lundi 27 juin 2011

Dialogue d'auteur

Numerik:)livres à organisé un échange sous forme de dialogue à distance entre deux auteurs, Pierre Cinq-Mars (dont je vous recommande la lecture de son recueil de nouvelle, "l'homme est un mâle comme les autres") et moi même. Nous nous sommes prêtés au jeu des questions-réponses et cela à donné ceci. Expérience enrichissante, que ce partage sur les coulisses de l'écriture...

lundi 23 mai 2011

Femme... En toutes lettres

En exclusivité, un extrait audio de mon premier Roman : "Femme... En toutes lettres" bientôt disponible chez Numerik:)livres. La qualité du son n'est pas géniale, désolée.

vendredi 25 mars 2011

Projet spectacle pour enfant

J'ai commencé l'écriture d'un spectacle pour les très jeunes enfants, crèche et maternelle. Spectacle commandé par une metteur en scène avec qui j'adore travailler: Aneta Szyienkiel de la compagnie Jeden. En plus de l'écrire je vais le jouer.

Voici l'idée de base :

Parler du temps qui passe, aux tout petits, c’est mettre des mots, des sons, des images, sur la première notion qu’ils ont à appréhender mais aussi la plus longue à acquérir.

Le temps qui passe c’est par exemple la première chose qu’on demande d’apprendre au nourrisson: le jour et la nuit « dors mon bébé, c’est la nuit, on se retrouve demain ».
C’est du temps que découle la première séparation « je reviens »
mais c’est du temps aussi que viennent les premières ouvertures sur les autres, l’entrée en crèche puis à l’école.
Du temps encore que découle l’apprentissage de la patience « attend, j’arrive, c’est pas l’heure de manger encore … »

Le temps qui passe c’est aussi le changement, « comme tu as grandi, maintenant tu sais marcher, tu sais parler, tu sais … Quand tu seras plus grand tu pourras … »
C’est du temps que vient la liberté, le choix.

Le temps qui passe enfin c’est le cycle de la vie, « moi aussi j’ai été un bébé, maintenant je suis une maman/ un papa, à ton tour un jour tu deviendras un papa/une maman, et moi je serais une grand-mère/un grand père. »

C’est la perception du temps qui fait de nous des êtres humains. Elle est petite au tout début de notre vie, (c’est le jour, c’est la nuit) Elle s’agrandit et s’affine au fil du temps (le matin, le soir, puis les saisons, puis les années …)

Au travers de comptines, simples et ludiques, des images et des sons, nous voulons parler du temps qui passe qui fait que tout change mais que tout recommence aussi. Faire du temps un ami qui s’il nous prend parfois des choses, ils nous en apportent beaucoup en échange. Le temps qui passe c’est grandir, c’est apprendre et c’est un peu magique …

Et voici une des premières comptines que j'ai écrites. C'est un premier jet:

Berceuse

Le temps passe, mon trésor, mon amour
Les choses changent, mon trésor, mon amour
Tu le voies, tu le sens, mon trésor, mon amour
Mais on s’aimera toujours.

Maman, qu’est ce que c’est toujours ?

Regarde le soleil, il fait jour, mon trésor mon amour
Regarde la lune, il fait nuit, mon trésor mon amour
Le soleil et la lune chacun leur tour, mon trésor, mon amour
Forment le mot toujours.

Le temps passe, mon p’tit cœur, mon tout beau
Les choses changent, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu le voies, tu le sens, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu seras grand bientôt

Maman, qu’est ce que c’est bientôt ?

Tu sens comme il fait chaud, c’est l’été, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu sens comme il fait froid, c’est l’hiver, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu vois la pluie tomber, c’est l’automne, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu vois toutes les couleurs, c’est le printemps, mon p’tit cœur, mon tout beau
Toutes les saisons, chacune leur tour, mon p’tit cœur, mon tout beau
Forment le mot bientôt.

Le temps passe, mon trésor, mon amour
Les choses changent, mon trésor, mon amour
Tu le voies, tu le sens, mon trésor, mon amour
Mais on s’aimera toujours.

jeudi 6 septembre 2007

L'Amoureuse

Je viens de finir d'écrire ce monologue. L'idée est parti sur l'envie de traiter un fait divers, ce qui se cache derrière le fait divers, l'humanité monstruseuse. Un crime commis par une femme, puisque c'était une envie de travailler avec une comédienne, Marie Teissier. Au fil de l'écriture le fait divers s'est éloigné pour laisser la place à la tragédie, c'est le chemin naturel du théâtre.

Après avoir jeter ensemble les premières idées, je me suis mise au travail. Tout doucement, le personnage est apparu, il s'est affiné, tout doucement la narration a trouvé son rythme.

Quand j'ai dit que je viens de finir c'est que j'ai mis le mot "fin" au texte et qu'après lecture, Marie était heureuse du résultat. Possible, pas sur, mais possible que le texte évolue avec le travail de répétition.

Maintenant, il va me falloir prendre du recul pour passer à la mise en scène...

Nos premières représentations sont prévues à Nice, fin avril 2008.

Voici un extrait du texte, juste pour donner une idée ... sans rien dévoiler non plus ...

Au publique
Il y avait ce silence. Papa, maman, moi et le silence. Le poids étouffant du désamour qui se tait. Un gouffre dans lequel nous chutions, un abîme qui nous a tant abîmé...

Ma mère, amer, pleurait parfois de ces sanglots contenus, de ce regard vague, éteint. Elle plongeait dans son passé réinventé pour moi, pour elle. Mon père y tenait son rôle d'homme.
Elle l'aimait, l'avait aimé, l'aimait encore, croyait elle ...
Moi je me taisais, je me terrais en attendant de vivre. Si j'étais née en sortant du ventre de ma mère, elle ne m'avait pas pour autant donné la vie.
La vie, il me faudrait la prendre, la voler, la conquérir, plus tard. En attendant je me taisais et j'entendais sans écouter le bruit assourdissant du silence.

Mon père, aigri sans doute ... mais comment savoir ... Mon père, emmuré, enfermé, encarapaçonné, embarbelé. Mon père, l'inaccessible étoile morte, terreur et désir de mon enfance. Mon père faisait régner sa loi, celle du silence, en tyran propret, appliqué, intraitable jusqu'à l'absurde, digne jusqu'à l'horreur... Je l'aimais, l'avais aimé, croyais l'aimer encore ...
L'entendre me demander la salière était la preuve de son amour ...
Je me suis amusée à imaginer que ma mère ne salait jamais sa cuisine, juste pour ça, pour l'entendre demander la salière.
Sa façon à lui de nous dire je vous aime, sa façon à nous de le croire en tout cas. Probable, oui probable que l'amour n'y était pas...

Mais il y avait les livres de la bibliothèque municipale et Melle la bibliothécaire pour me parler. Dans cet espace réservé au silence respectueux des lecteurs, Melle me parlait, nous chuchotions, sa voix garde à jamais pour moi le parfum de son souffle mentholé. « Je te conseille celui-ci » et son petit clignement de l'oeil gourmand qui m'assurait les délices des mots enfin.
Je me souviens si bien d’avoir dévoré « L’étranger » et « la peste » de Camus, j’ai gardé intact en moi la trace du malaise qui répondait à mes angoisses d’alors.
Il y a eu Boris Vian, que je cachais à mes parents, rien que le titre de « J'irai cracher sur vos tombes" » les aurait effrayé.
Colette, quels délicieux souvenirs, ce parfum d’interdit, de liberté, d’indépendance.
J’ai été « l’Eléa » de « la nuit des temps » de Barjavel, c’est ainsi que je me sentais. J’avais dû vivre, il y a un million d’années, me réveiller comme une étrangère, à la recherche de mon grand amour.
Oh, et puis il y a eu aussi « la belle du seigneur » de Cohen, que j’ai autant aimé que détesté, j’étais tout à la fois Solal et Arianne, j’avais tellement mal avec eux, tellement mal avec ce réel toujours corrompue qui détruit tout.
Je me suis perdue dans les dédales de doïtoïevski, avec délices.
J’ai fantasmé sur « Tous les hommes sont mortels » de Beauvoir, j’aurai adoré rencontrer un immortel.
Je me suis laissée emporter par « les Hauts de Hurlevents », « Lady Chatterley ». J’ai lu tous les Françoise Sagan qui me passaient dans les mains, j’aimais ses héroïnes qui avaient toujours pour moi le visage de Romi Shneider, j’ignore pourquoi, sans doute à cause des films de Sautet. J’adorais les films de Sautet, ils montraient une vie réelle mais vivante, tout le contraire de la mienne…
Et puis bien sûr « les liaisons Dangereuses » de Laclos, le génie de Madame de Merteuil, la pureté de madame de Tourvel , j’étais les deux à la fois et c’est moi qui emportait Valmont.

Tous ces livres, tous ces mots criaient à mon coeur palpitant, sifflaient comme une balle, giflaient, frappaient, claquaient, tambourinaient, fouettaient, riaient, chantaient, dansaient, fêtaient, pleuraient, ils faisaient un boucan d'enfer, c'était le paradis.
C'est ici, c'est ainsi que la vie a pris corps en moi. Je suis née dans la bibliothèque municipale et Melle était une bien sage-femme.

A lui
Je me demande parfois comment deux Icebergs peuvent engendrer un volcan ...

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