Le blogue de Luce Colmant

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vendredi 13 juin 2008

Petite annonce : cherche décor pour film

Un ami réalisateur, cherche une maison en île de de France pour servir de décor à son prochain film, moyennant une petite rémunération. Le tournage est prévu à partir du 4 juillet et durera 4 ou 5 jours. Alors si vous êtes intéressé, laissez moi un commentaire, ou envoyez moi un mail, je m'occuperai de vous mettre en relation.

merci

lundi 5 mai 2008

Les premières représentations

Voilà, les trois premières représentations ont eu lieu. Le pièce a reçu un bel accueil. c'est merveilleux.

L'amoureuse : première représentaiton

Je suis comme suspendue dans le temps, un peu absente à l'émotion. Quelque chose en moi ne réalise pas, ou peut être ai je pris du large avec la reconnaissance. Je suis déjà dans l'après, déjà dans l'avenir. Maintenant, il va falloir qu'il tourne ce spectacle. Maintenant que Marie commence à prendre son autonomie, maintenant qu'il ne m'appartient presque plus, il faut qu'il vive encore et encore, jusqu'à s'user.
Juste vous raconter qu'après la seconde représentation, après les applaudissements, les spectateurs sont restés un moment immobiles, comme une difficulté à retourner au réel, comme on reste dans une salle obscure de cinéma pour assister au générique. Personne n'a bougé et ce moment suspendu à été peut être ce que j'ai reçu de plus fort.
Et puis il y a eu les larmes d'une amie, qui tombe dans mes bras, sans mot, juste des gros sanglots de tout mélangés. Et puis d'autres qui ont cru parfois au détour d'un geste, me voir sur scène. Ceux qui me connaissent ont reconnu mon expression, mes flots de mots, ma sensibilité. D'autres qui ne me connaissent pas ce sont retrouvés au détour d'une phrase.

L'amoureuse : première représentaiton

Notre pari est gagné, nous avons fleurté avec l'universelle tout en étant dans le plus intime. Et le spectacle est encore tant perfectible.

Je remercie de tout mon cœur, Marie d'abord, pour cette vie et cette grâce qu'elle donne à mes mots, et puis Toups pour sa merveilleuse musique, Linda pour tout ce qu'elle nous a donné, Hicham pour sa participation au premiers pas, Laurent pour être venu avec nous afin de filmer le spectacle, Alix pour la réalisation de l'affiche, et François, producteur malgré lui mais de tout son cœur. Je mesure la chance et le bonheur d'être entourée de personnes dont la générosité égale le talent et sans qui "l'Amoureuse" ne serait pas ce qu'elle est.

L'amoureuse : première représentaiton

jeudi 1 mai 2008

L'Amoureuse citations

Annonces
Critiques

samedi 19 avril 2008

L'amoureuse suite et pas encore fin...

Nous avons fait notre dernier filage hier. Dernier avant de se retrouver à Nice, dans la salle du théâtre de la Semeuse, pour les répétitions qui vont être essentiellement consacrées à la technique.

Je ne vous raconterais pas tous les rebondissements que nous avons traversé pour ces dernières répétions. Toutes les coulisses ne sont pas à montrer et puis après tout, il est bon de garder un peu de mystère sur la machine à faire rêver ...

Répétition de L'Amoureuse
cliquez sur la photo pour voir l'album

Mais je peux vous dire que nous avons hâte d'y être maintenant. Hâte surtout que la première soit passée, hâte d'être à notre petit resto en terrasse avec les proches à refaire inlassablement la représentation qui viendra d'avoir lieux. Hâte d'avoir des étoiles dans les yeux et dans le cœur, car je ne doute pas qu'elles seront aux rendez vous.

Et puis pas trop hâte en même temps, parce qu'après ça passe si vite qu'on dira: "déjà fini". Parce qu'après il y aura encore du travail à faire, d'autres dates de représentations à trouver, de la vente, de l'administratif et toutes ses choses si réjouissantes, beurk ...

Rendez vous pour ceux qui peuvent les 25, 26, avril à 20h30 et le 27 avril à 15h au Théâtre La Semeuse à Nice. Aux autres, rendez vous un jour dans un autre théâtre ...

jeudi 3 avril 2008

Les premières photos de répétitions de L'amoureuse

Répétition l'amoureuse
cliquez sur la photo pour voir l'album

Marie Teissier

mardi 25 mars 2008

L'amoureuse suite ...

Cela fait un moment que je me dis qu'il faut que je raconte la suite ... Et le temps file ... Notre deuxième semaine à donc eu lieu dans une salle de danse spacieuse... Il est finalement plus difficile que je ne pensais de parler du processus de création. J'ai quelques mots comme des images, pression et contre temps, agressivité, dénouement, apaisement, avancée, surprise, joie, plaisir, concentration, retard, pression encore etc ...

Nous avons donc tout traversé, tout le texte et toutes les émotions et le travail n'est pas fini. Petite bataille avec la comédienne, gestion de l'enjeu, de l'envie de bien faire, recevoir l'agressivité, surtout ne pas tomber dans le panneau, résister, savoir lui dire par hasard mais au bon moment qu'elle se demande trop, qu'elle ne peut pas aller plus vite que la musique, qu'il faut accepter le temps que cela prend, lâcher prise. Être soulagée de la voir pleurer, larmes qui lavent de l'inutile tension, et travailler à nouveau, humblement et sereinement.

Et puis douter aussi, à nouveau, de mon savoir faire, savoir dire, laisser faire, laisser dire ... Être toujours trop directive ou pas assez, jongler avec les besoins du moments, être à l'écoute, tellement, passer à côté du caché évident jusqu'à ce qu'il saute au visage avec violence, et puis trouver, sentir, comprendre, créer.

Et puis savourer l'entente de notre trio, la comédienne Marie, la danseuse Linda et moi même ... Ces moments où cela fusent, ou chacune nourrit l'autre, l'énergie qui circule... Découvrir ce travail du corps qui nous permet d'aller plus vite et plus loin...

Pour enfin présenter cette étape a quelques autres, le compositeur, un ami de la comédienne qui viendra filmer la pièce pendant les représentations, déjà présent avec sa caméra, et puis le directeur de l'espace qui nous accueil. Présentation en l'état, tout traversé et pas fini. S'apercevoir soi même de ce qui manque et de ce qui tient. Avoir peu de retour, besoin de prendre du recul pour tout le monde...

Et puis se quitter content, heureux parce que c'était bon quand même, avec tout, de travailler ensemble. Et puis ne plus y penser, passer à autre chose, oublier tant que je peux pour revenir dans un mois avec un regard neuf ...

Il y aura encore des répétitions au mois d'avril ...

samedi 1 mars 2008

Première semaine

Nous avons traversé quelques déboires d'organisation. Nous pensions pouvoir avoir une salle de répétition pour cette première semaine, mais nous n'avons pu l'obtenir, il était trop tard pour en chercher une autre. Par ailleurs, l'emploi du temps de Hicham s'est avéré beaucoup plus compliqué à allier avec les répétitions que ce que je croyais. Passé les premières secondes de panique "mais comment allons nous donc faire ?" Je me suis souvenue d'une phrase de Caubère qui disait à peu près ceci : "Mes spectacles sont nés de contraintes extérieures et intérieures, je me suis appliqué par la suite, quand ces contraintes ont disparu, à faire comme si elles étaient toujours là, parce que c'est cela qui m'avait poussé à créer le premier spectacle, c'est cela qui a dessiné ma voie"

Me voilà donc au volant de ma voiture, en direction d'un des cours que je donne, à envisager d'autres possibilités, pour créer avec ces contraintes et non pas faire comme si elles n'existaient pas.
Remplacer Hicham? Encore plus compliqué... Créer le spectacle sans la présence du "IL"... Je rappelle que la pièce est un monologue pour une comédienne et que la présence de l'homme était un effet de mise en scène. C'est en me disant cela, "un effet de mise en scène" que j'ai compris le signe qui m'était envoyé. D'abord d'instinct, j'ai senti que c'était plus que la solution, que c'était ce qui devait être. A la détente que j'ai éprouvé instantanément, aux images qui se sont mises à affluer, au souvenir des tensions éprouvé lors des quelques répétitions précédentes. Le corps de cet "IL" que j'avais voulu pour donner plus de crédit au crime, gênait. Cet "IL" qui ne s'exprime qu'à travers cette "ELLE" est une projection d'un homme idéal, parfait et chaque spectateur doit pouvoir s'en faire sa propre projection. Incarner cet "IL", c'est tuer le fantasme, c'est revenir au concret, au réel. Or, ce qui est raconté là, finalement, pourrait se résumer au fait que la quête de l'idéal, le fantasme de la perfection, en amour, mène à la destruction. Le crime commit par cette "ELLE" devient quasi secondaire, le chemin qui la mène au crime est l'essentiel.

Une fois la décision de metteur en scène prise, il faut parler avec la comédienne et le comédien. Entre soulagement et déception leurs cœurs oscillent, mais je suis sur de moi à présent, je vois le spectacle se dessiner clairement.

Le travail s'est donc organisé de façon différente. Le matin nous étions chez Toups Bebey pour travailler sur la musique et les chansons ( il y a 8 chansons chantées par la comédienne ), Linda Gonin s'occupait de préparer physiquement Marie Teissier, tandis que je travaillais sur certains détails avec Toups, puis Marie travaillait les chansons avec Toups, pendant que Linda et moi même préparions les sessions suivantes. L'après midi, nous avons travaillé chez moi. Poussé les meubles, fait de la place, heureusement l'essentiel de la scénographie c'est le lit, facile à reproduire dans un appartement. L'exiguïté du lieu nous a servi pour l'intimité. Marie dit que ma direction d'acteur empêche le comédien de se protéger, il est mis à nu... Je crois que le fait de travailler chez moi a encore accentué cela.

Nous avons bien travaillé. Linda, dans la façon qu'elle a de préparer physiquement Marie, par des clés techniques qu'elle nous donne, nous a fait gagner un temps précieux. C'est pour cela que j'aime travailler avec quelqu'un qui connaît bien les mécanismes du corps. Bien sur, le comédien finit toujours par trouver le chemin, mais parfois cela prend énormément de temps. Là, avec quelques indications simples, elle a pu trouver le chemin directement, du coup, elle a trouvé une grande liberté pour jouer.

La semaine a été efficace et agréable, fatigante aussi bien sur. Pour ma part, je suis heureuse qu'on ait réussi à retrouver le plaisir de travailler, de créer. C'est une qualité de concentration tellement plus efficace que la douleur, la culpabilité ou les tensions qui se trimballent souvent durant un travail de création. Combien de fois ai-je dit à Marie cette semaine de lâcher la pression, combien de fois ai-je dit que ce texte a été écrit pour elle, sur mesure, combien de fois ai-je dit que ces quinze jours de répétitions devaient être une fête pour nous qui aimons tant notre métier et qui nous donnons la chance de l'exercer, même dans la précarité. Quinze jour pour faire ce que nous aimons le plus. Je ne sais pas combien de fois, mais de moins en moins au fur et à mesure que les jours ont passés.

Nous avançons, et c'est pleins d'émotions et de reconnaissance que je vois ce spectacle naître ...

lundi 14 janvier 2008

Reprise des répétitions de L'Amoureuse

Voilà, c'est reparti. cette fois ci, l'équipe est au complet. Les comédiens ont deux à trois heures de préparation physique avec linda Gonin, la danseuse qui m'assiste à la mise en scène. Je suis parfois dedans, parfois dehors, selon que j'ai besoin de les voir bouger ou de sentir les mouvements du corps. Ils réapprennent le mouvement. On rit en disant qu'on travail notre troisième dimension, mais c'est vraiment l'effet que cela nous fait. Marie gagne en densité.

Jusque là je n'avais fait qu'écouter le texte, maintenant je regarde la comédienne. Incroyable comme lorsqu'on efface le petit mouvement de la tête, le micro mouvement, celui qu'on devine à peine mais que l'acteur utilise comme pour ponctuer sa pensée, incroyable comme lorsqu'on l'efface, l'acteur gagne en présence, en puissance. On est bien obligé de constater qu'on ne peut rien dissocier, l'acteur est un tout qui doit tout travailler en même temps dans une intense concentration. Pour le moment elle est dans le " je prend appui dans le sol de toute la plante de mes pieds, quand mon bras se lève le mouvement part du bas du dos, pas de l'épaule" et autres incongruités. Oui, tout réapprendre à chaque fois, gommer le quotidien pour aller à l'essentiel jusqu'à trouver la grande illusion, ce qui semble naturel, évident et qui a demandé tant et tant d'heure de labeur.

Hicham, (l'homme tué de la pièce) se montre très à l'écoute et c'est ce qu'il faut. Il découvre tout du travail mais il a une façon simple d'aborder les choses. Il ne cherche pas à démontrer, ce qui est souvent le défaut des débutants. Je suis rassuré sur mon choix. C'est toujours une prise de risque de travailler avec un débutant sur ce genre de projet, mais pour le moment, les raisons qui ont motivés ce choix continue de peser plus lourd dans la balance que son inexpérience du théâtre.

Je découvre aussi la collaboration avec Linda. Un pur bonheur, une chose assez rare pour être précieuse, nous sommes vraiment sur la même longueur d'onde, et nous apprenons beaucoup au contact l'une de l'autre. Notre approche du travail n'a que l'apparence de la différence, nous découvrons avec enthousiasme que tout se tient, tout se rejoint. A nous deux, nous tissons une toile pour les acteurs.

Les musiques de Toups Bebey arrivent petit à petit dans le travail et me porte encore un peu plus loin. C'est toujours très émouvant pour moi, l'arrivée de la musique du spectacle. c'est comme un rêve auquel on n'osait croire, des mots qui deviennent des notes de musique. J'ai une sorte de fascination pour le compositeur qui parvient à traduire en musique des émotions que j'ai eu tant de peine à traduire en mot et qui n'a eu pour cela que le flou de mes envies. Toups a du génie et l'humilité qui va avec.

Et Marie qui n'en finit pas de me surprendre. Cette façon bien à elle d'être un peu scolaire, et d'en rire. Cette façon qu'elle a d'intellectualiser, de vouloir comprendre pour finalement lâcher et nous étonner de la rapidité avec laquelle elle se joue des contraintes. La crème de comédienne, une pro quoi ...

Bref, j'ai une équipe du tonnerre, du miel.

Chaque branche travaille, tout en écoutant la branche voisine, je sens d'une façon si aiguë, le but que nous allons atteindre. C'est comme bâtir une maison, on commence avec une idée de la maison, on en fait les plans, puis le chantier commence et au bout l'idée est devenue réalité, et le top c'est que sur ce chantier, il n'y a que des gens qui aime travailler, et qui ont plaisir à le faire ensemble. Je me sens architecte ...

Alors bien sur mon expérience fait que je sais que nous traverserons des crises, des doutes, des angoisses et même probable des ras le bol. Et j'essaierai de les raconter de la même façon parce que ça fait partie du chemin. Pour le moment je profite, mon cerveau est si heureux de retrouver la voie de la mise en scène...

mercredi 9 janvier 2008

Nouvel habillage

Nouvelle année, nouvel habillage du site.
Merci à François pour sa précieuse aide.
Vos avis sont les bien venus.

jeudi 8 novembre 2007

Première séquence de répétitions

Une semaine dans des conditions presque de luxe, nourries, logées, bien nourries, bien logées, et le tout gratuitement, c'est rare, c'est luxe. Ma mère nous a accueillie dans sa maison, à la campagne pour cette première partie du travail. Nous avons répété dans le garage, espace de taille moyenne convenant bien à l'intimité nécessaire des premières répétitions, suffisamment grand pour pouvoir bougé sans être gêné.

Tout les matins, le training pour se mettre en route, marche soutenue dans la campagne environnante, avec travail sur la mémorisation du texte. Il fait beau, la lumière du petit matin est belle, les villageois du coin nous regarde un peu comme d'étranges créatures...

Retour dans notre antre, nous triturons le texte pour en extraire le suc. Je pinaille sur tout, insatiable d'entendre la bonne musique. Ce texte se révèle être une partition, j'aurai pu le chapitrer comme des mouvements "allegro, andante, piano, pianissimo..." La comédienne se plie à mes exigences avec générosité, pas un acte d'impatience, pas un regard de frustration. Pourtant je sais, je devine son envie, son besoin de prendre le large, mais nous savons toutes deux que c'est trop tôt.

Tout es là, en latence, nous sentons les prémisses, le potentiel de ce que nous allons raconter, le but s'éclaircit encore, le chemin se trace. Confiance, magnifique confiance dans ce que nous entreprenons, du bonheur beaucoup. Je savoure l'efficacité, la rapidité avec laquelle la comédienne capte mes commandes, car c'est bien cela que je fais : "Un peu de sel là, un peu de sucre ici, met moi donc un parfum d'ironie dans cette détresse, j'aimerai bien qu'ici tu te brises, cristalline et trouble". Elle annote son texte, me sourit comme pour me dire "mais bien sur", reprend là où je l'ai arrêtée, et j'entends plus que je ne vois mon menu servi. Il est encore miniature, mais il est là, il va grandir.

Quand la journée de travail se termine, je constate, un peu émerveillée, que nous avons bien avancé, dans la fluidité du temps. Je retrouve ma fille, mon bébé, dont on s'est si bien occupée pendant que je m'occupais d'un enfant d'un autre genre. C'est un luxe aussi que d'avoir l'esprit tranquille à son sujet. Semaine toute à la fois douillette et intense, j'en remercie tous les protagonistes...

dimanche 28 octobre 2007

Compagnie TAIM'

Je m'aperçois que j'ai oublié de parler d'une chose importante, c'est la création de notre nouvelle compagnie TAIM', qui va produire notre prochain spectacle "L'AMOUREUSE".

TAIM', sont les initiales de mots qui nous sont venus naturellement quand on a voulu définir nos envies, nos projets artistique: Théâtre, actuel, insolite, mouvant. L'apostrophe c'est parce que c'est notre objectif, apostropher le publique à notre aventure.

Si nous devions résumer le pourquoi de cette compagnie, voilà ce que nous en dirions :

TAIM’ c’est l’outil de production pour défendre notre volonté d’être toujours vrai dans nos choix de création.

Être vrai, pour nous, cela veut dire :
Chercher l’intime pour atteindre l’universel
Regarder dans le miroir de nos contemporains
Porter une réflexion sur nos révoltes, nos ambitions, nos passions.
Offrir la vitalité d’un texte
Rendre « conte » de notre humanité

L'outil de production, c'est l'indépendance. C'est aussi beaucoup de travail. Cela veux dire non seulement que nous créons nos projets mais aussi que nous en portons tout le poids, l'administratif, la recherche de financement, la communication, la diffusion. La plupart des compagnies théâtrales qui se créent commencent ainsi. J'espère que nous aurons la possibilité rapidement d'avoir une personne avec nous qui se chargera plus spécifiquement de cet "autour de la création". C'est lourd, difficile, et même parfois contre-productif que d'avoir à gérer l'ensemble. Oh comme j'aimerai n'avoir qu'à m'occuper de la partie artistique de chaque projet, comme mon énergie n'en serait que meilleure.

Bientôt, quand nous aurons plus de matière, s'ouvrira un site pour parler de notre actualité. Bien sur, je ferais le lien.

jeudi 25 octobre 2007

L'amoureuse, mis en scène

''Comme en tant qu’ auteur le personnage est née avant l’histoire, c’est la comédienne qui est première dans la mise en scène. Il y a « ELLE » d’abord, ensuite vient le lit comme le lieu évident de ses confidences,

Parce que ce texte est une volonté de dire l’intime, parce que le personnage se fait témoin de sa propre vie, de son propre crime, le public en est l’interlocuteur privilégié, le réceptacle. Il est directement impliqué dans son écoute. Parce que nous vivons une époque où « la réalité » vole la part de la fiction, ou le voyeurisme vole la part du spectateur, ici, la fiction est au service du fantasme, la représentation au service d’une vérité. Le théâtre est le lieu idéal pour répondre à notre besoin d’émotions, à nos pulsions de voyeur. L’on peut cesser de se demander la part du réel, la part du virtuel, puisque la réponse découle de la représentation. Au théâtre, tout est faux, sauf les corps, sauf l’émotion, sauf l’humanité. N’est ce pas ce que nous cherchons toujours, à travers nos écrans ? N’est-ce pas parce que l’écran fait écran à cette humanité que nous sombrons dans l’exhibition ? Ainsi, le théâtre est plus que jamais nécessaire, un théâtre qui s’adresse directement à l’humain pour lui parler de lui, l’aider dans sa quête de lui, cette recherche qui n’aura de fin qu’avec l’humanité elle-même.

Parce que le corps raconte une vérité quand l’esprit se déguise, parce que la chair est le premier récepteur d’émotions, parce que je veux un théâtre sensuel, cru, mais sans vulgarité j’ai fait appel pour m’assister à une danseuse. Parce que les confidences sont aussi des confi-danses, parce que les émotions donnent un rythme à notre corps, j’ai voulu que la comédienne ait une grande conscience de ce que son corps raconte. Il ne s’agit pas de la faire danser, il s’agit avant tout d’aller au geste essentiel, de supprimer le superflu, le superflou, pour atteindre l’image limpide, évidente, comme l’auteur cherche la bonne virgule.

Parce que la musique des mots ne cesse de changer au rythme de sa folie qui grandit, parce que j’ai toujours pensé que chacun de nous avions nos petites musiques intérieures, parce que les émotions sont mélodiques, et parce que la musique peut atteindre des cellules inaccessibles aux mots, j’ai demandé à un musicien de composer la musique de cette ELLE, de lui trouver ses rythmes, ses petites musiques intérieures, ses mélodies.

Voilà le premier jet de mon point de vue de metteur en scène sur ce texte. Nous avons réunis cette petite équipe l'autre soir autour d'un repas. Tous ne se connaissent pas. Une prise de contact réussie. J'aime cette ambiance, le groupe se forme autour du projet, on sent chacun tout à la fois motivé, traqué, certain s'interroge encore beaucoup sur ma demande de metteur en scène. Ces questionnements m'oblige à approfondir, me font avancer et me prépare bien pour le début des répétitions. j'aime sentir nos cerveaux en ébullition, la pré-création, ce temps où l'excitation se partage à l'impatience. Plus tard viendront les doutes, la gestion de tous nos doutes confrontés, de cela naîtra l'unité.

Cette première réunion m'a donné une grande confiance dans le choix de l'équipe. Le courant passe. C'est très important le choix d'une équipe, c'est 50% du travail.

Première cession de répétition prévue, entre le 1 et le 7 novembre, juste la comédienne et moi. Première approche, première mise en bouche, en mouvement. Débroussaillage dans l'intimité pour un texte qui fouille cette intimité. J'ai hâte, hâte, hâte ...

L'amoureuse, synopsis

Fait-divers : Une chambre, un lit, une femme amoureuse tue son amour par étouffement.
Alors son âme se vide, déroule le fil de son histoire. Le mystère se dévoile, cru, intense, drôle et tragique.
Tenter de percer l’énigme, ce que nous faisons de l’héritage amoureux de nos mères, entre fantasme et réalité, espoir et fatalité.
Faire le récit de ce qui traverse l’esprit d’une amoureuse toute à la fois moderne et intemporelle.
Mettre à nu une sorte de « madame Bovary » d’aujourd’hui, plus indépendante, plus lucide et pourtant tout aussi démunie.
Raconter ce chemin de funambule, que nous empruntons tous, ce jeu d’équilibriste qui nous rend si fragile, si beau, si drôle aussi, et partager cette sensation de vertige qui nous tient quand on se prend à aimer …
Dire la douleur et la peur de l'abandon, jusqu'à la folie, et démontrer que la fusion de deux êtres mène à leur destruction

L’AMOUREUSE bascule dans le vide, sa chute vertigineuse nous happe au creux de son âme.

jeudi 6 septembre 2007

L'amoureuse

Je viens de finir d'écrire ce monologue. L'idée est parti sur l'envie de traiter un fait divers. Un crime commis par une femme, puisque c'était une envie de travailler avec une comédienne, Marie Teissier.

Après avoir jeter ensemble les premières idées, je me suis mise au travail. Tout doucement, le personnage est apparu, il s'est affiné, tout doucement la narration a trouvé son rythme.

Quand j'ai dit que je viens de finir c'est que j'ai mis le mot "fin" au texte et qu'après lecture, Marie était heureuse du résultat. Possible, pas sur, mais possible que le texte évolue avec le travail de répétition.

Maintenant, il va me falloir prendre du recul pour passer à la mise en scène...

Nos premières représentations sont prévues à Nice, fin avril 2008.

Voici un extrait du texte, juste pour donner une idée ... sans rien dévoiler non plus ...

Au publique
Il y avait ce silence. Papa, maman, moi et le silence. Le poids étouffant du désamour qui se tait. Un gouffre dans lequel nous chutions, un abîme qui nous a tant abîmé...

Ma mère, amer, pleurait parfois de ces sanglots contenus, de ce regard vague, éteint. Elle plongeait dans son passé réinventé pour moi, pour elle. Mon père y tenait son rôle d'homme.
Elle l'aimait, l'avait aimé, l'aimait encore, croyait elle ...
Moi je me taisais, je me terrais en attendant de vivre. Si j'étais née en sortant du ventre de ma mère, elle ne m'avait pas pour autant donné la vie.
La vie, il me faudrait la prendre, la voler, la conquérir, plus tard. En attendant je me taisais et j'entendais sans écouter le bruit assourdissant du silence.

Mon père, aigri sans doute ... mais comment savoir ... Mon père, emmuré, enfermé, encarapaçonné, embarbelé. Mon père, l'inaccessible étoile morte, terreur et désir de mon enfance. Mon père faisait régner sa loi, celle du silence, en tyran propret, appliqué, intraitable jusqu'à l'absurde, digne jusqu'à l'horreur... Je l'aimais, l'avais aimé, croyais l'aimer encore ...
L'entendre me demander la salière était la preuve de son amour ...
Je me suis amusée à imaginer que ma mère ne salait jamais sa cuisine, juste pour ça, pour l'entendre demander la salière.
Sa façon à lui de nous dire je vous aime, sa façon à nous de le croire en tout cas. Probable, oui probable que l'amour n'y était pas...

Mais il y avait les livres de la bibliothèque municipale et Melle la bibliothécaire pour me parler. Dans cet espace réservé au silence respectueux des lecteurs, Melle me parlait, nous chuchotions, sa voix garde à jamais pour moi le parfum de son souffle mentholé. « Je te conseille celui-ci » et son petit clignement de l'oeil gourmand qui m'assurait les délices des mots enfin.
Je me souviens si bien d’avoir dévoré « L’étranger » et « la peste » de Camus, j’ai gardé intact en moi la trace du malaise qui répondait à mes angoisses d’alors.
Il y a eu Boris Vian, que je cachais à mes parents, rien que le titre de « J'irai cracher sur vos tombes" » les aurait effrayé.
Colette, quels délicieux souvenirs, ce parfum d’interdit, de liberté, d’indépendance.
J’ai été « l’Eléa » de « la nuit des temps » de Barjavel, c’est ainsi que je me sentais. J’avais dû vivre, il y a un million d’années, me réveiller comme une étrangère, à la recherche de mon grand amour.
Oh, et puis il y a eu aussi « la belle du seigneur » de Cohen, que j’ai autant aimé que détesté, j’étais tout à la fois Solal et Arianne, j’avais tellement mal avec eux, tellement mal avec ce réel toujours corrompue qui détruit tout.
Je me suis perdue dans les dédales de doïtoïevski, avec délices.
J’ai fantasmé sur « Tous les hommes sont mortels » de Beauvoir, j’aurai adoré rencontrer un immortel.
Je me suis laissée emporter par « les Hauts de Hurlevents », « Lady Chatterley ». J’ai lu tous les Françoise Sagan qui me passaient dans les mains, j’aimais ses héroïnes qui avaient toujours pour moi le visage de Romi Shneider, j’ignore pourquoi, sans doute à cause des films de Sautet. J’adorais les films de Sautet, ils montraient une vie réelle mais vivante, tout le contraire de la mienne…
Et puis bien sûr « les liaisons Dangereuses » de Laclos, le génie de Madame de Merteuil, la pureté de madame de Tourvel , j’étais les deux à la fois et c’est moi qui emportait Valmont.

Tous ces livres, tous ces mots criaient à mon coeur palpitant, sifflaient comme une balle, giflaient, frappaient, claquaient, tambourinaient, fouettaient, riaient, chantaient, dansaient, fêtaient, pleuraient, ils faisaient un boucan d'enfer, c'était le paradis.
C'est ici, c'est ainsi que la vie a pris corps en moi. Je suis née dans la bibliothèque municipale et Melle était une bien sage-femme.

A lui
Je me demande parfois comment deux Icebergs peuvent engendrer un volcan ...

lundi 25 septembre 2006

Pourquoi j'ai aimé "Selon Charlie"



Des hommes, leur mesquinerie et leur grandeur, des hommes paumés dans leurs émotions...
Nicole Garçia déshabille ses personnages et nous les montrent nus, fragile et beau...
Ils sont un peu pathétique, oui, on n'a pas tant l'habitude que ça de les voir ainsi ces hommes. D'habitude ils ont le costume de l'archétype. Même dans notre vie, je veux dire la vrai, la réel, bien dressé à se cacher, tellement bien dressé que bien souvent caché d'eux même.
Voilà qu'avec ce film, ces morceaux de vie, ces bouts d'humanités, je plonge dans le revers de la médaille, l'envers de leur décor-homme.
Il y a là de la finesse, parce qu'être humain en demande beaucoup, il y a là de la tendresse, parce que vivre en demande beaucoup, il y à là beaucoup d'humour parce que la vie nous propose souvent des situations absurdes.

Une sacré équipe d'homme, elle a, la Nicole Garcia, dans son film.
Jean Pierre Bacri : certains disent : "Bacri fait du Bacri", oui, parce qu'il a une voix particulière, parce qu'il a ce visage et qu'il n'a pas besoin de se métamorphoser de l'extérieur pour rendre toutes les nuances de ses personnages. Oui, Bacri est encore un bourru au coeur tendre, mais ce serait réduire condidérablement son personnage que de le résumer ainsi. Parce qu'il est ici aussi un homme qui aime écouter les autres, les fleurs, et une jeune femme. Enfin bref, Bacri est toujours juste et là encore il l'est.
Bennoît Magimel, irresistible regard bleu azur, et plus que cela, Benoît, le petit jeune de la bande, plus un gamin depuis longtemps avec des rôles toujours d'une grande force. Faut dire qu'il a du carisme Benoît, le genre intérieur, le genre concentré de quelque chose, intense, oui c'est ça, fait pas grand chose Benoît, pas grand chose qui se voit mais intense il l'est.
Benoît Poelvoorde, ce Benoît là, c'est une grande sauterelle, grande classe parfois, ridicule d'autre. Moi j'aime quand il en fait moins, et là il en fait moins. Il nous le donne ce personnage de grand con avec toutes les nuances du gosse qu'à grandi trop vite...
Vincent Lindon, la force tranquille, la force fragile, encore un sacré comédien, lui aussi toujours lui, toujours autre, c'est l'école française ça, moi j'aime bien. Pas besoin d'effet spéciaux, de métamorphose spectaculaire, tout se fait dedans et tout se ressent. La part belle faite à l'invisible, au mystère.
Il y a celui moins connu du grand public, Patrick Pineau, encore un regard qui en dit long sur l'âme.
Et puis l'enfant, Charlie, Ferdinand Martin, un futur homme qui trouve sa place ici, au coeur des hommes.

Et puis, et puis... Parcequ'ils sont nombreux ses personnages dans son film, parce qu'on s'attache à chacun le temps d'un seul plan parfois. C'est décousu, oui, mais pas dispersé, parce que l'histoire qui se raconte là, c'est l'histoire de ces hommes qui ne sont ni princes, ni héros, ni gagnant, ni looser. Ces hommes qui sont ceux que nous cotoyons chaque jour mais que jamais nous n'avons l'occasion de voir ainsi.
Pourquoi j'ai aimé ce film, peut être parce qu'il ouvre encore mon horizon, peut être parce que mon regard ne sera plus tout à fait le même sur ces hommes que je croise tous les jours, ces étranges étrangers que sont les hommes...