
Voilà, ça y est, mon premier Roman est publié chez Numéri:)livres. Disponible ici
Précipitez vous, achetez le, lisez le, et parlez en autour de vous... Imaginez ... Le premier best seller numérique, j'adorerais ça, rire !
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jeudi 23 juin 2011
Par Luce le jeudi 23 juin 2011, 15:40 - projets

Voilà, ça y est, mon premier Roman est publié chez Numéri:)livres. Disponible ici
Précipitez vous, achetez le, lisez le, et parlez en autour de vous... Imaginez ... Le premier best seller numérique, j'adorerais ça, rire !
vendredi 1 octobre 2010
Par Luce le vendredi 1 octobre 2010, 10:25 - personnages
Agnès a débarqué dans la grande ville, Paris, La ville rêvée, la ville des lumières, de la culture. Elle est arrivée il y a quelques années, quittant sa province natale, ses parents, ses amis, pour travailler. Elle à tout entendu en partant,"quelle chance tu as", "fais attention c'est dangereux là-bas pour une fille seule". Mais le Paris d'Agnès ne ressemble à rien de ce qui était prévu, ni à ses rêves, ni à ses angoisses. Paris est juste la ville de la solitude. Elle n'est pas désespérée, elle n'est même pas triste, juste, elle s'ennuie.
Alors Agnès à décider d'écrire, elle a ouvert un blog. "Pour dire, quoi ?" pense t-elle "rien peut être", elle se lance dans une écriture compulsive, elle veut dégueuler son ennui et son vide. A moins que son vide ne soit trop plein. Elle pense: " ici chez moi, dans ma tête, dans tout ce qui se tait, le désordre de mon silence". Elle trouve ça joli, ces mots "le désordre de mon silence", joli pour dire l'enfermement. Paris l'enferme chez elle. Elle tourne en rond dans tout ce gris et l'ennui l'enlise. Elle éprouve un besoin irrépressible de mouvements, de brasser de l'air plutôt que le vide, plutôt que le rien, plutôt que cette forme de mort émotionnelle.
Elle cherche le moyen de ne pas se laisser faire, de ne jamais déposer les armes, de ne pas lâcher prise. "Lâcher prise", elle n'entend que ça, tout le monde en parle, c'est le dernier conseil à la mode qui fait la une des magazines féminins. "Oui, d'accord" pense t-elle "mais si lâché prise c'était tomber dans l'abîme vertigineux du néant ? Bien sur que non" elle le sait bien que non, mais n'empêche, ça l'emmerde tous ces champions du lâché prise, tous ceux qui savent, tous ceux qui sont heureux, qui ont du recul, de la distance, tous ces vendeurs de sérénité, ces bastringues du Zen, l'emmerde sérieux.
Agnès s'accroche des poing et des dents à la vie, elle lui crache à la gueule et même parfois elle béni ses souffrances, en secret et sans masochisme, juste parce que, bon sang, elle sait au moins qu'elle est vivante. Le diable c'est l'ennui, l'ennemie, la seule, c'est la mort. La faucheuse l'emportera bien sur, un jour elle gagnera, en attendant Agnès marque des points, à chaque seconde elle veut sentir que son cœur bat, sentir et savoir, et connaître ces battements. Le cœur bat, se bat. Oui, c'est une guerre dont elle veut tout sentir, se rendre compte de chaque bataille. Elle ne veut pas subir. Elle ne veut pas que le temps glisse et happe ses bulles de vie sous prétexte d'éviter les défaites, elle se fous des défaites, comme des victoires, ce qui compte pour Agnès, c'est d'éprouver.
Mais à la vérité, comme tout le monde, elle se laisse prendre par la banalité, l'habitude, les rituels, la sécurité, elle se repose bien sur, il faut bien, c'est nécessaire, mais qu'elle le regrette au fond. Elle s'en veut si souvent de n'avoir pas le courage, en tout cas pas suffisamment pour vivre cette vie comme une éternelle action. "Pas le courage ou pas l'imagination, aller savoir" rage t-elle sur son clavier.
"Mon vide peut être et encore responsable de mon ennui si profond, ce gouffre, cet abysse". C'est la première phrase qu'elle écrit, comme un petit cailloux jeter dans l'océan d'un monde qu'on dit virtuel. Elle croit ne rien attendre en retour, mais au fond de son petit cœur, il y a tout de même une petite lumière " Et si quelqu'un trouvait ma bouteille à la mer ?" Ce petit morceau d'espoir qui ne va pas jusqu'à se demander qui pourrait bien la trouver, lui suffit.
Agnès écrit donc, et ne se rend même pas compte que son ennui, solide et inflexible est son point d'appui, est ce qui lui permet de passer à l'action...
mercredi 8 septembre 2010
Par Luce le mercredi 8 septembre 2010, 11:53 - personnages
... Serge est une falaise abrupte pleine de failles
Il descend tous les jours gare St Lazard et passe devant Momo, le petit marchand de fleurs. Depuis qu'un jour, en panique, il s'est arrêté pour en acheter à une belle qu'il a beaucoup aimé, Serge continu de saluer Momo et réciproquement. Même s'il n'achète plus de Fleurs depuis longtemps.
La belle s'est fait la malle. "Tu manques de fantaisie Serge, t'es gentil, t'es bon, mais tu m'ennuies". Tiens, prend toi ça dans les dents. Ça lui a fait mal au début. Il a fini par s'habituer. Il est devenu un peu plus carré. Même si ses yeux ont gardé l'empreinte du doute.
Ça lui a servi de leçon aussi. Il n'a plus trompé sa femme depuis. Peut être bien qu'il s'ennuie un peu avec elle, mais il se dit maintenant que c'est plus de sa faute à lui que de la sienne.
Sa femme s'appelle Lolita, mais elle préfère qu'on l'appelle Loli, à cause du film et tout ça. Elle dit qu'à cinquante berge, s'appeler Lolita c'est ridicule.
Serge est dans le métro, sur la ligne 13. Il pense à sa femme et à sa fille. Il se dit qu'il ne sait pas aimer et que c'est pour ça qu'on ne l'aime pas. Tout au moins on le supporte. Ce n'est pas qu'il n'éprouve pas de sentiments, loin de là, trop même peut être. C'est le bordel tellement il y en a, il ne sait pas quoi faire avec. Serge est démuni face aux sentiments, alors il fait comme si ils n'existaient pas. Même si ses yeux en garde la trace.
Assis à côté de lui, il y a une jeune fille, très jolie, très élégante, à peine plus vieille que sa fille. Elle a un petit air triste, ou peut être seulement fatigué. Serge se dit que les gens dans le métro, le soir, ils ont toujours l'air triste.
Station St Lazare, ça y est, il est temps de descendre. La jeune fille se lève aussi. Serge s'arrêterait bien chez Momo pour offrir des Fleurs à la jeune fille au regard triste, juste pour voir comment ça fait quand elle sourit. Mais il hausse les épaules. Elle le prendrait pour un vieux pervers, alors il se contente de saluer Momo comme tous les soirs...
vendredi 6 août 2010
Par Luce le vendredi 6 août 2010, 09:07 - personnages
Lalao est petite, elle a l'habitude d'être définie comme grosse, mais elle s'en moque. Lalao porte bien son nom. Dans ses yeux clairs se reflète le soleil qui n'en finit pas de rire. Elle a la peau blanche qui rougit facilement, les cheveux dorés comme les blés et comme disait sa mère, si elle n'avait pas été si grosse elle aurait été si jolie. Mais Lalao s'en fou de faire jolie.
Ce qui compte plus que tout pour Lalao, c'est le bonheur. Le sien mais surtout celui des autres. Elle dit souvent qu'il vaut mieux être grosse et avoir un cœur en proportion, qu'avoir le cœur anorexique.
Lalao est née à Madagascar de parents Français qui avaient choisi d'exercer leur métier de professeur à l'étranger non pas pour le goût du voyage ou de l'aventure mais parce que c'était mieux payé. Lalao était née sur l'île mais n'y avait pas grandi. Sa mère ne voulait pas accoucher là bas, ils avaient prévu de rentrer avant terme mais la veille du départ, Lalao s'était annoncée. Née prématurément, elle avait suscité tout à la fois l'inquiétude et la colère de sa mère ou plutôt sa mère ne parvenait pas à lui pardonner l'inquiétude qu'elle avait éprouvée. Bref, Lalao disait de tout cela que le bébé qu'elle était, avait eu besoin de naître sur l'ile. Quand à savoir pourquoi, seules les cellules de son corps devait le savoir.
Son père la prénomma ainsi, Lalao, joie de vivre, et rien ne put le faire plier pas même les gémissements horrifiées de son épouse. Il ne révéla jamais pourquoi à personne, même pas à sa propre fille. Mais Lalao supposa qu'il lui avait ainsi donné le devoir de ne pas ressembler à sa mère et de dispenser cette fameuse joie de vivre tout autour d'elle. C'est sans doute ainsi que se forgea sa vocation.
Dès qu'elle fût assez forte pour voyager et cela arriva rapidement car très vite elle pris du poids, ce qui soulagea un peu les angoisse de sa mère, toute la famille put rentrer en France.
Lalao grandie et jamais ne fût mince, et jamais ne se départie de sa joie de vivre qui faisait le bonheur de tout son petit monde hormis bien sur celui de sa mère qui prenait ça pour de l'insolence et que cela fatiguait.
Lalao ne développa aucun goût pour les grandes études que sa mère lui prédisait et opta pour une école d'infirmière ce qui valu à sa mère cette réflexion :" Infirmière !!! Quand tu pourrais faire médecine !!!! Décidément tu n'as aucune ambition !!!" Car Lalao était brillante sans se forcer, mais voilà, elle n'aimait pas l'école. Ou alors elle aimait par dessus tout faire enrager sa mère. Allez savoir ...
Elle devint donc infirmière, se spécialisa dans le service des maladies au long cours et fît profiter les patients mais aussi ses collègues et même quelques médecins qui ne se prenaient pas trop au sérieux de son incroyable talent pour la joie de vivre.
mercredi 4 août 2010
Par Luce le mercredi 4 août 2010, 19:09 - personnages
Josette ne comprends pas ce qui se passe. Ce matin elle a pris son café noir comme d'habitude et puis elle a mangé sa tartine de pain beurrée comme elle fait depuis toujours. Ce matin, ça a l'air si loin. Josette vient d'être admise à l'hôpital. On lui a dit qu'elle n'avait pas le droit de se lever parce que sinon elle risquait de mourir. Josette à peur maintenant. Elle n'ose même pas s'assoir dans son lit. Elle a envie de pleurer un peu mais comme elle n'est pas seule dans sa chambre, elle se retient. Et puis elle a envie de faire pipi aussi, mais comme elle doit demander aux infirmières le bassin, elle se retient aussi. Elle trouve ça humiliant Josette de demander pour faire pipi.
Josette d'habitude, elle a des yeux coquins dans son visage de vieille femme pas si vieille, pas assez pour mourir en tout cas, pense t-elle. Mais là maintenant ils sont comme vides, vidés par la peur, par la honte. Elle les promènent sur la chambre de l'hôpital. Dans l'autre lit, il y a une femme qui lis tranquillement. Josette la regarde pour se changer les idées. La femme pose sont livre et regarde aussi Josette qui pudiquement détourne les yeux. La femme lui sourit malgré tout, Josette sourit aussi, bien obligée, on a beau être au bord de la mort, on reste poli.
Josette aimerait bien lui parler, à cette femme, elle a un air qui donne envie de parler. Elle se dit que de parler, elle aurait moins peur, elle dit :" Vous avez vu ce beau soleil qu'on a aujourd'hui ? " Elle a appris ça, Josette, quand on connait pas quelqu'un et qu'on veut parler, on parle de la pluie et du beau temps. La femme sourit encore et lui dit juste : " oui. " Josette réfléchit. Peut être que la femme n'a pas envie de parler, mais elle la regarde comme si elle attendait une suite, et Josette, elle ne sait pas quoi dire après le soleil. La femme finit par dire :" ça va vous ?" Comme ça, directe, en la regardant droit dans les yeux.
Alors Josette, elle sent les larmes qui montent jusqu'au bords des cils, elle fait tout ce qu'elle peut pour les retenir, elle répond dans un sourire tordu: " ce n'est pas facile". La femme la regarde avec beaucoup de gentillesse. Elle lui dit " Oui, ça a été soudain pour vous. ça doit être un peu effrayant"
Alors Josette, devant tant de gentillesse, elle craque. Elle pleure un bon coup. Elle lui raconte, à cette inconnue, ce qui s'est passé depuis ce matin. La femme ne la quitte pas des yeux. Elle hoche la tête de temps en temps et continue de lui sourire, un sourire rassurant, aimant. Ça lui fait du bien à Josette.
A la fin, la femme dit : " Quand vous appellerez l'infirmière pour faire pipi et qu'elle vous apportera le bassin, je sortirai de la chambre pour vous laisser tranquille. J'en profiterai pour faire ma petite promenade". Pour le coup, Josette l'aurai embrassée. Elle se dit que dans son malheur elle a de la chance d'être tombée sur une compagne de chambre si gentille. Elle a moins peur maintenant. Elle appelle l'infirmière pour le bassin et la femme fait comme elle a promis, elle la laisse toute seule. Ce n'est pas facile mais c'est quand même un peu moins humiliant.
Le lendemain, la femme s'en va. Elle est habillée, assise sur le bord de son lit. Elle attend qu'on vienne la chercher en regardant par la fenêtre. Josette espère que la prochaine patiente sera aussi gentille qu'elle. Un homme rentre dans la chambre, il embrasse la femme tendrement, ils se sourient. Ils se chuchotent à l'oreille. Josette sourit en les regardant, ça lui rappelle avant, quand son homme à elle était en vie. Qu'est ce qu'ils pouvaient se chuchoter à l'oreille tout le temps, des mots et des mots doux. Au moment de partir, la femme regarde Josette, droit dans les yeux encore, elle lui dit :" ça va aller pour vous, ne vous en faîtes pas." Avec ce beau sourire aimant qui caresse le cœur malade de Josette. Elles se sourient toutes les deux et la femme s'en va. Josette s'endort, un sourire aux lèvres ...
mercredi 19 mai 2010
Par Luce le mercredi 19 mai 2010, 10:53 - personnages
Delphine a une petite trentaine, fausse blonde, mais pas trop, ongles courts mais pas rongés. elle porte une petite robe noire à la Jacquie Kennedy, collants noirs pas tout à fait opaques, bottes à talons pas trop hauts, sac à main et mallette de cuir noir. Delphine est élégante mais pas au point d'en être impressionnante. Son look est très étudié, très travaillé, imite assez bien la simplicité. Elle travaille dans une boutique de cosmétiques des quartiers chics de la capitale et vit en banlieue. Elle ressemble à sa clientèle mais pas trop, assez pour leur inspirer confiance, pas assez pour rivaliser, ce qui les rassure.
Delphine prend soin de sa clientèle, des femmes riches et inquiètes à l'idée de vieillir. C'est bien normal, pense t-elle, après tout c'est presque un travail à temps complet pour ces femmes d'être belle et de le rester.
Delphine aime parler de la couleur des vernis, des rouges à lèvres, mais ce qu'elle préfère c'est la parfumerie. C'est dans ce rayon qu'elle excelle, il y flotte une odeur de secret qu'elle seule détient.
Delphine se parfume, mais personne ne le sait, c'est un parfum discret qui accompagne et qui ne couvre pas. Elle sent bon et l'on croirait que c'est naturel. Elle sait assez bien avoir l'air naturel alors que tout est soigneusement étudié. C'est peut être ça qu'elle aime le plus, s'embellir dans le secret, tricher avec science.
Delphine a de très beaux yeux verts, qu'elle sait mettre en valeur. Un regard doux de jeune fille en fleurs ou perce parfois une étincelle d'espièglerie. Des pommettes très saillantes, des fossettes quand elle sourit, de jolies lèvres ourlées, naturellement celles-ci. Elle ressemble à ces filles qu'on voit dans les magazines de mode, mais en petite. Elle est toute petite.
Delphine a un petit bouton rouge sur le bout du nez ce qui la range définitivement du côté des humaines.
Ce soir, Delphine rentre du travail comme tous les soirs en prenant le métro. Elle croise les bras et s'endort la tête légèrement penchée sur son épaule comme une petite fille qui se niche. Dans cet abandon de demi sommeil, elle ressemble plus à la tristesse qu'à la beauté, malgré tous ses soins. Assis à côté d'elle, un homme de belle carrure, à l'air rigoureux, l'observe du coin de l'œil.
vendredi 14 mai 2010
Par Luce le vendredi 14 mai 2010, 17:31 - Histoire triste
La maison brûle. Papa est parti faire la guerre quelque part au delà du désert. ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu. Je ne suis pas sûre de me souvenir de son visage. Maman est allongée par terre, sur le dos. Il y a une tache rouge, sur son front, qui coule. La tache pénètre dans le sable en y dessinant un lion.
Je m'appelle Cali, je porte mon petit frère sur mon dos.
La maison brûle, il faut partir, maman. Maman pleure et ne se lève pas. Je m'approche. Maman respire encore, elle n'est pas morte. Je sais ce que c'est la mort, je l'ai déjà vu quand ils sont venus pour prendre mon frère, le grand. Je me souviens très bien du sourire qu'ils ont dessiné sur sa gorge et du rire écarlate qui a jailli sur nos corps. Maman pleure et ne se lève pas, il faut partir maman.
Je marche dans le désert, mon petit frère sur mon dos. On m'a dit qu'en allant tout droit vers le soleil couchant je trouverai des gens, de la nourriture et de l'eau. Alors je marche en portant mon petit frère sur mon dos. Maman est resté la bas, avec la tache rouge qui dessine le lion. Part, marche, je te suis, bientôt... Je marche depuis longtemps maintenant, je ne veux pas me retourner, je pense que maman est derrière et qu'elle va nous rattraper. Si je me retourne c'est que je ne crois pas, si je ne crois pas, je jette le mauvais sort sur nos vies. Je marche dans le désert, mon petit frère sur mon dos.
Il y a eu la nuit, puis le jour, puis la nuit, puis le jour, quand j'ai vu le premier homme. J'ai eu peur d'abord, mais il a souri, il m'a donné de l'eau pour mon petit frère. Mon petit frère est presque mort de faim et de soif mais un autre homme est venu. Il a dit que mon petit frère est très fort, et qu'il va vivre. Il a dit aussi que je suis très courageuse. J'ai posé mon petit frère pour qu'il le soigne puis j'ai mangé, j'ai bu, j'ai dormi. Maintenant je veille mon petit frère et j'attends maman. Il y a eu le jour, puis la nuit, puis le jour, puis la nuit, puis le jour quand on m'a dit qu'elle ne viendrait pas, mais je ne les ai pas cru, depuis j'attends.
Il y a des hommes et des femmes blancs ici. Il parle de chez eux. Je les ai entendu parler de la neige. Ils disent que ça leur manque. Neige, c'est peut être le nom de leur maman.
Maman ne vient pas, maman doit être morte là bas.
Mon petit frère s'accroche de toutes ses forces à mon dos maintenant. Il va bien, il sourit, les hommes et les femmes blancs l'aiment bien. Moi je ne souri pas. Un homme blanc m'a parlé hier, à moi, dans les yeux. Il a dit qu'on allait m'emmener chez eux. Là bas il y a une maman et un papa qui m'attendent, il a dit. J'ai déjà un papa, même si maman est morte. Mais il dit qu'on ne sait pas où est mon papa. Il a promis qu'on resterai ensemble, mon petit frère et moi. J'ai dit "une Maman neige" ... Il a sourit. Ici, il y a des hommes et des femmes blancs qui font des promesses, je les crois, si je ne les crois pas je jette le mauvais sort sur nos vies...
à suivre un jour peut être. Texte écrit en décembre 2007
mardi 11 mai 2010
Par Luce le mardi 11 mai 2010, 17:52 - personnages
La cinquantaine, trait tiré vers le bas, regard d'eau trouble, tempe grisonnante, coupe de cheveux propre, écharpe rayée, imperméable beige, sacoche en cuir noir, paire de lunettes rectangle transparent qui encadre son regard, branches noires, Serge à quelques chose de Lino Ventura. Il fait penser à un inspecteur de police, pourrait jouer Maigret.
Quand Serge lève les yeux au ciel, on a envie de pleurer. Il est beau, pas de façon évidente, mais tout de même. Une beauté rigoureuse, un peu antipathique, non, bourru. Il en a vu de l'humanité et pas des plus jolis.
Serge a de larges mains, des doigts courts, il porte une alliance à la main gauche. Ce qui est étrange c'est son regard. Dans toute cette rigueur, il a un regard d'agneaux. On le croirait toujours au bord des larmes. Il consulte son agenda et jette parfois un regard furtif par dessus ses lunettes. Il guette les mouvements autour de lui. Parfois il oscille la tête de gauche à droite comme pour dire non à ses pensées. Il se ronge l'ongle du pouce droit, geste de tout petit garçon chez cet homme qui incarne tant l'adulte. Il pose sa tête dans sa main, le coude sur sa sacoche en cuir noir.
Serge est une falaise abrupte pleine de failles.