Luce Colmant

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COMEDIENNE › Celle qui se bat comme un homme ... Andromaque

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lundi 24 octobre 2011

"Celle qui se bat comme un homme... Andromaque" revient

Auteur : Jean Racine Adaptation et mise en scène : Véronique ESSAKA- DE KERPEL Interprète-Luce COLMANT, Musicien-Ludovic GOMA

Centre Culturel Mathis 75019 Paris, le samedi 26 novembre à 20h

samedi 6 novembre 2010

Vidéo "celle qui se bat comme un homme... Andromaque"

Petite vidéo extrait de "celle qui se bat comme un homme... Andromaque"

lundi 11 octobre 2010

Demain c'est la première

Demain déjà, oui, ce sera la première de "Celle qui se bat comme un homme... Andromaque".

J'ai cette sensation étrange au creux du ventre. Cette petite boule d'énergie qui se concentre dans mon centre de gravitation. Je ne suis pas une grande traqueuse, en apparence du moins. Simplement à l'approche d'une première, je ne suis pas tout à fait la même. Je me sens électrique, recentrée, un peu absente au reste du monde.

Je ne réalise pas ce que va être ce spectacle, je ne veux pas réaliser, je laisse ça à la metteur en scène. Je sens que c'est quelque chose de fort, je sens que cela va être une expérience puissante pour moi et pour les spectateurs aussi, je crois. Une traversée dans le monde d'Andromaque, un voyage émotionnel hors norme dans la vie d'une femme. Ce n'est pas Andromaque qui est hors norme, mais bien les émotions qu'elle traverse.

Je m'appuie de tout mon être sur le texte, j'en reviens toujours à ça. Je raconte une histoire, et le texte m'emporte. L'alchimie qui se crée ne me regarde presque pas, je n'y pense pas. Je ne pense qu'à ce que je suis en train de dire, au moment ou je le dis. Je redécouvre les mots, les dis pour la première fois, et pour autant je sais parfaitement ou je vais.

L'émotion est une énergie qui nous traverse, qui fait son va et vient entre acteur et spectateur, elle circule, se partage, ce n'est pas sur elle que je me concentre, elle est comme autonome. Je n'ai pas prise sur elle, c'est ça en quelque sorte le lâché prise. Moi je suis avec les mots, dans les mots, dans les images, dans l'histoire que je me raconte, que je raconte.

La magie de la représentation c'est ce voyage. Et Andromaque est l'un des plus beaux que j'ai eu à faire et à partager.

samedi 25 septembre 2010

Répétitions "celle qui se bat comme un homme Andromaque"

On n'en fini jamais d'apprendre sur son métier de comédienne comme on n'en fini jamais d'apprendre sur soi.

Après mes débuts, où la quête de lâcher prise était le centre de mes préoccupations, où parfois je luttais pour ne pas penser, pour me laisser traverser, me voilà à l'approche de la quarantaine, dans la redécouverte de la maitrise. La voie du milieu est toujours la bonne mais qu'elle est longue à trouver. Le temps, la maturité sont mes alliés les plus surs. C'est fascinant d'avoir cette impression qu'un rôle arrive au bon moment, au moment ou vous êtes prêt à vivre et comprendre l'expérience proposée. Quand c'est le cas, j'ai l'impression de grandir, c'est extrêmement agréable.

Andromaque arrive à point nommé. J'ai la sensation d'être sur un fil, équilibriste entre deux abîmes, la maitrise et le lâché-prise, devoir me tenir exactement entre les deux pour ne pas sombrer.

Le fait d'être seule sur scène c'est à la fois plus de liberté et plus de danger aussi. (Mais j'aurai bientôt le musicien sur scène avec moi qui sera mon partenaire.) J'ai déjà eu à jouer des monologues, mais Andromaque c'est tellement beau, énorme. J'ai beau connaitre ce texte depuis longtemps, je l'ai fait travailler à des élèves à de nombreuses reprises, l'expérimenter ainsi c'est vraiment prendre conscience dans tout son être de sa richesse . J'ai souvent dit à mes élèves qu'entre deux alexandrins il y avait tout un monde. J'en fait l'expérience, cette condensation émotionnelle, et l'adaptation qui contracte en plus le temps, nous demande de nous arrêter quasiment sur chaque vers. pour donner à entendre ces mondes émotionnels qui se succèdent et même se juxtaposent. Car c'est bien l'enjeu donner à entendre, à voir, à sentir.

(à suivre)

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