer. Il m'a fallu lâcher. Laisser faire les autres à ma place. 5 jours durant, une éternité. Je suis encore très fatiguée.

J'ai un tout, tout petit moral. j'ai pas peur, je ne suis pas angoissée. ça reviendra. C'est juste de la grande fatigue.

Je suis entourée, bichonnée. Une amie, ma belle-fille présentent à la maison ont fait le relais avec la merveille. ça va. Pas de grande catastrophe hein.

Mais j'ai un tout, tout petit moral. Une envie de pleurer. Un chagrin. C'est ça aussi lâcher. C'est laisser le chagrin couler encore un peu puisqu'il n'est pas tarit.

En même temps j'en ai marre de me plaindre. J'en ai marre de n'écrire que des histoires tristes. Alors oui, Ce serait beau n'est ce pas de raconter un évènement heureux, une belle surprise. ça ferait du bien.

Je suis fatiguée, là.

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Photo tiré du film Pina de Wim Wenders

jeudi 27 mars 2014

Ca veut dire quoi pour toi faire équipe ?

Me demande une amie en commentaire sur mon précédent billet. Et me voilà, à me triturer le cerveau pour faire une réponse qui soit le plus proche de ce que j’entends par "faire équipe".

D'abord je repense à ce que le formateur de mon initiation à l'art thérapie nous a dit : "Il n'y a pas de définition d'un mot "pour soi", si on parle pour soi, on ne parle pas avec les autres. Donc, toujours se référer au dictionnaire, c'est l'outil commun donc acceptable par tous".

Alors donc, je vais voir dans les dictionnaires et je trouve entre autre ces deux définitions qui correspondent bien à ce que c'est qu'une équipe "pour moi".

Équipe : Une équipe est un groupe d'individus partenaires dans un but commun.
Faire équipe avec quelqu'un : s'associer avec lui pour une entreprise commune.

Maintenant qu'on est tous d'accord, je vais me laisser aller à préciser mon extrapolation. J'utilise cette expression : "faire équipe", pour parler notamment de ma relation avec François. Je parle souvent de l'équipe que nous formions et du fait que ça me manque.

En employant cette expression, je pense aussi qu'une des choses qui me plait vraiment dans l'aviron (que j'ai commencé il y a six mois) c'est que c'est un sport d'équipe. C'est une très bonne allégorie de ma vision plus générale de "faire équipe".
Dans le bateau d'aviron on doit "faire équipe", ou encore "faire corps" avec les autres, sinon le bateau n'avance pas, sinon les sensations de glisse ne sont pas là, sinon c'est même très désagréable. La discordance, la non attention à l'ensemble est immédiatement sanctionnée par des sensations d'à-coups, le terme ramer prend sa couleur galère. Mais si on parvient à être vraiment ensemble, à "faire équipe", la récompense est immédiate, c'est plus facile, on sent le bateau glisser, ça devient fluide.

Au quotidien, "faire équipe" avec quelqu'un, "pour moi", c'est donner de la fluidité, c'est faciliter le mouvement de la vie. C'est avancer ensemble. Si je me réfère à la définition d'origine je dirais que "l'entreprise commune", le "but commun" c'est "la vie".

Dans ma vie avec François il y a un exemple que je reprend souvent. Quand l'un de nous deux "ramaient" l'autre répondait "ON va y arriver". De "tout seul", nous devenions une équipe dans ce "ON". Jamais il ne m'a dit : "tu devrais, t'as qu'à" ; souvent je lui ai rappelé : "je suis là pour partager ça aussi". Nous formions une équipe, cela rendait notre vie plus facile, plus fluide. C'était infiniment précieux.

J'ai toujours aimé ça "faire équipe". Je crois que dans le théâtre c'est mon éternelle quête et ma trop souvent grande déception. Le théâtre est fait d'individu avec des égos nécessairement très forts. Je dis "nécessairement" parce qu'il faut bien ça pour prétendre parler "à la terre entière". Quand ces grands fragiles et surdimensionnés d'égos parviennent à s'oublier dans le but commun qu'est de défendre une œuvre, c'est absolument magique. Quand ils n'y parviennent pas, ça peut être vraiment catastrophique.

Moi j'ai du mal à "faire équipe". Parce que j'ai peur d'être lâchée par mon/ma équipier/ère ou j'ai peur d'être dominée, écrasée par lui/elle. J'ai peur qu'il/elle soit trop fragile ou trop malveillant. Je crois souvent me mettre à l'abri de ce risque en me positionnant en leader. Je suis devenue metteur en scène par exemple. Mais j'ai appris à cette occasion, qu'en étant le leader, je sortais de l'équipe. C'est drôle, je me suis mise à créer des équipes et à m'en exclure histoire de bien confirmer ma peur.
Dans mes relations amicales, souvent, pas toujours, mais souvent, je me positionne comme la confidente voir la conseillère, j'essaie d'être disponible, à l'écoute etc... Mais je ne laisse pas beaucoup d'occasion à mes ami(e)s de me rendre la pareille. Je sais que c'est une façon (plutôt bienveillante heureusement) de dominer non pas l'autre mais la relation. Je me rééduque quotidiennement pour laisser à mes ami(e)s l'opportunité de me soutenir. Le deuil à ouvert quelques portes, j'étais dans un tel état que je n'avais pas trop le choix. Mais quelle peur j'avais de me sentir si fragile. Pourtant, je n'ai pas entièrement retenue la leçon. Je fais le constat conscient de tous les soutiens en tout genre que j'ai reçu. Je fais le constat conscient que je n'ai ni été abandonnée, ni été écrasée au contraire j'ai connu beaucoup de bienveillance, de solidarité. Pourtant, ma vieille peur est toujours aux aguets, c'est un travail continuel de rééducation que je dois faire sur moi-même.

Aujourd'hui, j'aspire à faire parti d'une équipe. Je veux des partenaires de jeux, des égaux et non pas des égos. Professionnellement, affectivement, je cherche ça. Ce n'est pas facile pour moi. François avait rendu ça facile. Mais il n'est plus là. Alors je me dis que je devrai peut être utiliser ce qu'il m'a appris, me faire d'avantage confiance et surtout accorder d'avantage ma confiance. ça ne se fera pas d'un claquement de doigts, mais si je porte mon attention là-dessus, peut être parviendrais je à me "rééduquer", petit bout par petit bout, poser des actes même anecdotiques dans ce sens et peut être finir par être rassurée...

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photo prise à l'occasion de la coupe de Noël, suis dedans, oui, oui

mardi 25 mars 2014

Lâcher l'autre

J'ai mal au dos

t'en as plein le dos ?

Oui

De quoi ?

De tenir, peut être, de porter probable...

Et ben lâche

C'est facile à dire hein.

T'as peur ?

Bien sur, toujours.

De quoi ?

De me retrouver toute seule.

T'en as pas eu la preuve encore que ça n'arrivera pas ?

Si, oui, c'est vrai.

Et ben alors ?

J'suis pas rassurée quand même.

Hum, c'est tout ?

Non, j'ai peur de m'ennuyer aussi.

C'est à dire ?

Si je ne porte plus, je vais faire quoi ?

Tu vas profiter

De quoi ?

De la vie

De la vie. C'est quoi la vie, ça consiste en quoi la vie ? C'est rien la vie. La vie c'est juste la vie. On peut très bien s'y ennuyer.

T'es pas sérieuse ?

Si.

Tu crois vraiment que si tu ne portes plus tu vas t'ennuyer ?

Je sais pas. En tout cas faut avouer qu'en ce moment ça m'occupe bien.

Bien ?

Mal peut être, mais ça m'occupe.

Et pendant que tu t'occupes des autres que fais tu de toi ?

Moi ? ben moi toute seule, rien. Y a rien à faire de moi toute seule.

Ah. Tu ne vis qu'a travers les autres ?

Non, pas à travers, avec les autres.

Être avec c'est pas les porter.

Ouais. Comment on est avec les autres alors ?

ça s'appelle le partage. Tu peux faire équipe avec eux.

Tu croies ?

Essaie. Qui ne tente rien n'a rien.

J'ai peur.

De quoi encore ?

J'ai pas confiance.

En qui ?

En eux. En moi. Les deux je crois.

Pourtant tu as déjà connu ça toi, "faire équipe". Tu sais que c'est possible.

C'est vrai. Mais peut être qu'il était exceptionnel. Peut être qu'il était une anomalie de la nature qui a rendu ça possible.

Et toi tu n'y serais pour rien ?

Rien sans lui.

C'était quoi son anomalie ?

Je ne sais pas. Il ne m'a jamais fait de mal même par inadvertance.

Tu es sure ?

Je le crois en tout cas. Je le ressens comme ça.

Comment l'as tu su qu'il ne te ferai jamais de mal ?

Je l'ai su.

Tu ne l'a pas testé un peu ?

Si c'est vrai.

Et ?

A chaque fois, il a répondu au delà de mes espérances.

Et bien teste encore avec d'autres. Va savoir...

Oui, bien sur. Va savoir

On n'est pas plus à l'abri des bonnes que des mauvaises surprises.

Oui. Mais tu vois, le facteur risque, je suis pas sure d'être prête à le prendre.

C'est pas toi qui dit " la vie est un risque permanent."

Oui, je le dis.

Prend un risque. Le seul vrai risque pour toi. Laisse les autres t'aimer même quand t'es chiante, quand tu vas pas bien. Laisse toi porter aussi. Change de chanson, lâcher, lâcher, lâcher, un jour et demain...

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Image de Elise Griffon trouvé pour illustré cet article que j'ai beaucoup aimé par ailleurs.

mercredi 19 mars 2014

Et pourtant, le soleil brille, ce matin

Et pourtant, le soleil brille, ce matin

Si triste, je me suis réveillée
que J'ai mis ma robe de chagrin.
Dans mon cœur mes larmes j'ai laissées
En attendant que vienne demain.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

Hier, je sentais ce petit grain,
Je l'ai mis sur le dos de la pluie.
C'est facile de penser au crachin,
Facile de se cacher sous le gris.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

M'enfuir de ma vie quand mes fêlures
me surprennent au détour du chemin
me faisant les sentiments plus dures
à éprouver. Oui, j'aimerai bien.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

C'est comme ça, et on n'y peut plus rien.
En moi, il y a un vers brisé.
Et ces maux qui coulent par ma main
Ne pourront plus jamais s'effacer.

Et pourtant, le soleil brille, ce matin.

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mercredi 12 mars 2014

Petit dialogue de l'absurde

Qu'est ce que tu as à dire ?

Rien

Rien ? Pourtant, tu es là.

Oui.

Pourquoi ?

Pour être entendu.

Mais si tu ne dis rien ?

Le silence c'est déjà de la musique, non ?

Que dit-il ton silence ?

Je ne sais pas

Et tu voudrais que nous le sachions ?

Non.

Je ne comprend pas.

Je sais.

Pourquoi es tu là ?

Je te l'ai déjà dit, pour être entendu.

Qu'y a t-il à entendre ?

Tout.

Tout ? Et tu n'as rien à dire ?

Comment dire tout ?

Alors tu ne dis rien.

C'est ça, peut être.

Tout, c'est trop pour être entendu, non ?

Oui.

Et rien, ce n'est pas assez.

Ce n'est pas assez.

Alors ?

Alors écoutes.

Quoi ?

Nous avons beaucoup parlé.

Il ne m'en reste rien.

Ah ?

Nous n'avons rien dit.

Ah.

Rien d'essentiel.

Ahh

Rien d'important

ha, ha.

Tu ris ?

Oui.

Pourquoi ?

Parce que moi, je t'entend.

Oui, mais moi je parle.

Pour dire quoi ?

...

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dimanche 5 janvier 2014

De belles rencontres

C'est l'époque des vœux et l'on ma beaucoup demandé ce que je me souhaitais pour l'année qui vient. Ma première réponse était "rien". On a eu du mal à me croire. Et même moi, j'en étais étonnée. Que me souhaiter ? Je ne suis pas dans le désir, dans l'attente ou dans l'espérance. Je n'y suis plus. Je ne suis que dans le présent. La vie m'a rendue prudente peut être, mais non, ce n'est pas cela. Elle m'a appris que des choses adviennent, bonnes ou mauvaises, de toute façon, des choses adviennent. Elle m'a appris que tout n'est que mouvement, traversée, voyage. "Avec le temps va tout s'en va" chantait l'autre et moi je dirai "avec le temps va tout advient". La vie, l'amour, la mort.

Mais la question est restée en suspens. Qu'est ce que je peux me souhaiter de cette année à venir ? Et bien, ce que je vous souhaite à tous. De belles rencontres. Les belles rencontres sont l'assurance d'un "advenir" joyeux, profitables. Par une rencontre, ce qui était impossible peut le devenir, ce qu'on n'imaginait même pas peut devenir rêve. C'est à cela que je crois aujourd'hui, depuis toujours peut être, aujourd'hui plus consciemment. Une rencontre c'est une surprise, un espoir, un mouvement, un changement. Ne croyez pas que je me limite à la rencontre amoureuse, cette dernière est une des plus belle, mais elle n'est pas la seule à espérer. Rencontrer celui/celle qui deviendra un(e) ami(e) est précieux. Rencontrer, c'est ouvrir son esprit à l'autre, et apprendre de son esprit étranger. J'ai foi en cela. La magie des rencontres qui viennent à point nommer pour nous emmener là ou nous ne savions peut être pas encore que nous voulions aller. La rencontre d'un être humain comme un écho de nos propres émotions, ou au contraire comme le choc et l'acceptation d'une différence. La rencontre d'un livre, d'une chanson, d'un poème, la rencontre d'une œuvre ou d'un artiste, tout cela aussi. C'est par les rencontres que nous grandissons. L'autre, sans lequel le mouvement s'arrête, sans lequel la vie ressemble à la mort.

Alors oui, décidément, voilà ce que je nous souhaite. De belles rencontres...

mercredi 20 novembre 2013

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours

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Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. C'est une belle jeune fille, très forte, et très fragile. Son père est mort il y a un an et demi. Elle tient debout malgré tout. Elle lutte contre le chagrin, contre la douleur, contre les pleurs. Elle lutte. D'ailleurs elle s'est mise aux arts martiaux.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. C'est si beau, 18 ans. Elle peut tout, bien sur, puisqu'elle est jeune, brillante et belle. Mais elle se sent un peu perdu, un peu orpheline et elle a peur. Tout ce changement maintenant, tout ce qu'on attend d'elle. Tout ce qu'on sait pour elle. Elle qui ne sait rien d'autre que vivre et qui ne sait même pas que c'est déjà beaucoup.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. Je l'aime beaucoup. Elle n'est pas seulement intellectuellement brillante, elle a l'intelligence du cœur. Elle a appris beaucoup de ses douleurs.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. Je l'ai connu, elle avait onze ans. Je me souviens du premier sourire qu'elle m'a offert, de ses deux fossettes. Je me souviens qu'elle se cachait derrière son père. Son père qui était l'homme que j'aime. C'est une jolie rencontre que la notre qui fait parti des cadeaux que son père m'a fait.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. C'est une personne pudique, têtue, espiègle. Une jeune fille qui voudrait être "plus forte que le bœuf", qui n'aime pas son besoin d'être rassurée pourtant bien légitime, qui veut son indépendance, même si elle ne sait pas encore quoi en faire.

Je connais une jeune fille qui a eu dix-huit ans il y a quarante jours. Elle est un être humain avec tout ses mystères, ses paradoxes.

Je voudrais lui dire: "Respire, tu as le temps. L'urgence est dans l'inquiétude des autres et l'impatience dans ta propre exigence. Mais tu as le temps. Et même c'est le bon moment de prendre ton temps. Que tout se dépose, que tu te reposes. Tu en as le droit." Et lui dire aussi que je l'aime et la faire sourire en lui chantant "aie confiance, crois en toi" sur l'air du serpent du livre de la jungle.

Joyeux non-anniversaire Mademoiselle M.

PS : j'ai retrouvé ça sur la toile et je trouve que c'est encore tellement vrai.

mardi 19 novembre 2013

Emotions

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Salut toute petite
Je te vois venir
De loin

Je le sais petite
Que tu va grandir
Tant bien

Que mal petite
Quel mal petite
Tu fais

Salut toute grande
Je te sens ouvrir
Mon cœur

En deux toute grande
Et je crois mourir
De peur

Car tu es si grande
Que tout est délire
En fait

Salut donc tes sœurs
Qui vont advenir
Demain

Quand il sera l'heure
De changer d'avenir
De train

Les voilà tes sœurs
En tête le rire
C'est bien

Salut à mes larmes
Chagrins et colères
Mes maux

Je pose les armes
Je vais prendre l'air
D'en haut

Rendez-vous mes larmes
C'est fini la guerre
Bientôt

mercredi 13 novembre 2013

Le coeur bleu

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Est ce la pluie et tout ce gris,
Le temps qu'il fait, le temps qui passe ?
Qui pénètre mon corps meurtri
Je me sens si lasse

Est ce ce nuage dans mon thé ?
Ou le soleil pas encore levé ?
Qui met des larmes dans mes yeux
J'en ai le cœur bleu

Mais je ferme les volets
Et je ferme ma porte
Le dehors est trop laid
Et la vague m'emporte

Est ce le silence du matin ?
Ou les cris du chien du voisin ?
Mais je sens une odeur de fin
Ce n'est surement rien

Est ce pour le rêve de cette nuit ?
Le vide, au réveil, dans mon lit ?
Que je voudrai me recoucher
Et tout oublier.

Mais je ferme les volets
Et je ferme ma porte
Le dehors est trop laid
Et la vague m'emporte

Mais quel est ce poids que je porte ?
A t-il un nom ? Il m'emporte
Je descend tout au fond de moi
Mais tu n'y es pas.

Qu'est ce qui hurle à la mort ?
Quel est cet orage au dehors ?
Qui me fait trembler comme une feuille
Ah oui, c'est le deuil.

Mais je ferme les volets
Et je ferme ma porte
L'intérieur est trop laid
Quand la vague m'emporte

dimanche 10 novembre 2013

Le pilier à la grande fissure

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Le pilier à la grande fissure
donne l'illusion de solidité
Se leurre lui même de sa force
quand explose sa fragilité
Ne reste que la cassure

Le pilier à la grande fissure
se croit le seul à tout tenir
car chaque jour il s'y efforce
quand dégueule les souvenirs
Ne reste que la blessure.

Le pilier à la grande fissure
S'offre à porter les fragiles
dont on a arraché l'écorce
quand tombe la dernière tuile
Ne reste que la déchirure.

lundi 2 septembre 2013

Cet amour

On se fait des câlins. J'aime son odeur. Ma joue contre la sienne, ses bras autour de mon cou, nous jouons à serre moi fort, à "ça c'est l'amour ça", à "-je t'aime - non moi plus- non c'est moi - non moi - Ah oui, dis moi un peu comment tu m'aimes pour voir - je t'aime jusqu'au bout, du bout, du bout, du bout, du bout ... du bout de l'espace - Ah oui, ça fait beaucoup en effet".

On se regarde. J'aime son regard. Il est doux. Les yeux dans les yeux, nous nous parlons d'amour. De cet amour qui nous apaise, qui nous console, qui fait nos bonheurs. On se rassure, on se resserre.

Demain, elle entre au CE1, ma grande merveille. Elle avance en dansant vers ses sept ans, qu'elle aura dans quelques mois. Elle aime danser, elle aime écouter de la musique et elle aime lire, en plus de jouer avec ses poupées à inventer des histoires. Elle n'aime pas trop écrire parce qu'elle croit qu'elle n'écrit pas bien. Elle aime savoir faire bien et n'aime pas quand ça prend du temps de savoir bien faire.

Elle me ressemble et elle lui ressemble. Mais elle est, avant tout, elle même. L'individu, comme nous l'appelions alors qu'elle n'était qu'un embryon dans mon ventre.

Merveille qui me fait du bien... Me souvenir de ce miracle... Être capable d'en être heureuse, même en ce moment.

L'essentielle est ce qu'on partage. Ce "On" précieux, des êtres qui décident d'être ensemble. Nous sommes ensembles, elle et moi. IL nous manque. IL fait parti de l'invisible lien maintenant, qui nous tient serrée l'une contre l'autre, jusqu'à ce que nous soyons assez fortes pour laisser à nouveau l'élasticité se jouer de nous.

Je l'aime, ma fille, plus que tout, et je profite qu'elle dorme pour gagner la bataille du "c'est moi qui t'aime le plus fort", pour une fois...

dimanche 5 mai 2013

Interrogatoire

Comment vas tu ?

Je vais fragile

Comment te sens tu ?

Bien

Comment te sens tu ?

Mal

D'une seconde à l'autre ?

Oui parfois.

Qu'attends tu ?

Rien ... Je ne sais pas.

Qu'espère tu ?

Le calme

Pas plus ?

Non pas plus... C'est beaucoup déjà, le calme ... non ?

C'est moi qui pose les questions

Ah pardon.

Que veux tu ?

Vivre

Pourquoi faire ?

Pour le plaisir

Es tu heureuse ?

ça m'arrive

Es tu malheureuse ?

ça m'arrive

De quoi as tu besoin ?

De douceur

De qui as tu besoin ?

De lui

De qui as tu besoin ?

D'accord, d'accord, des vivants.

Qui aimes tu ?

Des personnes

Qui ?

Des personnes !

C'est personnel ?

Oui.

Et maintenant, là, tout de suite, que veux tu ?

Que tu arrête de me poser des questions

Ah ? ... Bon ...

jeudi 25 avril 2013

Etat de grâce

L'autre jour, nous étions avec un ami musicien qui a un petit piano électrique. La merveille découvre l'instrument en jouant au hasard, notre ami lui dit "Laisse le son exister, écoute le, et puis après joue une autre note et écoute encore et ainsi de suite". Elle essaie, elle écoute. Notre ami prend alors sa flûte traversière et se met à improviser avec elle. Elle décuple son attention, son visage devient grave, son regard tourné vers notre ami, elle essaie d'être avec lui. Ses mains se posent et se lèvent comme des papillons sur le clavier. Je les regarde et je pleure.

La première fois que j'ai éprouvé cette émotion, nous étions en vacances à Nice, elle avait trois ans je pense. Un violoniste jouait sur la promenade des Anglais et nous l'entendions de la plage, la merveille s'est mise à danser. J'étais fascinée. Autant par l'élégance de ses mouvements que par sa façon d'être toute entière à ce qu'elle faisait.

Je veux bien qu'on me prenne pour une mère fan de sa fille. Si vous voulez, c'est égale. Ce que je sens quand je la vois danser, quand je la regarde jouer de la musique, alors que l'harmonie du son se cherche encore, la grâce et l'harmonie qui se dégage d'elle est saisissant.

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jeudi 28 février 2013

Ce que je te conte

(chanson numéro trois. Thème : comptine pour (mes) enfants, d'une maman conteuse... Suis peut être un peu à côté du thème mais en tout cas, suis émue de l'avoir pondu celle là.)

Tu a déplacé mon centre de gravité
Tout les jours je te regarde, je prends garde à toi
Tu grandis, tu files tout droit vers ta destinée
Et tu auras toujours le refuge de mes bras
Ce lien qui nous unis ne peut être coupé
Aussi n'est pas peur mon enfant, et lance-toi

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

Tu as chaviré mon univers tout entier
Tout ce que tu me donnes parce que tu es né
Est un présent de l'avenir qui t'appartient
Et jamais mon amour de mère ne te retient
Vis ta vie mon enfant même si tu dois pleurer
Car il y aura tant de rire, de joie, de gaité

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

Je sais que parfois tu as peur d'être blessé
Peur de me lâcher la main, d'être abandonné
La peur, cette humaine condition d'exister
N'est pas ce monstre qui te guette pour te manger
Ce n'est qu'une rivière qu'il te faudra traverser
je suis là, n'oublie pas, pour t'apprendre à nager.

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

dimanche 17 février 2013

ma planète étrangère

(Deuxième chanson pour mon amie, sur la demande du thème "Je suis une amoureuse". Mystère, mystère, cela lui plaira t-il ?)

Je ne veux pas du prince charmant
Pas besoin qu'il m'emporte sur son cheval blanc
Qu'il reste mon crapaud bienveillant
Avec lui j'irai jusqu'au bout du présent

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je peux sentir son étrange univers
Vibrer au cœur de mon atmosphère

Je ne veux pas d'un conte pour enfant
Pas besoin d'histoire pour calmer mes tourments
Qu'il soit mon imparfait du présent
Je l'aime pour ce qu'il est, mon amant

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je peux sentir son étrange univers
Vibrer au cœur de mon atmosphère

C'est tellement mieux, l'étonnement
Ne pas se comprendre, mais se trouver vraiment
Accepter qu'on soit si différent
Et alors s'aimer tant qu'on en a le temps

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je suis, Je suis sa planète mystère
Il aime que je sois sa femme étrangère.

Je ne rêvais pas de lui pourtant
Il est mon évidence, mon destin vivant
On ne sait pas ce qui nous attend
Mais quelle chance de partager ces instants

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je suis, Je suis sa planète mystère
Il aime que je sois sa femme étrangère.

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