lundi 26 novembre 2018

Ce que je fais

Le cœur de mon travail c’est l’harmonisation des trois niveaux de conscience : physique/émotionnel/psychique.
Accompagner les personnes afin qu’elles trouvent leur cohérence intérieure, leur unité.
C’est à partir de ce travail que le stress, et tout ces dérivés (burn out), peuvent être prévenu et non pas géré, que l’affirmation de soi peut devenir une posture juste pour soi et respectueuse de l’autre.

Pour accompagner ce travail sur soi, j’utilise différents outils :
- La danse et l’expression corporelle pour éveiller le sensoriel et la conscience du corps, ce qui ouvre la porte à la conscience de l’émotionnel.

- L’approche sensorielle qui permet de « digérer » l’émotion par un travail de respiration consciente.

- Le théâtre et le chant pour travailler l’affirmation de soi dans le respect de l’autre, ce qui consiste à interroger le « je » par le « jeu », en apprenant à être connecté à ses trois niveaux de conscience.

Je propose ces accompagnements soit en individuel, soit en groupe lors de stages.

Les bénéfices :
- Une sérénité intérieure qui permet de se positionner face aux autres en toute tranquillité.
- Une capacité à écouter les signes avant coureur de stress et des outils pour désamorcer.

- Une meilleure prise en compte de ses besoins et une écoute des besoins d’autrui plus juste.

- Une plus grande bienveillance vis à vis de soi et des autres
.
- Un épanouissement de ses potentiels.
- Une énergie positive intérieure source d’action
- Une meilleure cohérence intérieure entre ses besoins, ses valeurs, son éthique avec ses responsabilités, ses choix, ses prises de décisions

J’accompagne : - Des particuliers qui désirent surmonter des blocages, mieux se connaître, s’affirmer au sein d’une équipe, prendre la parole en publique, oser une action, se lancer un défi, changer de métier/déménager/divorcer, traverser un deuil.
Des équipes (professionnelle ou familiale) qui souhaitent mieux fonctionner ensemble, mieux se comprendre, mieux communiquer, améliorer leur dynamique de groupe et la créativité collective.
Des professionnels de l’encadrement, de l’accompagnement, du soin qui désirent travailler sur leur posture ; qui ont besoin d’un espace pour exprimer et digérer leurs émotions, prendre en compte leur stress et des outils pour le prévenir.

dimanche 23 septembre 2018

Le coaching c'est quoi ?

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Image venant de ma formation à Espace Transition

Le coaching, ou l'accompagnement qu'est-ce que c'est ?
C'est, pour commencer, la relation accompagnant/accompagné qui travaille. Elle permet à l'accompagné de faire le chemin vers la découverte de ses freins et de ses potentiels, de prendre conscience de ses ressources et de ses solutions afin qu'il puisse réaliser un saut "qualitatif" dans sa vie.

Accompagner, c'est être dans l'accueil inconditionnel. C'est accepter que l'on a des préjugés, les reconnaître comme tels, s'en détacher pour entendre et accueillir la parole de l'autre, accepter que c'est lui qui sait. L'accompagnant n'est pas le sachant, c'est une question de juste posture. Ce que l'on croit savoir, croit sentir, croit deviner, etc, a besoin d'être vérifié et ne peut être asséné comme vérité. La justesse ne peut être que dans la résonance et l'harmonie de la relation.
Accompagner, c'est aussi être dans une pleine présence. Être en mesure de porter une triple attention, à l'autre, à soi, à la relation.
Cela demande également une acuité des sens, de l'intuition, de l'analyse, et particulièrement une pertinence des questionnements. La question est accompagnante parce qu'elle ouvre des horizons nouveaux.
C'est enfin, avoir une bonne connaissance des outils, ils sont nombreux, les choisir et se les approprier, être créatif.

Pour ma part, je suis souvent guidée par cette phrase : " Parler et agir en mon âme et conscience". Je prends le temps d'interroger mes intuitions, d’élucider qui parle en moi avant de parler à l'autre.

Quand j'évoque cette nouvelle facette de mon métier, j’entends souvent : " Oui, vous êtes une sorte de psy". Pour beaucoup, travail sur soi est égal à travail psychothérapeutique. Mais c'est la méthode qui diffère.

 Dans l'accompagnement, on travaille vers un objectif défini par l'accompagné. Il vient avec une demande que nous l'aidons à clarifier.

Ensuite, le nombre de séances, leurs durées sont déterminés au début du contrat que nous signons. Ce dernier est une obligation de moyens, pas de résultat. Le résultat est toujours entre les mains de l'accompagné.
C'est la prise de conscience des freins et des ressources de la personne qui est au cœur de cet accompagnement et non la cause de ces freins.
Enfin, le coaching, c'est aussi permettre une mise en action.
Personnellement, je suis convaincue que la psychothérapie et le coaching sont des approches très complémentaires.

La frontière entre le thérapeute et l'accompagnant peut sembler parfois floue, en tout cas mouvante. L'accompagnant n'est pas un thérapeute, mais la qualité de la relation peut être thérapeutique.

Je suis donc aujourd'hui coach ou accompagnante (le choix des mots concernent celui qui les reçoit). Je reçois des personnes en individuel pour les accompagner sur des objectifs très variés. Cela peut concerner :
- Leur travail actuel (une gestion de conflit, une difficulté à trouver/prendre sa place) comme un accompagnement dans la réalisation d'un projet.
- Dans un champ plus personnel ; digérer un évènement, être accompagné dans un changement de vie subi ou désiré (un deuil, un divorce, une perte d'emploi, ou encore un déménagement, un départ à la retraite).
- Dans un cadre familial ; travailler les relations inter-familiales.
- La gestion du stress, la prise de parole en publique, l'affirmation de soi, l'estime de soi.

Ce qui fait ma spécificité, ce n'est pas le type d'objectifs pour lesquels des personnes me contactent mais ma façon d'aborder cet accompagnement.
Je mets au service de ce processus ce que j'ai appris de mes expériences artistiques, notamment théâtrales.
Se connaître, se surprendre, s'assumer, s'exprimer, s'affirmer : tout cela, l'outil théâtre peut y contribuer. Le premier bénéfice, c'est la confiance en soi.
Jouer avec l'autre qui est en soi, c'est ouvrir sa créativité, c'est découvrir l’inconnu intérieur, l'accueillir, l'accepter, l'assumer et devenir pleinement soi. Le chemin qui se trace passe par la conscience de soi, de son corps, de sa voix, de ses sensations, de ses émotions.

Au delà de mon parcours théâtral, il y a aussi celle que je suis, mon histoire et le travail que j'ai fait sur moi. Tout cela peut aujourd'hui être mis au service de l'accompagnement. C'est parce que j'ai traversé certaines tempêtes que je sais qu'elles sont traversables, que je suis en mesure de les accueillir sereinement chez l'autre.
Dans notre jargon, on appelle cela la "contenance". Une émotion, pour être traversée, a besoin d'être autorisée à s'exprimer, être accueillie, et contenue par celui qui la reçoit pour que celui qui l'éprouve puisse à son tour s'autoriser à la ressentir, à l'exprimer, à l'accueillir et la digérer. La "contenance" c'est l'espace de sécurité.
L’émotion est aussi une sensation physique. Là encore le chemin passe par le corps et la respiration consciente.

Le jeu de rôle, l'expression corporelle, l'approche émotionnelle et sensorielle, la pleine conscience, sont mes outils de prédilections.

J'organise également des stages pour des approches collectives de travail sur soi. Le prochain aura lieu les 24 et 25 novembre. Vous trouverez les détails à ce sujet dans ce billet.

samedi 22 septembre 2018

Stage : Les Fruits de la conscience, travail intérieur par le théâtre

Semer une graine de conscience de soi c’est voir germer un brin de confiance en soi.

Les 24 et 25 novembre 2018 à Tours.
Maximum 8 personnes, minimum 4 personnes

Rendez-vous en terre inconnue ; vous même.

Le théâtre est un voyage possible au cœur de votre mystère. Il peut vous permettre de vous comprendre, de vous surprendre, de vous dépasser, de vous réconcilier avec vous même.

Jouer avec le corps, la voix, les autres, se projeter dans un personnage, c’est découvrir des parts de soi insoupçonnées, porter attention à ses sensations, explorer ses émotions, les accueillir, les traverser, les digérer, les sublimer.

Comme tout voyage, revenir changé car davantage soi même.

Ce stage s’adresse à toute personne qui désire travailler sur le "je" par le jeu, la voix, le corps, les sens, les émotions, éveiller l’inconnu en elle, lieu de toutes les potentialités, dans un espace temps contenant. 


Avant la ressource il y a la source

Le déroulé du stage :
10h sur 2 jours (samedi-dimanche) :
10h - 13h, pause méridienne, 14h - 16h


Jour 1
Matin : 
Accueil, rencontre, présentations, temps de paroles partagées et d’écoute.
 Approche de la respiration de pleine présence. Partage.
Mise en action du corps, danse libre, expression corporelle.

Après midi : Jeux de réactivation du corps et de recentrage
Jeux d’improvisations à partir de situations concrètes amenées par les stagiaires.
Temps de paroles partagées, retour sur l’expérience.

Jour 2
Matin : Accueil, centration, temps de paroles partagées et d’écoute, possible retour sur les impressions qui restent de la veille.
Jeu théâtraux divers. Exister, s’exprimer, s’affirmer, s’assumer. Accueil et traversée des émotions.

Après midi : Jeux de réactivation du corps et recentrage
Jeux d’improvisations en fonction des besoins exprimés le matin.
Temps de paroles partagées et d’écoutes, retour sur expérience.
Temps pour se dire au revoir.


Tarif : 200 euros 


mercredi 13 septembre 2017

Résumé et construction du récit "Elle ma compagne"

Résumé

Lucie, une femme, trente ans environ
Francis, un homme, cinquante ans environ
Ils se rencontrent, se découvrent, tombent amoureux
Ils ont une petite fille
La vie…
Quand surgit la tragédie
La maladie : cancer du poumon
Il va mourir
Elle l’accompagne, c’est sa compagne
Ce pourrait être « Orphée et Eurydice »
Mais c’est « Lucie et Francis »
« Elle et lui »
N’importe lesquels d’entre nous
Ce ne sont pas des héros
Ce n’est que la vie et l’un de ses accidents
Mais Ils ont en eux l’Amour
Cette humaine capacité à la sublimation

La construction du récit

Le récit se fait en trois actes. Un acte pour l’amour, un pour la maladie, un pour le deuil. Chacun de ces actes a son propre rythme d’écriture.



L’acte 1 : C’est l’acte fondateur de ce couple, leur rencontre. Comment s’éprennent t-ils l’un de l’autre ? Leurs premiers émois, leurs premiers doutes, leurs premiers accords. Tout ce qui va constituer la musique de leur amour.

Francis : Je parle de toi.

Lucie : Je parle de toi, tout le temps, oui, je fais ça, c'est plus fort que moi. Je t'embrasse.... plein... Beaucoup... Partout... Serre-moi dans tes bras.

Francis : Je te caresse partout dans mes pensées.

Lucie : Hum encore, tes mains, ta bouche, et cette façon que tu as de me regarder, j'ai tout emmené !
Francis ?
Je t'ai dit que j'aimais ton prénom?
J'aime ton prénom... Il est doux, il te va bien...
Je te fais plein de bisous dans le cou, sur ta bouche, je m'emmêle à toi, je te happe, je…

Francis : Je fonds, je me liquéfie, je te saute dessus sauvagement ! Tu me dé-chaînes ! J'ai hâte de toi.

Lucie : Je te dé-chaîne et je te lis, je te dé-lie et je te mets au lit et plus vite que ça !
Francis ?
Mes premières, mes dernières, mes permanentes pensées sont pour toi.
Francis ?
Je te regarde et je te trouve beau.

Francis : L'amour est aveugle ?

Lucie : L'amour éclaire au contraire, je te vois mieux que quiconque, et tu es beau...

Francis : Je t'aime

Lucie : Je t'aime... Infiniment.

Francis : Je t’encage de mes bras.

Lucie : Pourvu que la cage reste ouverte, tu me verras toujours y revenir.

Francis : J’ai un vieux refrain qui me revient en pensant à toi, je n’ai changé que le prénom.

« Lucie, ma belle, ma douce, ma jolie!
Je chante pour elle et pour elle je vis!
Elle est tendre et sauvage, elle est comme un torrent
Qui me berce au rivage, qui m'entraîne en riant.
Elle est douce, elle est tendre, et moi, je l'aimerai
Cent mille ans et trois jours, jusqu'à la Saint Jamais!
Et tant pis si demain je meurs au point du jour:
J'aurai vécu près d'elle plus de mille ans d’amour! »

Lucie : Mon réel
Je voulais te dire merci.
Mon réel,
Mot étrangement tendre, vrai, palpable, touchable, atteignable, étreignable.
Tu m'offres ce que d'autres promettent.
Mon réel,
Je n'ai pas de mot plus doux, plus fort, plus amoureux que celui-là.
Mon réel,
Tu ne sais pas encore, d'où je viens, d'où je reviens.
Je regardais de ce côté, de ton côté depuis longtemps mais je ne te voyais pas.
J'ai cru que tu ne viendrais jamais, je me trompais, nous étions là déjà depuis longtemps.
J'étais impatiente et tenace, j'ai mis du temps à renoncer, je croyais en mourir.
Je suis morte finalement, d'épuisement.
J'ai fait le deuil de l'image de toi, j'ai tué le fantasme de toi, j'ai renoncé au rêve de toi.
C'est alors que j'ai pu te voir,
Mon réel,
Te voir toi, mon imparfait aux rêves de perfection.
C'est alors que j'ai pu t'aimer toi,
Mon réel...
Oui, pas de mot plus amoureux que celui-là...

Francis : Ton réel ! Tu exagères... Et après tu t'étonnes que je te traite de sorcière…



L’acte 2 : C’est la maladie. Il a un cancer du poumon. Il raconte, de façon concrète, avec détail, ce qu’il traverse. Il est le conteur et le compteur du temps qu’il leur reste. Elle est la conteuse et la compteuse d’émotions. D’une manière qui leur est propre, ils forment ensemble le récit de la lutte, de la traversée d’un océan de souffrance et d’amour.

Francis :
01/07/11
Je sors de chez le spécialiste.
Diagnostic : j'ai un cancer du poumon.
La tumeur fait environ 7 cm de diamètre.
Elle est située en haut du poumon droit.

Mon IRM du cerveau a révélé deux petites boules suspectes.
Dans ce cas-là, on oublie la chirurgie, on commence par la chimiothérapie.
Ensuite, on fait une combinaison radio-chirurgie/chimiothérapie.
La première séance de chimiothérapie devrait avoir lieu vers le 20 juillet.
Après c'est toutes les trois semaines. Une séance c'est deux nuits à l'hôpital.
Il semble qu'il n'y ait pas d'effet indésirable majeur sauf parfois des nausées. Mais ils prescrivent un anti nauséeux efficace.
J'ai aussi des vitamines à prendre, une en comprimé, une par piqure...
Bon, là, la grande aventure commence !

Lucie :
Je voudrais mettre des mots là, sur ce que je traverse.
Maintenant.
Des mots pour libérer l'émotion
Dénouer les nœuds
Des mots écrits
Et cri
Des mots pour remplir le blanc silence.
Mais bouche cousue
Regard perdu vers la fenêtre
Ma fille dort à côté
Mon Il est au travail
Je me sens ... assommée
Mon Il a un cancer
Mon Il en parle
Pas un secret
Mon Il a un cancer donc
Bouh, le vilain mot, tabou
Je veux être très forte à ses côtés
Je ne veux pas me laisser prendre par la peur
Je ne veux pas lui faire subir ma peur
Mais j'ai peur

Je veux me marier avec lui
Il dit : « Tu as besoin de sécurité »
Possible
Je veux lui dire : « Je suis là, pour le meilleur et pour le pire"
Lui dire devant témoin



Francis : " La fin de la phrase c'est jusqu'à ce que la mort nous sépare"

Lucie : Oui
Mon Il veut m'épouser que s'il est mourant
Il veut me mettre à l'abri
Je ne veux pas épouser un mourant, c'est glauque
Maintenant
Connaître la date de la première chimio
Passer à l'action
Organiser
Planifier
Agir
Et ne pas penser
Laisser la vie, la joie, prendre leur place à l'intérieur de cette histoire-là

Francis : Voilà, rendez-vous est pris pour la chimio : le jeudi 21 juillet à 14h.
La seule question vraiment importante, maintenant, c'est "Est-ce qu'il y aura le wifi dans ma chambre ?

Lucie : Espèce de geek, mon amour ... Tu as réussi à me faire rire…

(Danse)

L’acte 3 : C’est le deuil. C’est comme un long poème épique, un élan permanent. Elle sombre et se relève sans cesse, la vie et l’amour en elle s’habillent de « à jamais », de « pour toujours ». Elle est dans son éternité…

Mon amour
Je veux rire
Être légère et court vêtue
Je m'imagine ainsi
Je t'imagine aussi
A mes côtés
Amusé de mes tours
Mon Amour
Dans mon imagination tu me souris toujours
Même quand je suis triste
Tu es mon compagnon, toujours
Celui qui m'aime et me laisse vivre ma vie
Toujours.
Mon amour
J’écris notre histoire
Vivante
Je suis partie seule sur une île
Mon Il
Quand je n'écris pas
Je vais regarder l'océan
Je te jure que je ris
Mes larmes c’est le vent
Ma liberté, la vie

J’ouvre les yeux
Jamais, je n’ai été seule
Tous ces autres à qui tenir la main
Je n’étais pas seule à faire le chemin
Ton absence
Me rendait aveugle à leur présence
Mais sans ces mains tendues
Tenues
Je me serais noyée ?
J’ouvre les yeux

mardi 12 septembre 2017

La rentrée.

Il serait temps peut être de mettre à jour ce blog. Alors des nouvelles de la rentrée:

Je continue d'animer les ateliers d'option Théâtre au lycée de Marmoutier pour la compagnie l'Arc électrique. Je vais retrouver des élèves de seconde et première. J'aime beaucoup animer ces ateliers, j'entame déjà ma cinquième année. ça passe vite. Pas encore décidé des thèmes abordés, j'attends de rencontrer les élèves.

Je vais, pour la deuxième fois, intervenir à l'association Résoudre de Joué les tours. Ida Tesla de la compagnie Pih Poh m'a demandée de la remplacer sur la session du premier trimestre. J'interviens auprès d'étrangers désirant passer un diplôme qui valide leur connaissance de la langue française. J'avais beaucoup aimé l'expérience il y a deux ans. Beaucoup de belles rencontres, des histoires fortes.

Nouveauté cette année, L'IUT de journalisme de Tours m'a demandé deux interventions auprès d'un groupe d'étudiants qui s'intéresse plus particulièrement à la radio. J'ai hâte de commencer.

Voilà pour le premier trimestre pédagogique.

Côté création, je suis en attente de plusieurs réponses pour d'éventuelles collaboration sur mon projet "Elle ma compagne". Mais ce projet ça vaudrait un billet à part entière. Tiens d'ailleurs, je devrais peut être faire ça cette semaine.

Bonne nouvelle, nous avons une résidence de création au mois de mai dans la salle Thélème de la fac de Tours.

Enfin, je commence au mois d'octobre une formation "coach professionnel". Mais qu'est ce donc me direz-vous ? ça aussi, ça vaudra un billet en soi. Et même surement une catégorie de plusieurs billets tout au long de ma formation.

C'est une belle rentrée.

vendredi 17 janvier 2014

C'est quoi ce travail ?

"C'est quoi ce travail ?", c'est le titre du spectacle qui aura lieu le Mardi 21 Janvier 2014 à l'espace Malraux à Joué les Tours. C'est le résultat d'un travail fait avec la compagnie l'Arc-Electrique, la compagnie Pih-Poh, le centre social de la Rabière et le collège de la Rabière.

Je suis intervenue au centre sociale et au collège pour animer des ateliers d'écritures autour du thème du travail. Les textes produits par les participants seront lut, jouer et exposé par eux lors de ce spectacle. En voici quelques extraits :

Josette : Rembarreur de rembarreurs

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Rembarreuse de rembarreurs

- Qu’est ce que c’est ?

- Si j’entends une personne qui dit du mal d’une autre personne, je la rembarre.

- Et tu travailles ou ?

- Oh, ben partout ! Sur les marchés, dans la rue, tout les lieux publics.

- Mais, à quoi ça sert ?

- Ça sert à faire taire les imbéciles.

- Oh ! trop bien ! Mais comment tu fais ? Tu m’apprends ?

- Ça ne s’apprend pas, on nait avec.

- Mince ! Bon, comment tu fais, toi ?

- Je ne sais pas. C’est plus fort que moi. Je ne sais pas comment ça marche, mais ça marche.

- Raconte nous une fois où tu as rembarré quelqu’un.

- Par exemple, au marché, une personne, mal élevée touche à tout, les fromages, les œufs, les poulets… Je lui dis : « Faut pas toucher madame, c’est défendu ! c’est pas bon pour l’hygiène ! » ça ne lui plait pas. Elle commence à m’engueuler ! Elle dit : « Je fais ce que je veux, si ça vous plait pas c’est pareil ! » Et puis elle m’insulte ! Alors là ! La colère me prend ! Je lui dis : « Si vous n’êtes pas contente, allez voir ailleurs ! »

- C’est tout ? ça a l’air facile.

- Ce n’est pas si facile d’être franche, on peut toujours y perdre quelque chose.

- Et vous êtes plusieurs à être rembarreur de rembarreur ?

- Peut être, mais ils ne sont pas tous aussi doué que moi !



Yvonne Ange gardien

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Ange Gardien

- Ah bon ?

- Oui

- Comment ça marche ?

- Comme ça (elle claque des doigts)

- Et alors qu’est ce qu’il se passe ?

- Et ben, imagine. C’est un peu le bordel quelque part. J’arrive, je fais clac ! Et la personne qui rentre chez elle, elle dit « Mais qu’est ce que c’est bien rangé ! »

- C’est Tout ? Tu fais que ça ?

- Ben non hein. Quelqu’un perd son travail, je fais clac et il en trouve un. Quelqu’un se casse une jambe, je fais clac et c’est réparé. Une personne vole dans un magasin, je fais clac et c’est remis en place. Je peux faire à manger, faire les courses, tout les trucs chiants qui prennent du temps, je fais clac et hop c’est fait. Par contre, si une personne vient me voir parce que … Elle en a marre de son mari qui rouspète après elle… Par exemple, je lui dit « Je ne peux pas me mêler de ces affaires là, c’est très délicat les affaires de cœur ».

- Alors, qu’est ce que tu fais pour elle ?

- Je lui dis d’envoyer son mari chez « l’amour de cœur »

- Et si le mari ne veut pas ?

- Je claque des doigts et il obéit !



Dominique L’amour de cœur

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Amour de Cœur

- Wow ! c’est quoi ?

- Je donne un cœur à ceux qui n’en ont pas, je répare les cœurs brisés, je redonne de la vie au cœur racorni ou desséché…

- Comment fais tu ?

- Alors … Juste un regard !

- T’es trop fort ! Un regard suffit ? Qu’est ce qu’il a de spécial ce regard ?

- Il a un secret.

- Quel est ce secret ?

- Il a une puissance d’humanité.

- Une puissance d’humanité ? Tu peux nous expliquer ?

- Je rencontre une personne dure, qui n’a pas de cœur, par exemple. La première chose que je fais c’est de dialoguer pour comprendre.

- Comprendre quoi ?

- La blessure d’origine.

- Et ensuite que fais tu ?

- Je parle avec elle et pendant qu’on parle, avec mon regard, je lui transmets de la tendresse, de la compréhension, de l’amour, de l’empathie, de la compassion, du respect, bref, tout ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité.

- Est ce que tu peux enseigner ton regard d’humanité ?

- Je ne peux pas vraiment l’enseigner, mais cela s’apprend quand même.

- Comment ?

- On apprend en faisant.



Christiane Empêcheur de vieillir

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Empêcheuse de vieillir

- Comment fais tu ?

- Je sors ma baguette magique.

- Que fais tu avec ta baguette magique ?

- Je regarde dans les yeux et je dis « garde ta jeunesse éternelle »

- Et c’est tout ?

- Ah ! J’ai ma formule secrète aussi !

- Allez, dis nous !

- Non, je ne peux pas, c’est secret !

- Mais, tu es la seule à la connaître ?

- Oui.

- Et si tu meurs, personne ne pourra plus jamais faire empêcheur de vieillir ?

- Si ! Je transmettrais !

- A qui ?

- Je ne sais pas encore !

- Dis … Est ce que tu rends les gens immortels ?

- Non ! Il meurt jeune et en bonne santé !



Jacqueline Ralentisseuse de vie.

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Ralentisseuse de vie.

- Pourquoi fais tu cela ?

- Parce que la vie va trop vite !

- Comment fais tu ?

- J’ai une pendule qui va moins vite.

- Comment elle fait pour aller moins vite ?

- Les secondes durent plus longtemps.

- Est ce que c’est vraiment utile ?

- Oui, très utile ! Quand on a plus de temps on peut faire plus de choses. On a plus le temps de partager, on a plus de temps pour ses amis, on a plus de temps pour réaliser ses rêves.

- Et vous êtes nombreux à faire ce métier ?

- Non je suis seule ! Mon horloge règle le temps de tout le monde.

- Mais alors ? Pourquoi y a t-il des gens qui trouvent que ça va quand même trop vite ?

- Parce qu’on n’est jamais content ! On en veut toujours plus !

- Et alors, qu’est ce que tu fais pour ceux qui en veulent plus ?

- Je ralentis encore.

- Jusqu’à ce qu’on s’arrête ?

- Non ! Si on s’arrête, on meurt. Il faut trouver l’équilibre.



Marie Hélène Distributeur de gratuité

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis distributrice de gratuité ?

- Comment fais tu ?

- J’ai un orgue de Barbarie. Au lieu que ce soit de la musique qui sorte, ce sont des baisers, des câlins, des cœurs, des bouquets de fleurs, des rayons de soleil …

- Mais tu distribues du bonheur ?

- Attend je n’ai pas fini de t’expliquer !

- Pardon, je t’écoute. Comment ça marche ?

- Avec ce que je leur donne, les gens peuvent, selon leurs besoins, aller échanger avec d’autres.

- On peut échanger un bisou contre du pain ?

- Oui.

- Un sourire contre un chapeau ?

- Oui.

- Un câlin contre un vélo ?

- Pourquoi pas.

- Un rayon de soleil contre de l’eau ?

- Oui

- Une chanson pour se faire soigner ?

- Oui

- Une danse contre un toit ?

- Oui, oui, oui ! On peut échanger tout ce qu’on veut contre un peu d’amour et de bonheur.

- Ah ouais ! Trop fort ! trop beau ! ça fait super envie. Vous êtes nombreux à faire ça ?

- On commence oui. On est de plus en plus, c’est un métier d’avenir. Parce que maintenant, c’est ça qu’il faut faire.

- Tu peux nous donner quelque chose maintenant pour échanger ?

- Quoi ?

- Un rêve !



Christine La bonne étoile

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Bonne étoile

- Qu’est ce que c’est ?

- Je suis l’espoir. Je suis ce à quoi on s’accroche quand la vie est difficile.

- A quoi ça sert ?

- Ça sert à tenir bon.

- Comment fait on appel à toi ?

- En lisant, en priant, en rêvant…

- Hum… Je penserais à toi quand se sera difficile pour moi.

- Je serais une petite lumière qui brille dans ton ciel. Tu me verras bien.

- Tu veux bien être ma bonne étoile alors ? Oh merci !

- La tienne, et celle de tous ceux qui souffrent…



Morgan Ventilateur de querelle de famille.

- Que fais tu ?

- Je suis ventilateur de querelle de famille.

- Comment ça ?

- Je disperse les querelles, j’aère le monde.

- Comment fais tu ?

- Je me remplis d’air et je souffle très fort.

- Sur quoi souffles tu ?

- Je souffle sur les rancœurs. Parfois, dans les familles, il y a des vieilles histoires pourries qui remontent à la surface, ça sent mauvais comme une pièce qui n’aurait jamais été aérée. Alors je souffle un bon coup et j’aère les cœurs.

- Comment arrives tu à avoir un tel souffle ?

- Je vais à la piscine pour m’entrainer deux fois par semaine. J’ai été 8 fois champion de souffle ! Quand j’éternue, ça déménage !



Emilie Chasseur de violence

- Que fais tu ?

- Je suis chasseresse de violence.

- Comment fais tu ?

- Je fais de la médiation, du dialogue.

- Et que dis tu alors ?

- D’abord j’essaie de comprendre

- Comprendre quoi ?

- D’où vient cette violence !

- Et elle vient d’où ?

- Ça dépend. D’un malentendu le plus souvent, mais parfois d’un abandon, d’une injustice, d’une rupture sentimentale ou d’un énorme chagrin, de la peur, surtout la peur de la différence, d’une indignation, du mépris, d’une trahison…

- Oh là ! Tout ça, ça peut faire de la violence ?

- Et beaucoup d’autres choses encore.

- Bon, et quand tu as compris que fais tu ?

- Je leur explique que la violence ne sert à rien.

- C’est tout ? ça marche pas souvent ça.

- Alors j’appelle le messager de paix.

- Que fait il ?

- Il fait parler chacun jusqu’à ce qu’ils s’écoutent, se comprennent, et acceptent de faire la paix.

- Et ça, ça marche ?

- Souvent oui.

- Et quand ça ne marche pas ?

- Alors, je sors ma boîte à douceurs. Quand je l’ouvre, c’est comme si j’ouvrais la porte des cœurs et la paix vient s’y glisser.



Mado Semeur de révolte

- Que fais tu ?

- Je suis semeuse de révolte

- Comment fais tu ?

- Je dis à ceux qui se plaignent, qu’il ne faut pas se laisser abattre, qu’il faut retrousser ses manches ?

- Pour quoi faire ?

- Pour se battre, défendre ses idées, lutter contre toutes les injustices.

- Quel est ton outil ?

- La discussion.

- A quoi ça sert ?

- A changer le monde !

- Est ce que vous êtes nombreux ?

- Oui, car l’union fait la force.

- Mais est ce que vous êtes assez nombreux ?

- On n’est jamais assez nombreux pour réveiller le monde.

- Vous embauchez alors ?

- Oui pas de problème.

- Qui ? Je veux dire, faut quoi comme qualité pour faire ça ?

- Faut en vouloir, faut chercher à savoir, faut pas être timide, faut avoir du courage et surtout, il faut y croire.



Natacha D.U.T.R

- Que fais tu ?

- Je suis D.U.T.R

- Qu’est ce que c’est que ça ?

- Donneur universel de travail rémunéré.

- Wow ! Comment fais tu ?

- Je crée, j’invente des métiers, pour que chaque personne trouve celui qui lui convient. Par exemple, j’ai inventé le « rembarreur de rembarreurs » ou le « semeur de révolte » ou encore « le chasseur de violence » …

- C’est toi qui a inventé tout ça ? Mais comment fais tu ?

- Je fais appel à mon imagination.

- Et il y en a d’autre des D.U.T.R ?

- Il y en a plusieurs. Plus on est nombreux, plus notre imagination est riche, plus il y a de nouveaux métiers et moins il y a de gens sans travail.

- Pourquoi fais tu cela ?

- Tu sais, avant, on avait une carrière toute tracée, qu’on pouvait faire toute sa vie. Maintenant, c’est difficile de trouver du travail, de le garder. C’est pour ça que nous en inventons tout le temps.

- Pour qui fais tu cela ?

- Pour tout le monde, mais surtout pour la jeunesse.

- Pourquoi ?

- Parce que la jeunesse est notre promesse.



Patrick Guide

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis guide.

- De quoi ?

- De voyage dans le passé.

- Pour quoi faire ?

- Pour refaire faire ce qui n’a pas fonctionné.

- Quoi par exemple ?

- Si un mec a dragué une nana et qu’il s’est pris un râteau, je l’emmène dans le passé pour qu’il voit, qu’il comprenne et qu’il corrige ce qui n’a pas marché.

- Comment fais tu pour les aider à faire tout ça ?

- Je leur fais rejouer la scène autant de fois que nécessaire pour que ça marche.

- Et alors… ça marche ?

- Parfois, faut qu’il revienne plusieurs fois.

- Comment fais tu pour les emmener dans le passé ?

- J’ai construit un ascenseur. Les boutons correspondent aux dates. Il suffit de monter dedans et de choisir la bonne.

- Qui emmènes tu dans le passé ?

- Ceux qui me le demande.

- A quoi ça sert finalement tout ça ?

- A effacer les regrets, à être plus heureux.



Maryline Découvreur de nouveau monde.

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis découvreuse de nouveau monde.

- Qu’est ce que c’est ?

- Je vais visiter des gens dans des villages ou personne ne va jamais. Ils m’offrent généreusement l’hospitalité. Ils me racontent leur façon de vivre, leur quotidien. Moi en échange, je leur rends de petits services.

- Quels genres de services ?

- Travailler aux champs, traire le bétail, je participe aux tâches ménagères…

- Que fais tu de tout ce que tu apprends ?

- Je raconte mes voyages quand je rentre.

- A qui ?

- A tout le monde ! Le plus de monde possible en tout cas.

- Et comment fais tu ?

- Je fais des livres, des films, des spectacles !

- Mais à quoi ça sert ?

- A faire découvrir une vie plus simple, plus saine, plus humaine. Parce que chez nous, c’est plutôt l’indifférence. La peur de l’autre nous pousse à l’ignorer. En racontant je lutte contre l’ignorance et donc contre la peur et l’indifférence.




Ghilaisne Accepteur de différences

- Que fais tu ?

- Je suis Accepteur de différences

- A quoi ça sert ?

- Je permets de mettre tout le monde à égalité.

- Comment fais tu ?

- Je change le regard, afin que l’on voie tout le monde de la même façon.

- Comment change tu le regard ?

- En permettant de faire connaissance. Je crée des lieux de rencontre, d’échange, de partage afin que chacun comprennent que nous sommes tous égaux dans notre humanité.

- Quelles sont les choses qui rendent égaux ?

- Les émotions que nous vivons sont universelles.

- Vous êtes plusieurs à faire ce métier ?

- Oui ! on est nombreux sur cette planète, c’est pas le travail qui manque.

- Quelles qualités faut il pour être accepteur de différences ?

- Déjà, il faut bien se connaître soi-même, et s’accepter tel que l’on est. Ensuite on va vers les autres, on les accompagne dans leur démarche pour qu’il fasse de même. Et enfin, il reste à vivre ensemble en paix avec soi-même et avec les autres.

- Mais si on est tous pareil, on va pas s’ennuyer ?

- Mais le but n’est pas d’être tous pareils ! Mais d’accepter qu’on soit tous différents.

dimanche 10 février 2013

La soupe aux cailloux

Extrait première version scène 1 de l'adaptation d'un conte vieux comme le monde. Projet spectacle pour enfant pour la compagnie Jeden.

La soupe aux cailloux

Scène 1 :

Le voyageur :

chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Il continue à chantonner sa chanson de moins en moins fort jusqu'à ce qu'il voit le village

Le voyageur : Oh, un village ! Des cheminées qui fument ! Ça sent bon ! On me donnera bien un peu de pain, un bol de soupe ! Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une femme ouvre : Qui c'est ? Qu'est ce que vous voulez ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

La femme lui claque la porte au nez

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin … Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Rien ne se passe, personne n'ouvre.

Le voyageur : J'entends des pas, il y a quelqu'un derrière cette porte. Pourquoi on m'ouvre pas ?

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une voix off : Partez ! Partez ! Nous n'avons rien à vous donner !

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin... Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Un homme ouvre : Qu'est ce que tu veux, loqueteux ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

L'homme : Va t'en ! Ici on n'aime pas beaucoup les gens qui viennent de loin !

Il lui claque la porte au nez

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin … Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Pas de réponse

Le voyageur : Personne cette fois-ci. Bon, il ne reste que celle là. La dernière du village, tout au bout du chemin.

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une femme ouvre : Il veut quoi ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes …

la femme : C'est bon, pas besoin de chansons ! Parle clair et vite, pas qu'ça à faire moi !

Le voyageur : Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

La femme : Mais qu'est ce qui croit ? Qu'on est riche ? Déjà pas assez à manger pour moi alors pour lui ! Quand on est sur les chemins comme toi on se débrouille ! L'a qu'à manger de la soupe aux cailloux !

Et elle lui claque la porte au nez ! Le voyageur s'assoit pour réfléchir.

Le voyageur :

Chanson :
l'a qu'à manger de la soupe au cailloux
c'est tout, c'est tout
quand on n'a pas un sou !
l'a qu'à manger de la soupe au cailloux

Le voyageur : Ramassant un joli cailloux au sol
Et ben, elle croit pas si bien dire ! Je m'en vais faire une bonne soupe aux cailloux !

Chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Permettez à un pauvre voyageur qui a vu tant de monde, qui a dansé tant de rondes, d'avoir au moins une marmite avec un peu d'eau, et une place sur le feu, pour faire cuire son cailloux.

La femme ouvre la porte : C'est qu'il a l'air sérieux ! C'est un fou ! Et bien voyons, suis curieuse de savoir comment qu'il va la faire sa soupe aux cailloux. Allez entre !

vendredi 15 juin 2012

La ronde

Hier soir mes élèves ont joué leur dernière de "La Ronde". En les regardant jouer chacun, je me disais "wow, quelle liberté ils ont gagné, quel plaisir ils ont de jouer". Et mon petit cœur de prof en a ressenti une grande fierté. L'année prochaine je pars m'installer à Tours et les abandonne, mais ils n'ont plus besoin de moi. Ils ont acquis l'essentiel, le reste ils l'apprendront au fur et à mesure de leurs expériences.

Isabelle dans le rôle de la fille. Belle et touchante dans son personnage, elle a laissé sa carapace dans les coulisses et nous a montré sa délicate fragilité. Elle était très belle, dans tous les sens du terme.

Adrien dans le rôle du curé. Le cadet de l'équipe, passe son bac scientifique cette année. J'espère pour lui que des jeunes filles l'ont vu jouer parce que la première chose qui m'a frappé quand la lumière s'est allumée c'est " wow, comme il est beau!". Il y a quelques années, je revois cet adolescent du haut de ses quinze ans, débarqué parmi les grands, un peu timide et un peu maladroit, et je le regarde aujourd'hui, jeune homme devenu, une grande présence, une grande intelligence. Il a de l'avenir le petit ;-)

Pierre dans le rôle du soldat. Il m'a impressionné. Il s'est surpassé. J'étais très heureuse de le voir oser, s'amuser. Je le remercie de ce joli cadeau. Pierre est une personne d'une grande justesse dans son jeu, mais jusqu'à présent il manquait toujours d'une forme d'assurance qui lui permette de se dépasser. Hier soir ce fût chose faite. Mission accomplie ;-)

Anne Charlotte : Deux rôles à assurer. La femme de Chambre et la comédienne. Dans le premier, jeune fille fraiche, avec son joli accent du sud, dans le second femme fatale. J'ai un message personnel à lui adresser. "Tu es définitivement une femme magnifique, tu ne peux plus en douter et tu as assuré grave hier. Je te donne rendez vous un de ces jours pour madame de Merteuil." Anne Charlotte, c'est le genre d'élève qui assure toujours, qui ne fait jamais d'histoire, qui accepte ce qu'on lui confie, qui ne râle pas quand elle est frustrée d'avoir un rôle moins important. Qui est toujours prête à relever les défis et qui ne se défile pas devant la difficulté. Très réactive et réceptive dans le travail. Le bonheur d'une prof de théâtre quoi. Alors, un jour, elle aura confiance en elle, et ce jour là, je vous le dit elle va tout exploser.

Florian dans le rôle du jeune homme : Ah Florian ! Il été tellement bon hier soir ! J'ai pas vu de différence avec un pro. Que de progrès réalisés en deux ans de travail. Quel parcours quand on y songe. Il s'est révélé cette année. C'était un pur plaisir de le voir s'amuser et d'entendre le public rire. L'année prochaine, si tu continue le théâtre Flo, va te frotter au drame, histoire de te lancer un nouveau défi. Parce que la comédie, tu sais la jouer maintenant !

Hélène dans le rôle de la jeune femme : Elle n'a jamais été aussi juste, précise, présente qu'hier soir. C'était un vrai aboutissement de la voir, exactement telle que je l'avais imaginé quand je lui ai confié le rôle en début d'année, et même un peu delà. Son visage si expressif au service de son personnage, la qualité de son écoute avec ses partenaires, c’était très bon. La scène avec Florian était vraiment très très réussi et comme nous savons d'ou nous sommes partis, c'est encore plus beau de la voir aboutir.

Philippe dans le rôle du mari. En voilà un qui s'est fait plaisir au maximum. il s'est installé dans rôle, genre, ici c'est chez moi, je décide. Son rôle est sans doute le plus ingrat, parce que le plus bavard et le plus antipathique, mais il nous a fait profité de chaque mot, de chaque horreur prononcé par ce personnage odieux, il faut bien le dire, et nous avons bien rit. Alors un grand bravo Monsieur.

Magali dans le rôle de la grisette: Des Progrès fulgurants, une grande justesse de jeu, un sens comique incroyable, une expressivité hilarante, une énergie de feu, une grande exigence de travail, chapeau bas, mademoiselle. Quand je regarde en arrière je suis impressionnée par le chemin fulgurant que tu as fait en deux ans. Tu as une formidable présence.

Gabriel dans le rôle de l'homme de lettre: Mon Louis Jouvet. Là encore en deux ans, quel chemin ! Quelle liberté dans le jeu ! et quelle voix il a ce Gabriel ! Bravo ! Bravo ! bravo ! Que dire d'autres !

Freddy dans le rôle du conte. Que de nuances dans ce rôle et dans son jeu ! C'était très difficile et c'est devenu facile en le regardant jouer hier. La scène le transforme, le transcende. Bravo !

A tous encore bravo et encore merci pour cette année, qui ne fût pas facile pour moi à d'autres égards et que vous avez allégé bien souvent de votre bonne humeur, de votre énergie, de votre motivation. Je n'oublierai jamais ce travail, ni aucun de vous. Et j'espère vous retrouver au hasard ou pas de la vie pour d'autres aventures théâtrale. à Bientôt.

dimanche 3 juin 2012

Mademoiselle Julie à L'odéon

J'ai vu "Mademoiselle Julie" de Strinberg à l'odéon.

Un beau décor, une belle mise en scène intelligente, de bons acteurs, mais que m'a t-il manqué ? Ah oui, voilà, l'émotion. Oui, c'est cela sans doute, et je crois même que c'est voulu. ça me fait pensé à Céline, une vision de l'humanité médiocre, qui ne crée aucune empathie avec aucun des personnages. On les regarde, c'est comme de lire les déboire de Paris Hilton dans un magasine de papier glacé dans la salle d'attente de chez le médecin, je m'en fout.

C'est surement très juste par rapport à ce qu'à voulu l'auteur, c'est surement très réussi. Mais je suis déçue. Il faut dire que j'ai joué "Mademoiselle Julie" il y a quelques années, que je me suis battue pour comprendre, pour entrer en empathie avec elle, que nous en avions fait un personnage de chair, de sang, de désir, de destruction, de désir de destruction, que mon Monsieur Jean et sa Christine était des personnages tournés vers la vie, avec ses arrangements, ses mesquineries, ses petits combats, mais portés par leur pulsion de vie, tandis que Mademoiselle Julie n'était porté que par sa pulsion de mort. Qu'elle faisait tout pour empêcher la vie d'arriver, tout pour se faire croire quelle subissait une inertie qu'elle créait. C'est humain ça, ça vaut le coup de s'y intéresser, ça vaut le coup d'en être touché.

Enfin, avec Juliette Binoche dans le rôle titre, j'espérais être épatée, j'espérais prendre ma leçon, j'espérais avoir une révélation sur ce rôle qui m'a donné tant de fil à retordre. Avec Juliette Binoche, il y avait de quoi déchirer. Mais hélas ce ne fût pas le cas. C'est une excellente actrice. Oui mais ...

Au début je me suis dit "ah c'est chouette, j'aime le décor, j'aime cette boite toute blanche, ces grandes baies vitrées, ces gens qui dansent au fond, cette cuisine moderne. Puis je me suis dit "ah les voies des acteurs soutenue par les micros pour passé au dessus de la musique, ça met à distance. Bon on est au cinéma là, pas au théâtre. Et puis j'ai oublié, parce que ça joue tout de même. Une sorte d'hypnose opère sur la première partie. Puis le temps passe et rien ne monte, je me suis dit " tiens on en est là, bon, dommage je n'ai rien ressenti sur ce passage là" et puis le temps passe et on reste froid, et le suicide de Mademoiselle Julie, au final, on s'en fout...

Ils ont surement raison. C'est surement très intelligent, peut être trop intelligent. Je ne me suis pas ennuyée mais j'ai quitté la salle avec cette impression de "bon et alors ?" Décidément, j'attends autre chose du théâtre.

lundi 14 mai 2012

La Ronde D'Arthur Schnitzler

laronde-1.jpg

La petite troupe d'amateur que j'ai le plaisir de faire travailler cette année va se produire les 11, 12 Juin à 19h et les 13, 14 Juin à 21h au passage vers les étoiles, 17 cité Joly, 75011 Paris

Ils vont jouer: La Ronde d'Athur Schnitzler

La ronde c'est celle du désir qui nous entraine. Les personnages se cherchent entre plaisir et culpabilité et nous entrainent dans une ronde de situations drôles souvent, pathétiques parfois. Du curé à la prostitué, c'est aussi une ronde de personnages qui défilent, des archétypes mais pas des caricatures. L'écriture d'Athur Schnitzler est sans pitié, coriace, vive. Dans cette adaptation, les acteurs jouent le jeu de cette ronde aussi affolante qu'affriolante et c'est jubilatoire.

Les réservations sont accessibles sur billetreduc.com au tarif préférentiel de 8 euro. Sinon, le jour J sur place c'est 10 euro. (le prix des places a été conçue pour nous permettre de rentrer dans les frais de location de la salle)

Je suis très heureuse de ce travail que nous avons effectué ensemble cette année. C'est toujours extrêmement agréable de travailler avec des amateurs aussi passionnés, aussi engagés, aussi sérieux dans leur pratique théâtrale. Cela nous donne un spectacle charmant, drôle, tonique. Un bon moment de théâtre, vivant comme il se doit.

mardi 13 mars 2012

Déménagement

Voilà, c'est officiel. Je change de région. Je m'en vais à Tours à partir de l'été 2012. Je suis donc à la recherche de contacts professionnels dans le milieu théâtrale de la région centre. Je souhaite pouvoir reprendre là-bas mon activité de professeur d'art dramatique et vivre d'autres aventures théâtrales.

La région centre à une très bonne réputation culturelle, j'espère m'y intégrer sans trop de difficultés.

Je m’intéresse de près également à une formation d'art thérapie. Je devrais effectuer (en fonction des places disponibles) fin avril, une journée d'information, pré-sélection, dans le cadre de l'afratapem, école d'art thérapie à Tours.

Pour autant je garde mes contacts parisiens. Si je ne peux plus enseigner régulièrement toute l'année à Paris, je pourrai sans doute y proposer des stages. Par ailleurs, je suis dans deux spectacles qui devraient avoir des dates à Paris la saison prochaine.

Sinon, l'avenir proche c'est la préparation des spectacles de fin d'année. Cette année encore, la barre est placée bien haut. J'attends encore un peu avant de vous en faire le détail.

Nous avons une semaine de création prévue en avril pour le spectacle très jeune public, que j'ai écrit pour la compagnie Jeden. Je vais avoir le grand plaisir de retrouver Aneta Szynkiel à la mise en scène, d'avoir Sarah Vernette pour partenaire, et mon très cher ami Toups Bebey qui va encore une fois composer la musique sur mes textes. Nous ne sommes pas encore décidé sur le titre du spectacle. Il y est question du temps qui passe.

Un avenir bien rempli avec quelques belles promesses.

lundi 24 octobre 2011

"Celle qui se bat comme un homme... Andromaque" revient

Auteur : Jean Racine Adaptation et mise en scène : Véronique ESSAKA- DE KERPEL Interprète-Luce COLMANT, Musicien-Ludovic GOMA

Centre Culturel Mathis 75019 Paris, le samedi 26 novembre à 20h

jeudi 8 septembre 2011

Et bientôt la rentrée théâtrale ...

Je reprend les cours de théâtre la semaine prochaine au conservatoire et j'ai cette année la joie d'animer une petite troupe d'amateurs de 12 personnes avec laquelle nous allons créer "La Ronde" de Schnitzler.
D'ailleurs à ce propos je recherche une salle de spectacle à louer pour 4 représentations entre le 15 juin et le 30 juin 2012. Si vous avez des idées, des contacts, merci de me les donner en laissant un commentaire sur ce billet.

J'ai hâte de commencer, de retrouver mes élèves et la troupe d'amateurs.

Sinon, cet été j'ai bien travaillé, j'ai fini d'écrire le spectacle pour enfant que nous créerons cette année (je l'espère).

Une nouvelle année professionnelle qui commence et qui laisse entrevoir de belles aventures...

Une autre rentrée littéraire

femmeluce2
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lundi 25 juillet 2011

Il est publié !

femmeluce2

Mon premier Roman est édité chez numerik:)livres; Il est disponible ici

mercredi 20 juillet 2011

Emissions France inter

Je participe à une émission sur le thème de "la lettre" sur France inter, le lundi 25 juillet de 12h à 13h.

Je serais accompagnée en plateau de Sébastien Richez, historien au Comité pour l'histoire de la Poste, Anne Rotenberg, metteur en scène et programmatrice du festival de la correspondance de Grignan ainsi que de Franck, un écrivain de lettres (privées) très prolixe, qui a des anecdotes très amusantes à raconter.

J'ai été contacté suite à la publication de mon Roman épistolaire.

dimanche 3 juillet 2011

Débrief stage juillet : Jour 2

Deuxième jour :

Échauffements dynamiques. Je leur demande de courir d’un bout à l’autre de l’espace principal en criant, tout en prêtant attention de ne pas s’égosiller. Ensuite nous faisons un travail sur le bassin. Exercice difficile à décrire, je le pratique souvent. Il permet à l’acteur de sentir son centre.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Puis je les laisse de nouveau travailler seuls avec la consigne de retrouver les traces du travail de la veille et de commencer à réfléchir à la suite de leur texte qui n’a pas encore été travaillé. Je passe voir chacun en insistant chaque fois sur les outils techniques, respiration, placement du corps, point d’appui etc.

Nous commençons le travail individualisé avec Thierry. J’ai remarqué au filage de la veille que s’il a bien intégré les intentions du personnage, il reste flou dans son corps et que cela nuit à la justesse de son jeu. Nous travaillons donc essentiellement sur la précision du corps. A quel moment je regarde ici et à quel moment je regarde là et pourquoi. Qu’est ce que cela change sur mon intention ? Sont les questions que nous posons et auxquelles nous tâchons répondre.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Je travaille ensuite avec kim. Elle veux parvenir à craquer, c'est-à-dire à ressentir et à faire ressentir l’émotion très intense du personnage. C’est maintenant que je la pousse dans cette direction. J’aborde ce travail de façon physique, presque jamais psychologique. C’est dans le mouvement du corps, dans sa résistance, dans la tension et le relâchement que l’émotion se trouve et se transmet. L’imagination, c'est-à-dire la capacité de s’imaginer dans la situation proposée, est indispensable mais n’est pas l’élément primordial. Si le corps ne vibre pas comme il doit vibrer, l’imagination reste impuissante à créer ce qu’elle doit. De plus, passer par le corps, c’est dédramatiser l’enjeu. Finalement tout cela est un processus physique et n’atteint pas l’intégrité psychique, cela rassure et permet d’accepter de se laisser traverser par ces émotions que nous mettons tant d’ardeur à combattre dans nos existences réelles.

Concrètement je lui demande de dire un passage de son texte alors que j’ai la main posée sur son ventre. Je lui dis « repousse ma main, ne cherche pas à pousser par tes épaules, cherche dans le bassin » Petit à petit j’accentue la pression jusqu’à ce que cela devienne une sorte de bataille, son ventre contre ma main, son poids contre ma pression. Et l’émotion monte et la submerge. Elle veux s’arrêter, je lui dit « non !, ne renonce pas, c’est maintenant ou jamais, continue ! Respire maintenant à fond et relâche, relâche, relâche… » Nous sommes tous très émus, à la fois par le personnage qui prend vie de façon magnifique devant nous et à la fois par Kim qui traverse cela pour la première fois. A la fin de son texte qu’elle parvient à dire jusqu’au bout, elle pleure encore un peu et sourit fièrement en même temps. Je la prends dans mes bras, c’est un geste spontané, naturel. Les autres stagiaires applaudissent. C’est un beau moment.

Stage Juillet Nice, thème le défi

J’observe que Laure est très émue par ce qu’elle vient de voir. J’en profite pour travailler tout de suite avec elle, afin qu’elle parvienne à utiliser cela. Et de la même façon qu’avec Kim, je la pousse dans la bataille et obtient le même résultat. Preuve s’il en est que c’est bien dans le corps que l’émotion se passe. Laure est comme libérée, elle fait même de très belles propositions de jeu. C’est comme si elle grandissait d’un seul coup.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Après toutes ces émotions nous déjeunons.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Je reprends le travail avec Chloé. Nous cherchons beaucoup, tâtonnons, reprenons, encore et encore. Chloé à besoin de comprendre pour suivre. Mais cette compréhension peut passer par le ressenti. Elle dit souvent « ah oui, je comprends » ou « oui, mais je comprends pas en fait ce que tu veux dire ». Certains comédiens disent « je le sens » ou « je ne le sens pas », elle, elle dit « je comprends ». Nous continuons le travail sur le déséquilibre, sur la résistance du corps, jusqu'au moment clé : quand je lui dis qu’elle peut crier, juste crier, au lieu de crier son texte, qu’elle peut le respirer comme elle veut, puis dire son texte entre ces cris de façon plus douce, plus précise. Et ç'est le déclic. J’ai le sentiment que c’est là qu’elle rentre pleinement dans l’histoire de son personnage, que l’identification devient crédible. Elle finit son texte, je n’ai plus rien à dire, il n’y a plus qu’à laisser filer, à peine parfois Je lui fais des signes, quelques gestes, qu’elle capte sans sortir du personnage.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Après cela nous sommes tous bouleversés et il nous faut une pause pour nous remettre de nos émotions, pour dire un peu au revoir au personnage bouleversant d’Anna. Nous ne pouvons, ni Claire, ni moi enchainer sur Madame de Merteuil. Pause café donc.

Je propose à Claire un petit jeu. Je lui demande, tout en disant son texte, d’aller de l’un à l’autre avec l’intention de séduire. Je lui dis « amuse toi à être une femme fatale, c’est très amusant tu verras. Ne te regarde pas, ne te pose pas la question de ta crédibilité, on s’en fout, juste autorise toi à t’amuser » Elle se prête au jeu, bon gré, mal gré, en riant, en s’arrêtant parfois puis en reprenant. Quand nous retravaillons sur le texte, elle est plus légère, plus subtile, plus dedans. Claire doute toujours d’elle-même, cela fait partie de son caractère, mais cela ne l’empêche pas d’avancer car elle fait avec ce doute et essaie toujours. Si bien qu’elle y arrive toujours. Je n’ai jamais vu Claire bloquée, fermée, elle ne sait pas combien c’est la clé de l’acteur, rester ouvert à la possibilité.

Stage Juillet Nice, thème le défi

De nouveau je les laisse travailler seuls, à la recherche de l’intégration du travail accompli, papillonnant toujours de l’un à l’autre, rappelant certaines consignes.

Nous finissons par un filage qui prend la forme d’un spectacle itinérant dans le centre culturel de la providence. Je laisse la parole aux stagiaires dans les commentaires de ce billet pour parler de leur sentiment sur cette finalité. Personnellement, quand j’en suis là dans le travail, je m’attache aux réussites, à cette foule de petits ou grands progrès accomplis. J’aime que ceux qui se sont investis partent avec le cœur satisfait du travail bien fait. Eux, sont souvent plus sévères vis-à-vis d’eux même, souvent injustes, ils veulent tant ! Alors il me semble juste de leur rappeler qu’ils ont parcouru un sacré chemin et que ce n’est pas le temps de la frustration mais au contraire de la célébration.

samedi 2 juillet 2011

Débrief stage juillet : Jour 1

En recevant les textes choisis par chacun des stagiaires, je pressentais déjà que ce stage serait sous le signe de l’intensité. Nous avions rendez vous avec Hermione (Racine), Madame de Merteuil (Choderlos de Laclos), Une femme Juive (Brecht), Anna Politkovskaïa, et le marin de Gibraltar (Duras). Des univers très différents, tous porteurs d’une intensité exceptionnelle.

Premier jour :

Rendez vous donné sur le lieu, Centre culturel de la providence, ancienne église rénovée du vieux Nice. Un espace magnifique que j’ai l’intention d’utiliser pleinement.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Nous commençons par un échauffement tout en douceur, voix, respiration, concentration. Puis je les invite à déambuler dans cette chapelle, tout en commençant à dire leur texte, chacun pour soi, je leur laisse visiter l’espace. Progressivement je les incite à choisir un espace plus particulier qui deviendra le décor de leur travail. Hermione (Laure) travaille sur et autour de l’autel, Anna (Chloé ), choisit des escaliers qui descendent vers une cave, Madame de Merteuil (Claire) investit un espace entre deux piliers, dont le centre est occupé par trois chaises et au dessus duquel trône un lustre aux nombreuses pampilles, Une femme Juive (Kim) décide d’habiter une alcôve, le marin de Gibraltar (Thierry), en voyageur, se déplace du balcon ou se trouvait l’orgue, à l’alcôve. Aucun d’entre eux ne choisit la scène. C’est quasiment toujours le cas quand on fait ce type d’exercices, comme la nécessité d’aller explorer autre chose. Une fois leur choix fixé, je les laisse travailler, habiter cet espace comme ils en ont envie, je papillonne de l’un à l’autre, je donne des indices, des bribes de pistes, je veux les laisser le plus possible à la proposition, maître d’œuvre de leur propre défi. En allant de l’un à l’autre, une émotion me saisit. Ce lieu est tellement beau, voir ces acteurs du jour, l’investir à quelque chose de magique.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Au bout d’un moment je propose de travailler avec chacun d’entre eux, à leur tour. Je commence avec Hermione, avec Laure donc. Laure est celle qui a le moins d’expérience. Elle a été mon élève à Paris durant une année, depuis, elle est partie vers d’autres aventures, mais nous gardons le contact, notamment à l’occasion des stages. C’est le type de personnes qui gagne à être connue, elle est pleine d’agréables surprises.

Je sais, parce qu’elle me l’a dit, que son défi, c’est de parvenir à lâcher prise. Je ne veux pas lui laisser de répit, je préfère la cueillir à chaud, ne pas lui laisser le temps de penser, de se comparer, de s’analyser. La consigne est de jouer son texte entièrement et de suivre ses envies, son feeling pour habiter l’espace de son choix, pour se mettre en scène. Je remarque qu’elle a choisit le lieu le moins neutre qui soit. L’autel nous situe indéniablement dans l’église, l’autel ici devient le lieu des prières d’Hermione mais aussi le lieu ou son amant va épouser sa rivale. Au fond, il est surmonté d’une sculpture de la vierge, immense. La première difficulté c’est donc de ne pas être écrasée par son décor. Il faut l’habiter et l’utiliser pour se grandir au contraire, pour atteindre l’intensité requise. Après sa première prestation nous commençons à travailler. Je lui indique ma perception du rôle et l’invite à passer du recueillement à la supplique, de la fragilité à la puissance, je lui propose des images, un début de mise en scène, mais je ne pousse rien, ce n’est pas encore le moment. Là c’est le temps de l’apprivoisement. Le stagiaire apprivoise son texte, son espace, j’apprivoise le stagiaire.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Ensuite je travaille avec Chloé, je la connais bien, elle a été pendant cinq années mon élève quand j’enseignais à Nice. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à travailler avec elle. Chloé est une belle fille qui ne se la raconte pas, elle est franche. Elle a une belle présence sur scène.

Elle a choisi l’extrait d’un livre écrit par une journaliste Russe morte assassinée depuis. Elle y parle de l’inhumanité de la guerre en Tchétchénie notamment. C’est un texte bouleversant, violent.

Chloé est un peu perdue dans son escalier, elle sent qu’il y a quelque chose à faire sans trop parvenir à savoir quoi. Nous reprenons. Je lui indique que l’escalier symbolise de façon presque immédiate la descente aux enfers. Ainsi, la guerre, l’horreur est tout en bas. Nous, en haut nous sommes les représentants d’une vie normale, elle dans l’escalier, elle est la journaliste qui fait la charnière entre ces deux mondes. De là, tout s’éclaire. J’axe le travaille sur le corps. Avec son expérience, Chloé parle juste, je n’ai pas grand-chose à lui dire quand à son phrasé, mais elle intellectualise, garde à distance, c’est le corps qui va lui permettre d’accéder au vivant, à l’émotion. L’escalier est le lieu du déséquilibre possible, nous jouons avec ça. Là encore je ne pousse pas, je la laisse s’habituer, intégrer, prendre possession.

Stage Juillet Nice, thème le défi

J’enchaîne avec Claire qui à été trois ans mon élève à Nice. C’est une personne attachante, d’une grande humilité qui reflète un manque de confiance en elle. Belle jeune femme, émouvante et drôle, elle a fait une magnifique « yoyo » dans un air de famille qui a laissé un souvenir indélébile à tous ceux qui l’ont vu. Travailler madame de Merteuil c’est l’inciter à avoir confiance dans sa féminité, sa sensualité, sa séduction, c’est découvrir qu’elle peut jouer la femme fatale aussi bien que la femme enfant. Je remarque la position de ses mains qui reflète la sage jeune femme qu’elle est habituée à jouer. Je lui montre beaucoup, elle rougit parfois, elle rit beaucoup, nous rions de concert. Elle avance tout doucement sur le chemin de la sensualité et elle ne sait pas combien elle est magnifique.

Stage Juillet Nice, thème le défi

C’est l’heure de la pause déjeuné, chacun va s’acheter de quoi manger, nous nous retrouvons sur le parvis. On échange sur nos impressions, sur notre joie à nous retrouver. Les stagiaires ne se connaissent pas tous entre eux, mais je connais assez bien chacun d’entre eux, si bien que je me sens presque en famille. Petit café pour certain, cigarette pour d’autres, puis c’est l’heure de reprendre le travail.

Après un échauffement court et dynamique, je travaille avec Thierry. Je l’ai connu alors qu’il était élève dans un de mes cours. Il était alors débutant. L’année suivante je partais à Paris et je n’ai donc pas eu l’occasion de retravailler avec lui. Thierry est discret et attentif, très concentré dans le travail. Il arrive au stage avec un texte sublime de Marguerite Duras qui lui tient à cœur, « Le marin de Gibraltar ». Je ne connaissais pas cette œuvre, je la découvre par lui.

Sa première proposition est … « Durassienne » C'est-à-dire qu’il connait si bien cette œuvre qu’il se laisse happer par elle, son respect l’empêche finalement d’y mettre la vie qui y palpite. Nous travaillons donc à cela. Chaque fois que je lui dis, ou montre, ce qui pourrait être, je vois son visage s’éclairer. J’aime ces moments ou je parviens à me faire entendre, comme une évidence. De la gravité nous accédons petit à petit à la légèreté, à la vie contenue (dans les deux sens du terme), dans le texte de Duras.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Je finis cette session de travaille avec Kim. Comme Chloé, Kim a travaillé avec moi pendant cinq ans. Elle était complètement débutante quand je l’ai connue. Dans la vie, elle a l’air toujours à l’aise, avenante, chaleureuse. Sur scène, elle se révèle pudique, rougissante. C’est toujours drôle et touchant à voir. Son défi ressemble à celui de Laure, lâché prise. Elle a choisi un texte très dramatique parce que jusqu’à présent, elle n’a eu l’occasion que de travailler sur des choses plutôt légères. Avec elle, je place le texte dans sa respiration, pour commencer. La respiration c’est souvent la clé de l’émotion. On pense que l’on doit penser à des choses terribles, on pense. Je me souviens de ma propre prof de théâtre qui me disait « ne pensez pas mademoiselle ». C’est vrai, il ne faut pas penser, il ne faut pas vouloir. Se concentrer sur sa respiration c’est rendre son corps disponible pour la traversée. L’émotion est une chose qui nous traverse, toujours. Comme pour les autres, je laisse les choses se mettre en place doucement.

Stage Juillet Nice, thème le défi

Après ce travail, je les laisse à nouveau travailler seuls. Je les laisse retrouver les traces du travail, se les approprier. Je passe de l’un à l’autre, redonne quelques indications ici ou là. Par exemple, des astuces techniques pour Laure afin qu’elle ne se demande plus comment elle doit faire pour tomber au sol. Puis nous finissons la journée par un filage de chaque texte. C’est l’occasion de vérifier que le travail de la journée a bien été intégré.

Il reste un quart d’heure que nous consacrons au bilan, ou chacun échange sur ses impressions. Nous avons eu plaisir à nous retrouver pour ce travail. Nous nous quittons fatigués et contents. Je suis contente, de faire le constat qu’ils ont évolué depuis nos derniers travaux ensemble, de me rendre compte que je les connais bien mais que ça n’empêche jamais qu’ils me surprennent. Et aussi, bien sur, d’avoir senti leur plaisir à me retrouver. A demain.

lundi 27 juin 2011

Dialogue d'auteur

Numerik:)livres à organisé un échange sous forme de dialogue à distance entre deux auteurs, Pierre Cinq-Mars (dont je vous recommande la lecture de son recueil de nouvelle, "l'homme est un mâle comme les autres") et moi même. Nous nous sommes prêtés au jeu des questions-réponses et cela à donné ceci. Expérience enrichissante, que ce partage sur les coulisses de l'écriture...

jeudi 23 juin 2011

De beaux lendemains

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Je suis allée voir "De beaux lendemains", invitée par ma sœur. Elle avait oublié ce qu'elle avait lu lors de sa réservation, près d'un an plus tôt, nous ne savions donc à quoi nous attendre. En nous installant dans ce théâtre que j'aime tant, nous avons lu le programme. J'avoue qu'une petite peur d’ennuis m'a saisi. Déjà le thème du deuil, des enfants tués dans un accident d'autocar, moi dès qu'on touche au enfants je suis une fontaine de larmes surtout depuis que je suis maman moi même. On nous annonce un spectacle ultra minimaliste ou les acteurs, au nombre de quatre, tour à tour sont seuls face à un micro, soutenu par un pianiste en fond, par petite touche musicale, le tout dans une ambiance glaciale, puisque l'action se passe en plein hiver sur un lac gelé. Et cela durant 1h45. là, on se dit que peut être, à la place, on va aller au restaurant. Mais comme nous sommes courageuses, que nous aimons ce théâtre et sa programmation en générale, que Catherine Hiegel est à l'affiche, on reste et on espère.

Le spectacle commence avec Catherine Hiegel justement qui incarne la conductrice de l'autobus. Dès les premiers mots, je suis happées, par sa présence, par sa voix, par ses silences, par le tremblement de sa jambe, par ses yeux qui se ferment. Je suis témoin de son témoignage et émue et touchée, et saisie. L'épure au théâtre a cette force là, l'acteur prend toute la place et quand il le fait avec raffinement, subtilité, sensibilité, retenue et puissance tout à la fois, c'est absolument magique.
Puis est venu Carlo Brandt qui incarne un père qui a perdu ses enfants dans l'accident et qui a été témoin de la scène. La leçon d'acteur continue. Je reste happée par le récit. J'ai la chair de poule de froid, d’effroi, de compassion, d'émotion. Je traverse sa colère, son impuissance, sa fragilité, son humanité. Tout les coups portent au cœur qui se serre et c'est magnifique. Ses mains s'agitent pour dire tout ce que la voix ne peut dire. Tout ce que l'humain retient de peur d'exploser s'échappe par ses mains.
C'est au tour Redjep Mitrovitsa qui incarne l'avocat qui vient défendre les familles des victimes. C'est l’Amérique, il y a toujours procès, on cherche toujours un coupable. Il mène sa propre guerre. Personnage qui pourrait être antipathique mais là encore l'humanité déchiré est trop forte, on est forcé à l'empathie. C'est une des grandes forces de ce texte.Il n'y a pas de méchant, il n'y a que des humains et pourtant la cruauté est là, tendu comme un arc prêt à se rompre. L'acteur est sobre, puissant, retenu.
Vient alors Judith Chemla qui incarne une adolescente rescapée de l'accident et la claque dans la gueule qu'on se prend nous laisse sans voix, saisi, suspendu, meurtri, blessé, révolté. Mais elle nous fait rire aussi, cette jeune fille si lucide et si cynique, mais elle est elle même si légère, comme si tout cela au fond ne comptait pas. C'est joué avec une grande finesse et une grande intelligence et là, la comédienne que je suis se dit :" wow, si jeune et déjà si mure dans son jeu!"

Vous parler aussi du texte sublime du Russel Banks, du piano qui accompagne l'émotion par petite touche de noires et de blanches, par petites touchent de silence. Un piano qui se glisse discrètement dans l'émotion jusqu'à faire partie d'elle, jusqu'à ce qu'on ne le distingue plus, qu'il fasse partie du tout. Le décor nu, juste ce sol, ce lac gelé, les costumes qui portent tous des reste de neiges, tous ces personnages sortis du froid. Le froid et l'allégorie de la mort qui rode. Les lumières qui sculptent cet espace. Tout dans ce spectacle est essentiel, juste l'essentiel. Bravo donc au metteur en scène Emmanuel Meirieu, c'est si rare, de nos jours, un metteur en scène qui s'efface au profit de l’œuvre, si rare et si précieux.

Voilà, 1h45 sont passées comme un rêve, oui, une sorte de rêve glacé. Alors bien sur ce n'est pas un spectacle qui allège le cœur mais il ne l'alourdit pas non plus, il n'est jamais mélodramatique, c'est sa force. Il est digne comme le sont tous ses personnages. C'est ce qui le rend absolument magnifique. Malgré l'horreur des évènements, malgré la destruction des vies qui en découlent, il y a une puissance toute humaine, quelque chose qui me prend aux tripes et qui me fait dire :"ça, c'est du théâtre comme je l'aime!!!"

Texte du programme
Jusqu'au 26 Juin, Théâtres des bouffes du Nord
Du roman de l'auteur américain Russell Banks nous connaissions l'adaptation pour le cinéma du réalisateur canadien Atom Egoyan honoré du Grand prix du festival de Cannes 1997. En choisissant de transposer le livre à la scène, Emmannuel Meirieu ouvre le cadre sur les espaces immaculés d'un immense lac gelé pour l'incarner en quatre monologues et autant de solitudes partagées.

De Beaux Lendemains traite simultanément du psychologique et de l'injustice d'un destin qui confronte parfois à une cruauté que l'on croyait réservée aux plus terribles des contes de l'enfance. Le récit fait oeuvre de consolation en puisant à l'éternel questionnement d'un deuil d'autant plus difficile à faire puisqu'il s'agit, pour cette petite communauté, du groupe de ses 14 enfants disparus d'un seul coup sous les glaces en hiver. Le bouleversant hommage du théâtre à l'un des auteurs les plus important de la littérature contemporaine.

Avec: Carlo Brandt, Judith Chemla, Catherine Hiegel , Redjep Mitrovitsa

Mise en scène, production et adaptation du roman: Emmanuel Meirieu

Assistant à la mise en scène: Loïc Varraut Musique: Raphael Chambouvet Décor et lumière: Seymour Laval Son: François Vatin Conseiller artistique: Géraldine Mercier Avec la participation de: Thibaut Bonnot-Roux Traduction: Christine Leboeuf

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