Les fruits de la conscience

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jeudi 20 septembre 2018

Stage : Les Fruits de la conscience, théâtre et travail intérieur

Les 24 et 25 novembre 2018. Maximum 8 personnes

Rendez-vous en terre inconnue ; vous même.

Le théâtre est un voyage possible au cœur de votre mystère. Il peut vous permettre de vous comprendre, de vous surprendre, de vous dépasser, de vous réconcilier avec vous même.

Jouer avec le corps, la voix, les autres, se projeter dans un personnage, c’est découvrir des parts de soi insoupçonnées, bousculer ce que l’on croyait savoir de soi, porter attention à ses sensations, explorer ses émotions, les accueillir, les traverser, les sublimer.

Comme tout voyage, revenir changé car d'avantage soi même.

Ce stage s’adresse à toutes personnes qui désirent travailler sur la voix, le corps, les sens, les émotions, éveiller l’inconnu en eux, lieu de toutes les potentialités, dans un espace temps contenant. 


Semer une graine de conscience de soi c’est voir germer une graine de confiance en soi.

Avant la ressource il y a la source

Le déroulé du stage :
10 heures - 2 jours : 10h - 13h, pause méridienne, 14h - 16h


Jour 1
Matin : 
Accueil, rencontre, présentations, temps de paroles partagées et d’écoute.
 Approche de la respiration de pleine présence. Partage.
Mise en action du corps, danse libre, expression corporelle.

Après midi : Jeux de réactivation du corps et de recentrage
Jeux d’improvisations à partir de situations concrètes amenées par les stagiaires.
Temps de paroles partagées, retour sur l’expérience.

Jour 2
Matin : Accueil, centration, temps de paroles partagées et d’écoute, possible retour sur les impressions qui restent de la veille.
Jeu théâtraux divers. Exister, s’exprimer, s’affirmer, s’assumer. Accueil et traverser des émotions.

Après midi : Jeux de réactivation du corps et recentrage
Jeux d’improvisations en fonction des besoins exprimés le matin.
Temps de paroles partagées et d’écoutes, retour sur expérience.
Temps pour se dire au revoir.


Tarif : 250 euros 


mercredi 13 septembre 2017

Résumé et construction du récit "Elle ma compagne"

Résumé

Lucie, une femme, trente ans environ
Francis, un homme, cinquante ans environ
Ils se rencontrent, se découvrent, tombent amoureux
Ils ont une petite fille
La vie…
Quand surgit la tragédie
La maladie : cancer du poumon
Il va mourir
Elle l’accompagne, c’est sa compagne
Ce pourrait être « Orphée et Eurydice »
Mais c’est « Lucie et Francis »
« Elle et lui »
N’importe lesquels d’entre nous
Ce ne sont pas des héros
Ce n’est que la vie et l’un de ses accidents
Mais Ils ont en eux l’Amour
Cette humaine capacité à la sublimation

La construction du récit

Le récit se fait en trois actes. Un acte pour l’amour, un pour la maladie, un pour le deuil. Chacun de ces actes a son propre rythme d’écriture.



L’acte 1 : C’est l’acte fondateur de ce couple, leur rencontre. Comment s’éprennent t-ils l’un de l’autre ? Leurs premiers émois, leurs premiers doutes, leurs premiers accords. Tout ce qui va constituer la musique de leur amour.

Francis : Je parle de toi.

Lucie : Je parle de toi, tout le temps, oui, je fais ça, c'est plus fort que moi. Je t'embrasse.... plein... Beaucoup... Partout... Serre-moi dans tes bras.

Francis : Je te caresse partout dans mes pensées.

Lucie : Hum encore, tes mains, ta bouche, et cette façon que tu as de me regarder, j'ai tout emmené !
Francis ?
Je t'ai dit que j'aimais ton prénom?
J'aime ton prénom... Il est doux, il te va bien...
Je te fais plein de bisous dans le cou, sur ta bouche, je m'emmêle à toi, je te happe, je…

Francis : Je fonds, je me liquéfie, je te saute dessus sauvagement ! Tu me dé-chaînes ! J'ai hâte de toi.

Lucie : Je te dé-chaîne et je te lis, je te dé-lie et je te mets au lit et plus vite que ça !
Francis ?
Mes premières, mes dernières, mes permanentes pensées sont pour toi.
Francis ?
Je te regarde et je te trouve beau.

Francis : L'amour est aveugle ?

Lucie : L'amour éclaire au contraire, je te vois mieux que quiconque, et tu es beau...

Francis : Je t'aime

Lucie : Je t'aime... Infiniment.

Francis : Je t’encage de mes bras.

Lucie : Pourvu que la cage reste ouverte, tu me verras toujours y revenir.

Francis : J’ai un vieux refrain qui me revient en pensant à toi, je n’ai changé que le prénom.

« Lucie, ma belle, ma douce, ma jolie!
Je chante pour elle et pour elle je vis!
Elle est tendre et sauvage, elle est comme un torrent
Qui me berce au rivage, qui m'entraîne en riant.
Elle est douce, elle est tendre, et moi, je l'aimerai
Cent mille ans et trois jours, jusqu'à la Saint Jamais!
Et tant pis si demain je meurs au point du jour:
J'aurai vécu près d'elle plus de mille ans d’amour! »

Lucie : Mon réel
Je voulais te dire merci.
Mon réel,
Mot étrangement tendre, vrai, palpable, touchable, atteignable, étreignable.
Tu m'offres ce que d'autres promettent.
Mon réel,
Je n'ai pas de mot plus doux, plus fort, plus amoureux que celui-là.
Mon réel,
Tu ne sais pas encore, d'où je viens, d'où je reviens.
Je regardais de ce côté, de ton côté depuis longtemps mais je ne te voyais pas.
J'ai cru que tu ne viendrais jamais, je me trompais, nous étions là déjà depuis longtemps.
J'étais impatiente et tenace, j'ai mis du temps à renoncer, je croyais en mourir.
Je suis morte finalement, d'épuisement.
J'ai fait le deuil de l'image de toi, j'ai tué le fantasme de toi, j'ai renoncé au rêve de toi.
C'est alors que j'ai pu te voir,
Mon réel,
Te voir toi, mon imparfait aux rêves de perfection.
C'est alors que j'ai pu t'aimer toi,
Mon réel...
Oui, pas de mot plus amoureux que celui-là...

Francis : Ton réel ! Tu exagères... Et après tu t'étonnes que je te traite de sorcière…



L’acte 2 : C’est la maladie. Il a un cancer du poumon. Il raconte, de façon concrète, avec détail, ce qu’il traverse. Il est le conteur et le compteur du temps qu’il leur reste. Elle est la conteuse et la compteuse d’émotions. D’une manière qui leur est propre, ils forment ensemble le récit de la lutte, de la traversée d’un océan de souffrance et d’amour.

Francis :
01/07/11
Je sors de chez le spécialiste.
Diagnostic : j'ai un cancer du poumon.
La tumeur fait environ 7 cm de diamètre.
Elle est située en haut du poumon droit.

Mon IRM du cerveau a révélé deux petites boules suspectes.
Dans ce cas-là, on oublie la chirurgie, on commence par la chimiothérapie.
Ensuite, on fait une combinaison radio-chirurgie/chimiothérapie.
La première séance de chimiothérapie devrait avoir lieu vers le 20 juillet.
Après c'est toutes les trois semaines. Une séance c'est deux nuits à l'hôpital.
Il semble qu'il n'y ait pas d'effet indésirable majeur sauf parfois des nausées. Mais ils prescrivent un anti nauséeux efficace.
J'ai aussi des vitamines à prendre, une en comprimé, une par piqure...
Bon, là, la grande aventure commence !

Lucie :
Je voudrais mettre des mots là, sur ce que je traverse.
Maintenant.
Des mots pour libérer l'émotion
Dénouer les nœuds
Des mots écrits
Et cri
Des mots pour remplir le blanc silence.
Mais bouche cousue
Regard perdu vers la fenêtre
Ma fille dort à côté
Mon Il est au travail
Je me sens ... assommée
Mon Il a un cancer
Mon Il en parle
Pas un secret
Mon Il a un cancer donc
Bouh, le vilain mot, tabou
Je veux être très forte à ses côtés
Je ne veux pas me laisser prendre par la peur
Je ne veux pas lui faire subir ma peur
Mais j'ai peur

Je veux me marier avec lui
Il dit : « Tu as besoin de sécurité »
Possible
Je veux lui dire : « Je suis là, pour le meilleur et pour le pire"
Lui dire devant témoin



Francis : " La fin de la phrase c'est jusqu'à ce que la mort nous sépare"

Lucie : Oui
Mon Il veut m'épouser que s'il est mourant
Il veut me mettre à l'abri
Je ne veux pas épouser un mourant, c'est glauque
Maintenant
Connaître la date de la première chimio
Passer à l'action
Organiser
Planifier
Agir
Et ne pas penser
Laisser la vie, la joie, prendre leur place à l'intérieur de cette histoire-là

Francis : Voilà, rendez-vous est pris pour la chimio : le jeudi 21 juillet à 14h.
La seule question vraiment importante, maintenant, c'est "Est-ce qu'il y aura le wifi dans ma chambre ?

Lucie : Espèce de geek, mon amour ... Tu as réussi à me faire rire…

(Danse)

L’acte 3 : C’est le deuil. C’est comme un long poème épique, un élan permanent. Elle sombre et se relève sans cesse, la vie et l’amour en elle s’habillent de « à jamais », de « pour toujours ». Elle est dans son éternité…

Mon amour
Je veux rire
Être légère et court vêtue
Je m'imagine ainsi
Je t'imagine aussi
A mes côtés
Amusé de mes tours
Mon Amour
Dans mon imagination tu me souris toujours
Même quand je suis triste
Tu es mon compagnon, toujours
Celui qui m'aime et me laisse vivre ma vie
Toujours.
Mon amour
J’écris notre histoire
Vivante
Je suis partie seule sur une île
Mon Il
Quand je n'écris pas
Je vais regarder l'océan
Je te jure que je ris
Mes larmes c’est le vent
Ma liberté, la vie

J’ouvre les yeux
Jamais, je n’ai été seule
Tous ces autres à qui tenir la main
Je n’étais pas seule à faire le chemin
Ton absence
Me rendait aveugle à leur présence
Mais sans ces mains tendues
Tenues
Je me serais noyée ?
J’ouvre les yeux

mardi 12 septembre 2017

La rentrée.

Il serait temps peut être de mettre à jour ce blog. Alors des nouvelles de la rentrée:

Je continue d'animer les ateliers d'option Théâtre au lycée de Marmoutier pour la compagnie l'Arc électrique. Je vais retrouver des élèves de seconde et première. J'aime beaucoup animer ces ateliers, j'entame déjà ma cinquième année. ça passe vite. Pas encore décidé des thèmes abordés, j'attends de rencontrer les élèves.

Je vais, pour la deuxième fois, intervenir à l'association Résoudre de Joué les tours. Ida Tesla de la compagnie Pih Poh m'a demandée de la remplacer sur la session du premier trimestre. J'interviens auprès d'étrangers désirant passer un diplôme qui valide leur connaissance de la langue française. J'avais beaucoup aimé l'expérience il y a deux ans. Beaucoup de belles rencontres, des histoires fortes.

Nouveauté cette année, L'IUT de journalisme de Tours m'a demandé deux interventions auprès d'un groupe d'étudiants qui s'intéresse plus particulièrement à la radio. J'ai hâte de commencer.

Voilà pour le premier trimestre pédagogique.

Côté création, je suis en attente de plusieurs réponses pour d'éventuelles collaboration sur mon projet "Elle ma compagne". Mais ce projet ça vaudrait un billet à part entière. Tiens d'ailleurs, je devrais peut être faire ça cette semaine.

Bonne nouvelle, nous avons une résidence de création au mois de mai dans la salle Thélème de la fac de Tours.

Enfin, je commence au mois d'octobre une formation "coach professionnel". Mais qu'est ce donc me direz-vous ? ça aussi, ça vaudra un billet en soi. Et même surement une catégorie de plusieurs billets tout au long de ma formation.

C'est une belle rentrée.

vendredi 17 janvier 2014

C'est quoi ce travail ?

"C'est quoi ce travail ?", c'est le titre du spectacle qui aura lieu le Mardi 21 Janvier 2014 à l'espace Malraux à Joué les Tours. C'est le résultat d'un travail fait avec la compagnie l'Arc-Electrique, la compagnie Pih-Poh, le centre social de la Rabière et le collège de la Rabière.

Je suis intervenue au centre sociale et au collège pour animer des ateliers d'écritures autour du thème du travail. Les textes produits par les participants seront lut, jouer et exposé par eux lors de ce spectacle. En voici quelques extraits :

Josette : Rembarreur de rembarreurs

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Rembarreuse de rembarreurs

- Qu’est ce que c’est ?

- Si j’entends une personne qui dit du mal d’une autre personne, je la rembarre.

- Et tu travailles ou ?

- Oh, ben partout ! Sur les marchés, dans la rue, tout les lieux publics.

- Mais, à quoi ça sert ?

- Ça sert à faire taire les imbéciles.

- Oh ! trop bien ! Mais comment tu fais ? Tu m’apprends ?

- Ça ne s’apprend pas, on nait avec.

- Mince ! Bon, comment tu fais, toi ?

- Je ne sais pas. C’est plus fort que moi. Je ne sais pas comment ça marche, mais ça marche.

- Raconte nous une fois où tu as rembarré quelqu’un.

- Par exemple, au marché, une personne, mal élevée touche à tout, les fromages, les œufs, les poulets… Je lui dis : « Faut pas toucher madame, c’est défendu ! c’est pas bon pour l’hygiène ! » ça ne lui plait pas. Elle commence à m’engueuler ! Elle dit : « Je fais ce que je veux, si ça vous plait pas c’est pareil ! » Et puis elle m’insulte ! Alors là ! La colère me prend ! Je lui dis : « Si vous n’êtes pas contente, allez voir ailleurs ! »

- C’est tout ? ça a l’air facile.

- Ce n’est pas si facile d’être franche, on peut toujours y perdre quelque chose.

- Et vous êtes plusieurs à être rembarreur de rembarreur ?

- Peut être, mais ils ne sont pas tous aussi doué que moi !



Yvonne Ange gardien

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Ange Gardien

- Ah bon ?

- Oui

- Comment ça marche ?

- Comme ça (elle claque des doigts)

- Et alors qu’est ce qu’il se passe ?

- Et ben, imagine. C’est un peu le bordel quelque part. J’arrive, je fais clac ! Et la personne qui rentre chez elle, elle dit « Mais qu’est ce que c’est bien rangé ! »

- C’est Tout ? Tu fais que ça ?

- Ben non hein. Quelqu’un perd son travail, je fais clac et il en trouve un. Quelqu’un se casse une jambe, je fais clac et c’est réparé. Une personne vole dans un magasin, je fais clac et c’est remis en place. Je peux faire à manger, faire les courses, tout les trucs chiants qui prennent du temps, je fais clac et hop c’est fait. Par contre, si une personne vient me voir parce que … Elle en a marre de son mari qui rouspète après elle… Par exemple, je lui dit « Je ne peux pas me mêler de ces affaires là, c’est très délicat les affaires de cœur ».

- Alors, qu’est ce que tu fais pour elle ?

- Je lui dis d’envoyer son mari chez « l’amour de cœur »

- Et si le mari ne veut pas ?

- Je claque des doigts et il obéit !



Dominique L’amour de cœur

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Amour de Cœur

- Wow ! c’est quoi ?

- Je donne un cœur à ceux qui n’en ont pas, je répare les cœurs brisés, je redonne de la vie au cœur racorni ou desséché…

- Comment fais tu ?

- Alors … Juste un regard !

- T’es trop fort ! Un regard suffit ? Qu’est ce qu’il a de spécial ce regard ?

- Il a un secret.

- Quel est ce secret ?

- Il a une puissance d’humanité.

- Une puissance d’humanité ? Tu peux nous expliquer ?

- Je rencontre une personne dure, qui n’a pas de cœur, par exemple. La première chose que je fais c’est de dialoguer pour comprendre.

- Comprendre quoi ?

- La blessure d’origine.

- Et ensuite que fais tu ?

- Je parle avec elle et pendant qu’on parle, avec mon regard, je lui transmets de la tendresse, de la compréhension, de l’amour, de l’empathie, de la compassion, du respect, bref, tout ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité.

- Est ce que tu peux enseigner ton regard d’humanité ?

- Je ne peux pas vraiment l’enseigner, mais cela s’apprend quand même.

- Comment ?

- On apprend en faisant.



Christiane Empêcheur de vieillir

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Empêcheuse de vieillir

- Comment fais tu ?

- Je sors ma baguette magique.

- Que fais tu avec ta baguette magique ?

- Je regarde dans les yeux et je dis « garde ta jeunesse éternelle »

- Et c’est tout ?

- Ah ! J’ai ma formule secrète aussi !

- Allez, dis nous !

- Non, je ne peux pas, c’est secret !

- Mais, tu es la seule à la connaître ?

- Oui.

- Et si tu meurs, personne ne pourra plus jamais faire empêcheur de vieillir ?

- Si ! Je transmettrais !

- A qui ?

- Je ne sais pas encore !

- Dis … Est ce que tu rends les gens immortels ?

- Non ! Il meurt jeune et en bonne santé !



Jacqueline Ralentisseuse de vie.

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Ralentisseuse de vie.

- Pourquoi fais tu cela ?

- Parce que la vie va trop vite !

- Comment fais tu ?

- J’ai une pendule qui va moins vite.

- Comment elle fait pour aller moins vite ?

- Les secondes durent plus longtemps.

- Est ce que c’est vraiment utile ?

- Oui, très utile ! Quand on a plus de temps on peut faire plus de choses. On a plus le temps de partager, on a plus de temps pour ses amis, on a plus de temps pour réaliser ses rêves.

- Et vous êtes nombreux à faire ce métier ?

- Non je suis seule ! Mon horloge règle le temps de tout le monde.

- Mais alors ? Pourquoi y a t-il des gens qui trouvent que ça va quand même trop vite ?

- Parce qu’on n’est jamais content ! On en veut toujours plus !

- Et alors, qu’est ce que tu fais pour ceux qui en veulent plus ?

- Je ralentis encore.

- Jusqu’à ce qu’on s’arrête ?

- Non ! Si on s’arrête, on meurt. Il faut trouver l’équilibre.



Marie Hélène Distributeur de gratuité

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis distributrice de gratuité ?

- Comment fais tu ?

- J’ai un orgue de Barbarie. Au lieu que ce soit de la musique qui sorte, ce sont des baisers, des câlins, des cœurs, des bouquets de fleurs, des rayons de soleil …

- Mais tu distribues du bonheur ?

- Attend je n’ai pas fini de t’expliquer !

- Pardon, je t’écoute. Comment ça marche ?

- Avec ce que je leur donne, les gens peuvent, selon leurs besoins, aller échanger avec d’autres.

- On peut échanger un bisou contre du pain ?

- Oui.

- Un sourire contre un chapeau ?

- Oui.

- Un câlin contre un vélo ?

- Pourquoi pas.

- Un rayon de soleil contre de l’eau ?

- Oui

- Une chanson pour se faire soigner ?

- Oui

- Une danse contre un toit ?

- Oui, oui, oui ! On peut échanger tout ce qu’on veut contre un peu d’amour et de bonheur.

- Ah ouais ! Trop fort ! trop beau ! ça fait super envie. Vous êtes nombreux à faire ça ?

- On commence oui. On est de plus en plus, c’est un métier d’avenir. Parce que maintenant, c’est ça qu’il faut faire.

- Tu peux nous donner quelque chose maintenant pour échanger ?

- Quoi ?

- Un rêve !



Christine La bonne étoile

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Bonne étoile

- Qu’est ce que c’est ?

- Je suis l’espoir. Je suis ce à quoi on s’accroche quand la vie est difficile.

- A quoi ça sert ?

- Ça sert à tenir bon.

- Comment fait on appel à toi ?

- En lisant, en priant, en rêvant…

- Hum… Je penserais à toi quand se sera difficile pour moi.

- Je serais une petite lumière qui brille dans ton ciel. Tu me verras bien.

- Tu veux bien être ma bonne étoile alors ? Oh merci !

- La tienne, et celle de tous ceux qui souffrent…



Morgan Ventilateur de querelle de famille.

- Que fais tu ?

- Je suis ventilateur de querelle de famille.

- Comment ça ?

- Je disperse les querelles, j’aère le monde.

- Comment fais tu ?

- Je me remplis d’air et je souffle très fort.

- Sur quoi souffles tu ?

- Je souffle sur les rancœurs. Parfois, dans les familles, il y a des vieilles histoires pourries qui remontent à la surface, ça sent mauvais comme une pièce qui n’aurait jamais été aérée. Alors je souffle un bon coup et j’aère les cœurs.

- Comment arrives tu à avoir un tel souffle ?

- Je vais à la piscine pour m’entrainer deux fois par semaine. J’ai été 8 fois champion de souffle ! Quand j’éternue, ça déménage !



Emilie Chasseur de violence

- Que fais tu ?

- Je suis chasseresse de violence.

- Comment fais tu ?

- Je fais de la médiation, du dialogue.

- Et que dis tu alors ?

- D’abord j’essaie de comprendre

- Comprendre quoi ?

- D’où vient cette violence !

- Et elle vient d’où ?

- Ça dépend. D’un malentendu le plus souvent, mais parfois d’un abandon, d’une injustice, d’une rupture sentimentale ou d’un énorme chagrin, de la peur, surtout la peur de la différence, d’une indignation, du mépris, d’une trahison…

- Oh là ! Tout ça, ça peut faire de la violence ?

- Et beaucoup d’autres choses encore.

- Bon, et quand tu as compris que fais tu ?

- Je leur explique que la violence ne sert à rien.

- C’est tout ? ça marche pas souvent ça.

- Alors j’appelle le messager de paix.

- Que fait il ?

- Il fait parler chacun jusqu’à ce qu’ils s’écoutent, se comprennent, et acceptent de faire la paix.

- Et ça, ça marche ?

- Souvent oui.

- Et quand ça ne marche pas ?

- Alors, je sors ma boîte à douceurs. Quand je l’ouvre, c’est comme si j’ouvrais la porte des cœurs et la paix vient s’y glisser.



Mado Semeur de révolte

- Que fais tu ?

- Je suis semeuse de révolte

- Comment fais tu ?

- Je dis à ceux qui se plaignent, qu’il ne faut pas se laisser abattre, qu’il faut retrousser ses manches ?

- Pour quoi faire ?

- Pour se battre, défendre ses idées, lutter contre toutes les injustices.

- Quel est ton outil ?

- La discussion.

- A quoi ça sert ?

- A changer le monde !

- Est ce que vous êtes nombreux ?

- Oui, car l’union fait la force.

- Mais est ce que vous êtes assez nombreux ?

- On n’est jamais assez nombreux pour réveiller le monde.

- Vous embauchez alors ?

- Oui pas de problème.

- Qui ? Je veux dire, faut quoi comme qualité pour faire ça ?

- Faut en vouloir, faut chercher à savoir, faut pas être timide, faut avoir du courage et surtout, il faut y croire.



Natacha D.U.T.R

- Que fais tu ?

- Je suis D.U.T.R

- Qu’est ce que c’est que ça ?

- Donneur universel de travail rémunéré.

- Wow ! Comment fais tu ?

- Je crée, j’invente des métiers, pour que chaque personne trouve celui qui lui convient. Par exemple, j’ai inventé le « rembarreur de rembarreurs » ou le « semeur de révolte » ou encore « le chasseur de violence » …

- C’est toi qui a inventé tout ça ? Mais comment fais tu ?

- Je fais appel à mon imagination.

- Et il y en a d’autre des D.U.T.R ?

- Il y en a plusieurs. Plus on est nombreux, plus notre imagination est riche, plus il y a de nouveaux métiers et moins il y a de gens sans travail.

- Pourquoi fais tu cela ?

- Tu sais, avant, on avait une carrière toute tracée, qu’on pouvait faire toute sa vie. Maintenant, c’est difficile de trouver du travail, de le garder. C’est pour ça que nous en inventons tout le temps.

- Pour qui fais tu cela ?

- Pour tout le monde, mais surtout pour la jeunesse.

- Pourquoi ?

- Parce que la jeunesse est notre promesse.



Patrick Guide

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis guide.

- De quoi ?

- De voyage dans le passé.

- Pour quoi faire ?

- Pour refaire faire ce qui n’a pas fonctionné.

- Quoi par exemple ?

- Si un mec a dragué une nana et qu’il s’est pris un râteau, je l’emmène dans le passé pour qu’il voit, qu’il comprenne et qu’il corrige ce qui n’a pas marché.

- Comment fais tu pour les aider à faire tout ça ?

- Je leur fais rejouer la scène autant de fois que nécessaire pour que ça marche.

- Et alors… ça marche ?

- Parfois, faut qu’il revienne plusieurs fois.

- Comment fais tu pour les emmener dans le passé ?

- J’ai construit un ascenseur. Les boutons correspondent aux dates. Il suffit de monter dedans et de choisir la bonne.

- Qui emmènes tu dans le passé ?

- Ceux qui me le demande.

- A quoi ça sert finalement tout ça ?

- A effacer les regrets, à être plus heureux.



Maryline Découvreur de nouveau monde.

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis découvreuse de nouveau monde.

- Qu’est ce que c’est ?

- Je vais visiter des gens dans des villages ou personne ne va jamais. Ils m’offrent généreusement l’hospitalité. Ils me racontent leur façon de vivre, leur quotidien. Moi en échange, je leur rends de petits services.

- Quels genres de services ?

- Travailler aux champs, traire le bétail, je participe aux tâches ménagères…

- Que fais tu de tout ce que tu apprends ?

- Je raconte mes voyages quand je rentre.

- A qui ?

- A tout le monde ! Le plus de monde possible en tout cas.

- Et comment fais tu ?

- Je fais des livres, des films, des spectacles !

- Mais à quoi ça sert ?

- A faire découvrir une vie plus simple, plus saine, plus humaine. Parce que chez nous, c’est plutôt l’indifférence. La peur de l’autre nous pousse à l’ignorer. En racontant je lutte contre l’ignorance et donc contre la peur et l’indifférence.




Ghilaisne Accepteur de différences

- Que fais tu ?

- Je suis Accepteur de différences

- A quoi ça sert ?

- Je permets de mettre tout le monde à égalité.

- Comment fais tu ?

- Je change le regard, afin que l’on voie tout le monde de la même façon.

- Comment change tu le regard ?

- En permettant de faire connaissance. Je crée des lieux de rencontre, d’échange, de partage afin que chacun comprennent que nous sommes tous égaux dans notre humanité.

- Quelles sont les choses qui rendent égaux ?

- Les émotions que nous vivons sont universelles.

- Vous êtes plusieurs à faire ce métier ?

- Oui ! on est nombreux sur cette planète, c’est pas le travail qui manque.

- Quelles qualités faut il pour être accepteur de différences ?

- Déjà, il faut bien se connaître soi-même, et s’accepter tel que l’on est. Ensuite on va vers les autres, on les accompagne dans leur démarche pour qu’il fasse de même. Et enfin, il reste à vivre ensemble en paix avec soi-même et avec les autres.

- Mais si on est tous pareil, on va pas s’ennuyer ?

- Mais le but n’est pas d’être tous pareils ! Mais d’accepter qu’on soit tous différents.

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