Carnets de brouillons

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dimanche 5 mai 2013

Interrogatoire

Comment vas tu ?

Je vais fragile

Comment te sens tu ?

Bien

Comment te sens tu ?

Mal

D'une seconde à l'autre ?

Oui parfois.

Qu'attends tu ?

Rien ... Je ne sais pas.

Qu'espère tu ?

Le calme

Pas plus ?

Non pas plus... C'est beaucoup déjà, le calme ... non ?

C'est moi qui pose les questions

Ah pardon.

Que veux tu ?

Vivre

Pourquoi faire ?

Pour le plaisir

Es tu heureuse ?

ça m'arrive

Es tu malheureuse ?

ça m'arrive

De quoi as tu besoin ?

De douceur

De qui as tu besoin ?

De lui

De qui as tu besoin ?

D'accord, d'accord, des vivants.

Qui aimes tu ?

Des personnes

Qui ?

Des personnes !

C'est personnel ?

Oui.

Et maintenant, là, tout de suite, que veux tu ?

Que tu arrête de me poser des questions

Ah ? ... Bon ...

jeudi 25 avril 2013

Etat de grâce

L'autre jour, nous étions avec un ami musicien qui a un petit piano électrique. La merveille découvre l'instrument en jouant au hasard, notre ami lui dit "Laisse le son exister, écoute le, et puis après joue une autre note et écoute encore et ainsi de suite". Elle essaie, elle écoute. Notre ami prend alors sa flûte traversière et se met à improviser avec elle. Elle décuple son attention, son visage devient grave, son regard tourné vers notre ami, elle essaie d'être avec lui. Ses mains se posent et se lèvent comme des papillons sur le clavier. Je les regarde et je pleure.

La première fois que j'ai éprouvé cette émotion, nous étions en vacances à Nice, elle avait trois ans je pense. Un violoniste jouait sur la promenade des Anglais et nous l'entendions de la plage, la merveille s'est mise à danser. J'étais fascinée. Autant par l'élégance de ses mouvements que par sa façon d'être toute entière à ce qu'elle faisait.

Je veux bien qu'on me prenne pour une mère fan de sa fille. Si vous voulez, c'est égale. Ce que je sens quand je la vois danser, quand je la regarde jouer de la musique, alors que l'harmonie du son se cherche encore, la grâce et l'harmonie qui se dégage d'elle est saisissant.

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jeudi 28 février 2013

Ce que je te conte

(chanson numéro trois. Thème : comptine pour (mes) enfants, d'une maman conteuse... Suis peut être un peu à côté du thème mais en tout cas, suis émue de l'avoir pondu celle là.)

Tu a déplacé mon centre de gravité
Tout les jours je te regarde, je prends garde à toi
Tu grandis, tu files tout droit vers ta destinée
Et tu auras toujours le refuge de mes bras
Ce lien qui nous unis ne peut être coupé
Aussi n'est pas peur mon enfant, et lance-toi

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

Tu as chaviré mon univers tout entier
Tout ce que tu me donnes parce que tu es né
Est un présent de l'avenir qui t'appartient
Et jamais mon amour de mère ne te retient
Vis ta vie mon enfant même si tu dois pleurer
Car il y aura tant de rire, de joie, de gaité

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

Je sais que parfois tu as peur d'être blessé
Peur de me lâcher la main, d'être abandonné
La peur, cette humaine condition d'exister
N'est pas ce monstre qui te guette pour te manger
Ce n'est qu'une rivière qu'il te faudra traverser
je suis là, n'oublie pas, pour t'apprendre à nager.

Ce que je te conte
parce que ça compte
la vie n'est pas un conte pour enfant
Mais malgré tes grands chagrins d'enfants
Malgré les tourments et les épreuves
La vie est belle, tu en es la preuve.

dimanche 17 février 2013

ma planète étrangère

(Deuxième chanson pour mon amie, sur la demande du thème "Je suis une amoureuse". Mystère, mystère, cela lui plaira t-il ?)

Je ne veux pas du prince charmant
Pas besoin qu'il m'emporte sur son cheval blanc
Qu'il reste mon crapaud bienveillant
Avec lui j'irai jusqu'au bout du présent

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je peux sentir son étrange univers
Vibrer au cœur de mon atmosphère

Je ne veux pas d'un conte pour enfant
Pas besoin d'histoire pour calmer mes tourments
Qu'il soit mon imparfait du présent
Je l'aime pour ce qu'il est, mon amant

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je peux sentir son étrange univers
Vibrer au cœur de mon atmosphère

C'est tellement mieux, l'étonnement
Ne pas se comprendre, mais se trouver vraiment
Accepter qu'on soit si différent
Et alors s'aimer tant qu'on en a le temps

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je suis, Je suis sa planète mystère
Il aime que je sois sa femme étrangère.

Je ne rêvais pas de lui pourtant
Il est mon évidence, mon destin vivant
On ne sait pas ce qui nous attend
Mais quelle chance de partager ces instants

Il est, il est ma planète étrangère
Je suis amoureuse du mâle mystère
Je suis, Je suis sa planète mystère
Il aime que je sois sa femme étrangère.

dimanche 10 février 2013

La vie m'élance

(une amie m'a demandé il y a un moment si je pouvais lui écrire des chansons, en voilà une possible que j'ai écrite en pensant à elle)

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Ils pensaient elle ne peut pas
ils disaient c'est pas pour toi
Ils ricanaient de mes fracas
Moi, je n'les écoutais pas

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Je pose chacun de mes pas
j'oppose mes actes à leur glas
Je sais bien ce qui me va
Même si je ne souris pas

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Ils me croit devenue dure
je le suis à leurs cassures
Pas de plainte pour mes fêlures
C'est ma force et mon armure

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

Dans le secret de mon cœur
Je ne parle qu'au bonheur
Lui me parle comme à une sœur
Je souris de leur stupeur

J'avance, j'avance
Diriez vous que j'ai de la chance
j'avance, j'avance
la vie m'élance

mardi 29 janvier 2013

Stage

(fiction, toute ressemblance etc ...)

Elle s'est levée de mauvais poil, elle n'a pas envie d'aller travailler. Pour une fois que le soleil brille, pour une fois que la lumière traverse l'hiver qui n'en finit pas d'être gris. Elle n'a pas envie de se taper ce groupe de chômeurs, d'animer, d'expliquer, de rabâcher. De toute façon, depuis le temps, ils n'ont plus de visage, il sont tous gris, et bêtes, ce qu'ils peuvent être bêtes.

Elle arrive, ouvre la porte, ils sont quatorze dans une petite salle surchauffée. Elle n'a pas envie de s'occuper d'eux. ça l'emmerde tous les jours mais aujourd'hui encore plus que les autres jours. Elle va se débarrasser de certain, alléger le groupe, alléger son travail stérile, elle le sait que ça ne sert à rien. Elle le sait bien qu'il repartiront vers pôle emploi qui les enverra dans un autre stage. Ceux qui sont là sont mort pour la société, un groupe de presque plus humain. Elle assène des mots "respect" en les méprisant du regard. Elle a trouvé sa première victime. Un homme d'une cinquantaine d'année, sept ans de chômage. Mais pauvre vieux, il le restera jusqu'à sa retraite. Elle veut s'en débarrasser, elle sait qu'elle ne peut rien pour lui. Elle lui pose des questions, n'écoute pas les réponses, l'interromps sans arrêt, lève les yeux au ciel et finit par lui dire qu'il n'est pas à sa place ici. L'homme se lève et s'en va. Il avait pourtant des choses à dire, une vie au bord des lèvres qu'elle n'entendra pas. C'est pas son boulot et puis, c'est juste un chômeur de cinquante balais, de plus.

Elle s'est levée ce matin avec l'envie de rester au lit plus longtemps, mais, il faut déposer la petite à l'école et puis après aller à ce stage. Elle est contente en ouvrant ses rideaux de s'apercevoir qu'il fait beau. Elle décide qu'elle ira à pied pour en profiter un peu. Quand elle arrive, il n'y a qu'une femme qui est déjà là, la cinquantaine de petite fille. Toute blonde, rien qu'à voir comme elle est assise, on sent qu'elle s'excuse d'être là. La honte et le désarroi du chômage inscrit dans un corps maigre et vouté. Elle s'assoit face aux fenêtres, non loin de l'autre femme et lui dit "au moins profiter un peu de la jolie vue", l'autre lui sourit "oui, il fait beau aujourd'hui" "c'est agréable cette lumière" " oh oui, ça fait du bien"... Un homme arrive, la trentaine, il regarde au sol mais dis bonjour, va s'assoir à l'autre bout, dos aux fenêtres. Sort un journal et en commence la lecture. Ils arrivent ainsi au fur et à mesure les stagiaires. La salle devient de plus en plus petite et se réchauffe. Elle les regarde, chacun leur tour, elle aime bien observer les inconnus. Leur façon de se tenir, de fuir les regards ou de les offrir. Elle s'amuse du fait que les femmes font face aux fenêtres et les hommes leur tourne le dos. Sauf un, arrivé en retard qui a pris la dernière chaise. Un homme, la cinquantaine, détendu et sans illusion.

L'animatrice entre. Son ton est sec. Elle dégage de l'agressivité en disant toujours "ce n'est pas contre vous". Non ? Contre qui alors. Mais pour Elle ce n'est pas grave. Elle l'observe faire mal son travail et sait déjà qu'elle fera parti de ceux qui seront invité à partir. Quand elle s'en va, elle sourit à tous, même à la formatrice, après tout, c'est un être humain qui fait un boulot qu'elle n'aime pas alors qu'il fait si beau aujourd'hui...

jeudi 3 janvier 2013

Elle vient d'avoir dix huit ans

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C'est ainsi que je l'ai connu. Elle devait avoir six mois. J'étais parti avant sa naissance m'installer à Nice et l'été suivant ma sœur avait fait le voyage pour les présentations. Elle était déjà sublime. Elle l'est toujours. Elle ne le sait pas, qu'elle l'est, malgré sa coquetterie, sa grande taille, ses airs de filles solides sure d'elle, elle ne l'est pas tant que ça, sûre d'elle. Je la devine cacher son petit cœur fragile derrière son humour et son sourire, son sens de la répartie. Elle est comme nous toutes, les femmes, et je ne sais pas pourquoi nous sommes comme cela, si fragile du cœur et si forte en même temps.

Elle a dix huit ans aujourd'hui. Dix huit ans ! Elle est si jeune et elle a tant d'avenir prometteur devant elle, tant d'histoires et d’aventures à vivre, des chagrins et des bonheurs, une belle vie pour une sacré jeune femme. Mon cadeau pour elle est en mots d'amour. Une envie de lui dire de croire en elle et en la vie. Qu'ensemble elles vont faire de belles choses. Que la vie nous donne toujours de quoi grandir, que parfois cela fait souffrir oui, c'est vrai, mais que c'est quand même un cadeau, que grandir est la plus belle des aventures, la seule qui vaille, qu'on n'en finit jamais de grandir même quand on commence déjà à vieillir. Le sens de la vie c'est de la vivre les yeux et le cœur grand ouvert et de s'en laisser éblouir.

Je ne la connais pas très bien, ma nièce, elle ne se donne pas comme ça, je la devine du bout de mon regard bienveillant. Je l'aime comme elle est et je sais qu'elle gagne à être connue. Elle fait parti des pudiques, de celles qui ont de jolies carapaces d'humour sur le dos, je sais qu'il faut aller toquer tout doucement sur sa carapace tendre de toute jeune tortue et qu'en dedans peut se dévoiler à qui sait attendre et apprivoiser un joyaux de femme.

D'ailleurs, j'imagine assez bien en lisant ce texte, qu'elle rougira, oui, et qu'elle pensera " hum tu dis ça parce que je suis noire" et je souris avec elle a distance de cette blague qu'elle affectionne et qui me fait rire à chaque fois.

vendredi 21 décembre 2012

Il est tard mon amour

Il est tard mon amour, pour moi,
La fin du monde je l'ai déjà vécu
Quand je t'ai perdu

Il est tard mon amour, pour moi
La mort je l'ai déjà connu
A ton corps perdu

Il est tard mon amour, pour moi
Et pourtant j'y ai survécu
De t'avoir perdu

Il est tard mon amour, pour moi
je me replonge dans nos débuts
je n'ai pas tout perdu

Il est tard mon amour, pour moi
Se souvenir toujours de ce qui fût
pas de peine perdu

Il est tard mon amour, pour moi
demain sera t-il le temps venu ?
Et la lumière fût

jeudi 13 décembre 2012

Tristesse

Tristesse,
je suis la princesse
aux petits poids
Sur le cœur

Tristesse,
Je suis une larme
aux abois
intérieure

Tristesse,
Je suis solitude
entre émois
et mes peurs

Tristesse,
Je suis la princesse
aux petits poids
sur le cœur.

vendredi 30 novembre 2012

Espace de souhaits

Bon comme vous le savez, ou pas, aujourd'hui j'ai ... On ne demande pas son âge à une femme ;-)

Bref, vu que mes précédents billets n'engagent pas les commentaires légers, j'ouvre celui-ci afin que vous puissiez librement me souhaiter un bon anniversaire entre autre, mais bon vous êtes libre de me souhaiter autre chose si ça vous dit. TANT QUE C'EST DU BONHEUR !!!!!!

Je vous invite à la légèreté et aux rires, on en a bien besoin en cette fin d'automne. Faîtes vous plaisirs, faîtes moi plaisirs, faisons nous plaisirs ...

Enfin il y a un truc qui me ferait plaisir, c'est que j'éclate mon quota de commentaires sur ce billet, et même j'ai la secrète ambition de faire plus fort que Sacrip'Anne à l'époque de ses plus grands succès bloguesque ! rire !

A vos marques ! Prêt ! Commentez !

mardi 20 novembre 2012

Les nuits qui portent conseils

Après une nuit qui porte conseil, j'ai relu ma lettre de motivation pour postuler à cette formation et j'y ai redécouvert cette phrase : "Mes proches, mes élèves, m'ont souvent dit que je devrais être thérapeute, que j'avais un « don ». Je m'y suis refusée jusqu'à présent car j'ai parfaitement conscience du fossé qu'il y a entre aider une personne de son entourage et participer aux soins d'un patient, qu'il y faut plus que de l’instinct, qu'un « don » en la matière signifie surtout une façon d'être aux autres.

Or, Dimanche, le formateur de la session à dit ceci : " il y a une chose que nous ne pourrons pas vous apprendre c'est votre façon d'être aux autres".

Du coup après la deuxième nuit qui porte conseil je me dis que "ce don" que tout le monde me voit et que j'ai toujours dénigré comme ayant peu de valeur ou peu de sens, faisait sans doute une bonne base sur laquelle construire mon futur métier d'Art-thérapeute.

Il est des questions qu'il est bon de se poser mais auxquelles on ne peut pas répondre avant d'en avoir fait l'expérience : " Saurais je avoir la bonne distance ?" est l'une de celle qui me tracasse. Je me vis comme une éponge (mais le suis je réellement ?), c'est à dire que la douleur d'autrui (des gens que j'aime, en fait), en plus de l'éprouver et de la comprendre, impacte sur moi, miroir, miroir, projection contre projection. La bonne distance c'est conserver cette faculté d'éprouver et de comprendre sans que cela impacte sur moi. On s'attache certainement à certain patient, comment rester utile, comment ne pas se faire du mal à soi même quand on prend trop sa part dans la souffrance de l'autre, comment ne pas trop prendre sa part, sans se couper de l'affecte ? En même temps j'écris ça et je me dis que souvent, quand je suis positionnée dans le moment d'écoute, j'ai de la distance naturellement. Le danger vient de la surprise, de la douleur qui vous saute à la gueule sans prévenir. Et ça, qui peut se targuer d'avoir du recul sans être parfaitement indifférent ? Cela me fait penser aussi à mon métier de comédienne. Je n'ai jamais été impactée par un rôle, si dramatique soit-il. J'ai toujours su déposer le personnage sur le porte manteau de son costume. C'est un bon outil sans doute à méditer pour répondre à cette question.

L'autre grande question c'est le milieu, les équipes, le mode de fonctionnement des institutions dans lesquelles je vais avoir à m'intégrer. Art-thérapeute est encore un métier très peu connu, s'il commence à être regarder avec bienveillance et encore pas toujours, c'est un fourre tout, tu fais de l'Art, tu travailles avec des personnes en difficulté, tu es Art-thérapeute. Or c'est plus compliqué que cela et plus précis aussi. Ce cadre ce sera à moi de le donner. Les cadres et les limites, on y revient. Les poser sans violence, les assumer, bien connaitre ses limites, savoir dire non. Savoir aussi "vendre sa pratique" pour donner confiance, pour être respectée, prise en compte. Se retrouver parfois confrontée encore à des égos surdimensionnés (le pouvoir du soignant) moi qui les fuis déjà dans le milieu théâtrale.

Enfin, ou ai je envie de travailler ? Avec quel type de patient ? J'allais dire publique. Spontanément ce qui me vient à l'esprit pour être le plus global possible se sont toutes personne venant de vivre ce qu'on appelle "un accident de vie". Ces choses qui anéantissent votre existence mais qui vous laisse en vie, il faut bien reconstruire sur cette base là, la vie qui reste. Pourquoi ? Ceux qui me lisent régulièrement ici doivent bien le savoir. Je me sens armée parce que j'en ai pas mal traversé de ces accidents de la vie et chaque fois il m'a fallu reconstruire et en ce moment même je suis en plein dedans. Cela suscite une question, est ce que je ne prend pas le risque important d'être dans la projection ? Est ce que ces vies en bascule ne vont pas venir réveiller douloureusement mes propres failles ? Mais je viens de dire que je me sens armée. Parce que j'ai survécu. Saurais-je écouter, prendre en compte la différence de l'autre, saurais-je l'aider à trouver son propre chemin ? Saurais je prendre garde chaque fois à ne pas croire que j'ai "le mode d'emploi" ?

Mais peut être qu'il ne doit pas y avoir de réponses à ces questions, peut être qu'elles doivent rester présente tout au long de la pratique d'un soignant, comme les gardiennes d'une pratique saine.

dimanche 18 novembre 2012

Destabilisée

Fin de la deuxième session formation Art-thérapie. Étranges sensations, paradoxes, contradictions. Plaisir à y être, beaucoup. Questionnement sur le métier, sur la bascule d'existence, sur ma motivation. Épuisement bien-sur, mais ça, ça fait tellement longtemps maintenant. Un peu envie de pleurer. Fin de quelque chose, parenthèse qui se referme et puis aussi les doutes, sains mais bien embêtant tout de même, c'est tellement plus simple les certitudes.

Je n'ai pas envie de retourner à ma vie, les amies qui vont quittées la maison, ma mère à l’hôpital, ma solitude, le manque de François, je suis triste. Alors qu'il y a quelques heures je riais, j'étais bien.

Étrange de me dire que j'aime cette formation énormément mais que je ne suis pas certaine absolument d'aimer le métier auquel elle me prépare. Que ce métier me fait peur sans doute. Et puis ça a un coût tout ça, c'est un investissement lourd, de temps, d'argent. Alors peux pas trop le faire juste pour le plaisir du moment. Déstabilisée un peu je suis.

Mais la nuit porte conseil ...

dimanche 7 octobre 2012

Maman j'aime pas quand on est toute seule toutes les deux

De rêves en conversation
m'a sauté au visage
l'évidence cachée

La famille cassée
La famille perdue
La famille tuée

Nouveau chagrin
Nouveau deuil
Nouvel épuisement.

Pendant ce temps
Mamie perd la boule
Et ma fille me dit

"Maman j'aime pas quand on est toute seule toutes les deux".

L'évidence cachée
me saute au visage
on n'est plus trois

Famille cassée
Famille perdue
Famille tuée.

Je l'ai cherché longtemps
Au théâtre surtout
Famille trouvée

Puis il y a eu lui
il m'a fait cadeau d'elle
Famille créée

Puis il est mort
Famille perdue
Et ma fille me dit

"Maman j'aime pas quand on est toute seule toutes les deux".

jeudi 27 septembre 2012

Mes croyances

Nous avons toujours le choix, mais nous n'avons pas toujours la force de choisir. Je vis ou je meurs ? Est sans doute le premier et le plus essentiel. Combien sommes nous en réalité à l'avoir fait, à s'être posé cette question et à y avoir répondu ?

Les choses auxquelles je crois:
- On a le choix de ne pas subir sa vie mais d'en être l'acteur. Cela ne veut pas dire que nous avons la possibilité de choisir les évènements que nous allons vivre, mais nous avons la possibilité de choisir comment nous allons les vivre. Je relativise cette croyance en me disant que nous ne sommes pas tous égaux en armes, en conscience, et c'est ce qui donne une limite à nos choix.
- Je crois que les émotions ne sont pas distinctes de la pensée, mais qu'il y a des ponts incessant entre les deux. Nos émotions forgent nos pensées et inversement.
- Je crois que le corps tout entier étant vivant, le corps tout entier pense, mais que le corps n'est pas une entité, mais plutôt une foule de parties (cellules) autonomes, indépendantes, ayant donc d'une certaine façon leur libre arbitre et que ce qui fait corps c'est le but commun qu'elles ont, la vie.
-Je crois que parfois, ces différentes parties se chamaillent parce qu'il y a tant de choix possibles, et que quand c'est le cas , ben c'est le bordel, le chaos.
- Je crois que le soulagement vient souvent du choix qui se fait et de l'accord entre toutes les parties pour suivre ce chemin là plutôt qu'un autre, l'harmonie.
- Je crois que beaucoup de choix se font sans notre "conscience", sans nous d'une certaine façon mais en nous.
- Je crois que tout est voyage, traversée. Alors la mort pourquoi pas ? Mais je ne crois pas en Dieu, ni au paradis, ni à la conservation de l'esprit ou de l'âme.
_ Mais je crois que l'énergie qui nous constitue, sans doute, se redistribue, s'éparpille, éclate, pour reformer non pas un autre être, mais une foule de possibilité du vivant.
-C'est pour cela que je souris quand je vois une abeille butiner les fleurs sur la tombe de François, ou que je vois les feuilles trembler à l'air qui circule quand je vais là-bas lui parler. Parce que l'énergie circule et que s'il s'est éparpillé, tout ce qui est vivant porte une minuscule parcelle de ce qu'il était. J'ai toujours aimé le vivant...
- Je crois que c'est notre besoin de "faire sens" qui fait notre histoire, que notre histoire se construit du sens que nous lui donnons, que ce sens ne peut se donner qu'après avoir traversé les évènements, donc que le sens de l'histoire n'est pas du passé vers l'avenir en passant par le présent, mais du présent vers le passé, du regard que nous portons sur ce passé et ce que nous faisons de ce regard, va influencer notre avenir. Ainsi le point central c'est bien le présent qui envoie ses flèches vers le passé et vers l'avenir.
- Je crois que l'amour n'est pas une émotion mais une énergie et qu'elle est la plus créative de vie.
- Je crois que j'ai permis à François de passer les dernières années de sa vie en vie.
-Je crois que François m'a permis d'accepter d'être celle que je suis et que jamais plus je n'autoriserais quelqu'un à me demander d'être autre chose que moi même.
- Je crois que longtemps j'ai été une sorte d'orpheline, sans toit pour venir y réparer mes blessures et qu’aujourd’hui, à nouveau orpheline, j'ai un toit.
- Je crois qu'aujourd'hui je suis à la fois très seule et très aimée.
- Je crois que bientôt, doucement, mes choix vont m'emporter vers mon avenir.

samedi 22 septembre 2012

Aujourd'hui cela fait sept ans pour la première fois

Aujourd'hui cela fait sept ans que nous nous sommes embrassé pour la première fois.
Aujourd'hui cela fait sept ans que j'ai senti tes bras autour de ma taille pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans que j'ai éprouvé cette évidence à me blottir dans tes bras pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans que mon corps c'est senti libre au contact du tien pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans que j'ai senti que tu allais changer ma vie pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans que j'ai croisé ce regard amoureux que tu portais sur moi pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans que ton sourire a ravagé mes dernières défenses pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans que tu as apprivoisé mon cœur de sauvage pour la première fois
Aujourd'hui cela fait sept ans pour la première fois pour la dernière fois

mercredi 22 août 2012

Rêve

S'envoler sur les ailes de la vie, légère
Reconnaître l'insouciance du corps
Devenir un oiseau de la terre
jouer avec les vents du sort

Se désincarner de la douleur
Se déshabiller de ses peurs
Décliner l'invitation des larmes
déposer, reposer son âme

Respirer l'odeur de la vie
s'inspirer du soleil
se découvrir envie
Accepter le sommeil.

vendredi 10 août 2012

Sortir de la tombe

Un jour prochain, tout cela me semblera t-il loin ?
Oublierai-je l'intensité de la douleur ?
Connaitrai-je encore la beauté de la douceur ?
Un jour ou l'autre, sans doute, qui semble si loin.

Le soir venu à l'heure du sommeil perdu
quand le corps ne veut que dormir
et la tête ne peut que souffrir
Le soir venu me manque les bras perdus

Je me souviens si bien du lien
de ma fille à moi bien plus qu'un cordon
chaque cellule de mon corps en réponds
le lien à sa vie, je m'en souviens

La mort est un écho inversé
Se déchaine la même puissance
en mon corps éparpillé d'absence
Vie et mort, et même intensité

Ne plus avoir peur, ne plus avoir peur
De tout, de rien, de la vie, de la mort
retrouver de l’insouciance dans le décor
Dormir, dormir, et reposer mon cœur.

Un jour prochain, connaitrai je de nouveau bras ?
Un coin de refuge ou nicher mes failles
la couleur de l'amour et la vie en pagaille ?
Un jour, sans doute, sortir de la tombe et tendre les bras.

Dédicace pour samantdi

Une pensée pour samantdi qui traverse des moments difficiles

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jeudi 2 août 2012

Au revoir madame la mort

La goute qui fait déborder le vase
La lutte contre le fléau de trop
Se retrouver coincée et subir

La colère qui monte

Les déceptions inexprimables
Les incompréhensions indiscutables
Les abandons, les abandons

La colère qui monte

ne me demandez rien
je n'ai presque plus rien à donner
trop peu pour ma fille

La colère qui monte

La rage de dent
La douleur baladeuse
Dans ma mâchoire serrée

La colère qui monte

Ma fille voudrait être un bébé
Je voudrais avoir une maman
Il nous manque

La colère qui monte

La colère comme une nausée
Un poison terrifiant
Bien plus que le chagrin

Rencontre d'une bienveillance
Sur la fin de la journée
Un grain de douceur

La colère qui passe

Au revoir madame la mort

Condamnée à sa mort

Dans 2 jours, 2 mois qu'il sera mort, qu'il est mort.
J'ai vécu mille vies depuis qu'il est mort
Fatiguée de toutes ses batailles que me livre sa mort
Mais la vie ne connait pas de temps mort.

Je ne veux pas compter le temps sans lui
Je préfère conter le temps avec lui
J'aime bien croire que la caresse du vent vient de lui
Et parfois imaginer qu'il nous sourit.

J'aime un homme qui est mort
A jamais séparée de lui
Condamnée à sa mort
Continuer à parler de lui

François est mort.
Mon grand amour, ma vie
François est mort
C'est quand même moins joli, la vie, sans lui.

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