Des hommes, leur mesquinerie et leur grandeur, des hommes paumés dans leurs émotions...
Nicole Garçia déshabille ses personnages et nous les montrent nus, fragile et beau...
Ils sont un peu pathétique, oui, on n'a pas tant l'habitude que ça de les voir ainsi ces hommes. D'habitude ils ont le costume de l'archétype. Même dans notre vie, je veux dire la vrai, la réel, bien dressé à se cacher, tellement bien dressé que bien souvent caché d'eux même.
Voilà qu'avec ce film, ces morceaux de vie, ces bouts d'humanités, je plonge dans le revers de la médaille, l'envers de leur décor-homme.
Il y a là de la finesse, parce qu'être humain en demande beaucoup, il y a là de la tendresse, parce que vivre en demande beaucoup, il y à là beaucoup d'humour parce que la vie nous propose souvent des situations absurdes.

Une sacré équipe d'homme, elle a, la Nicole Garcia, dans son film.
Jean Pierre Bacri : certains disent : "Bacri fait du Bacri", oui, parce qu'il a une voix particulière, parce qu'il a ce visage et qu'il n'a pas besoin de se métamorphoser de l'extérieur pour rendre toutes les nuances de ses personnages. Oui, Bacri est encore un bourru au coeur tendre, mais ce serait réduire condidérablement son personnage que de le résumer ainsi. Parce qu'il est ici aussi un homme qui aime écouter les autres, les fleurs, et une jeune femme. Enfin bref, Bacri est toujours juste et là encore il l'est.
Bennoît Magimel, irresistible regard bleu azur, et plus que cela, Benoît, le petit jeune de la bande, plus un gamin depuis longtemps avec des rôles toujours d'une grande force. Faut dire qu'il a du carisme Benoît, le genre intérieur, le genre concentré de quelque chose, intense, oui c'est ça, fait pas grand chose Benoît, pas grand chose qui se voit mais intense il l'est.
Benoît Poelvoorde, ce Benoît là, c'est une grande sauterelle, grande classe parfois, ridicule d'autre. Moi j'aime quand il en fait moins, et là il en fait moins. Il nous le donne ce personnage de grand con avec toutes les nuances du gosse qu'à grandi trop vite...
Vincent Lindon, la force tranquille, la force fragile, encore un sacré comédien, lui aussi toujours lui, toujours autre, c'est l'école française ça, moi j'aime bien. Pas besoin d'effet spéciaux, de métamorphose spectaculaire, tout se fait dedans et tout se ressent. La part belle faite à l'invisible, au mystère.
Il y a celui moins connu du grand public, Patrick Pineau, encore un regard qui en dit long sur l'âme.
Et puis l'enfant, Charlie, Ferdinand Martin, un futur homme qui trouve sa place ici, au coeur des hommes.

Et puis, et puis... Parcequ'ils sont nombreux ses personnages dans son film, parce qu'on s'attache à chacun le temps d'un seul plan parfois. C'est décousu, oui, mais pas dispersé, parce que l'histoire qui se raconte là, c'est l'histoire de ces hommes qui ne sont ni princes, ni héros, ni gagnant, ni looser. Ces hommes qui sont ceux que nous cotoyons chaque jour mais que jamais nous n'avons l'occasion de voir ainsi.
Pourquoi j'ai aimé ce film, peut être parce qu'il ouvre encore mon horizon, peut être parce que mon regard ne sera plus tout à fait le même sur ces hommes que je croise tous les jours, ces étranges étrangers que sont les hommes...