Luce Colmant

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dimanche 10 février 2013

La soupe aux cailloux

Extrait première version scène 1 de l'adaptation d'un conte vieux comme le monde. Projet spectacle pour enfant pour la compagnie Jeden.

La soupe aux cailloux

Scène 1 :

Le voyageur :

chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Il continue à chantonner sa chanson de moins en moins fort jusqu'à ce qu'il voit le village

Le voyageur : Oh, un village ! Des cheminées qui fument ! Ça sent bon ! On me donnera bien un peu de pain, un bol de soupe ! Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une femme ouvre : Qui c'est ? Qu'est ce que vous voulez ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

La femme lui claque la porte au nez

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin … Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Rien ne se passe, personne n'ouvre.

Le voyageur : J'entends des pas, il y a quelqu'un derrière cette porte. Pourquoi on m'ouvre pas ?

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une voix off : Partez ! Partez ! Nous n'avons rien à vous donner !

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin... Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Un homme ouvre : Qu'est ce que tu veux, loqueteux ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

L'homme : Va t'en ! Ici on n'aime pas beaucoup les gens qui viennent de loin !

Il lui claque la porte au nez

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin … Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Pas de réponse

Le voyageur : Personne cette fois-ci. Bon, il ne reste que celle là. La dernière du village, tout au bout du chemin.

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une femme ouvre : Il veut quoi ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes …

la femme : C'est bon, pas besoin de chansons ! Parle clair et vite, pas qu'ça à faire moi !

Le voyageur : Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

La femme : Mais qu'est ce qui croit ? Qu'on est riche ? Déjà pas assez à manger pour moi alors pour lui ! Quand on est sur les chemins comme toi on se débrouille ! L'a qu'à manger de la soupe aux cailloux !

Et elle lui claque la porte au nez ! Le voyageur s'assoit pour réfléchir.

Le voyageur :

Chanson :
l'a qu'à manger de la soupe au cailloux
c'est tout, c'est tout
quand on n'a pas un sou !
l'a qu'à manger de la soupe au cailloux

Le voyageur : Ramassant un joli cailloux au sol
Et ben, elle croit pas si bien dire ! Je m'en vais faire une bonne soupe aux cailloux !

Chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Permettez à un pauvre voyageur qui a vu tant de monde, qui a dansé tant de rondes, d'avoir au moins une marmite avec un peu d'eau, et une place sur le feu, pour faire cuire son cailloux.

La femme ouvre la porte : C'est qu'il a l'air sérieux ! C'est un fou ! Et bien voyons, suis curieuse de savoir comment qu'il va la faire sa soupe aux cailloux. Allez entre !

vendredi 15 juin 2012

La ronde

Hier soir mes élèves ont joué leur dernière de "La Ronde". En les regardant jouer chacun, je me disais "wow, quelle liberté ils ont gagné, quel plaisir ils ont de jouer". Et mon petit cœur de prof en a ressenti une grande fierté. L'année prochaine je pars m'installer à Tours et les abandonne, mais ils n'ont plus besoin de moi. Ils ont acquis l'essentiel, le reste ils l'apprendront au fur et à mesure de leurs expériences.

Isabelle dans le rôle de la fille. Belle et touchante dans son personnage, elle a laissé sa carapace dans les coulisses et nous a montré sa délicate fragilité. Elle était très belle, dans tous les sens du terme.

Adrien dans le rôle du curé. Le cadet de l'équipe, passe son bac scientifique cette année. J'espère pour lui que des jeunes filles l'ont vu jouer parce que la première chose qui m'a frappé quand la lumière s'est allumée c'est " wow, comme il est beau!". Il y a quelques années, je revois cet adolescent du haut de ses quinze ans, débarqué parmi les grands, un peu timide et un peu maladroit, et je le regarde aujourd'hui, jeune homme devenu, une grande présence, une grande intelligence. Il a de l'avenir le petit ;-)

Pierre dans le rôle du soldat. Il m'a impressionné. Il s'est surpassé. J'étais très heureuse de le voir oser, s'amuser. Je le remercie de ce joli cadeau. Pierre est une personne d'une grande justesse dans son jeu, mais jusqu'à présent il manquait toujours d'une forme d'assurance qui lui permette de se dépasser. Hier soir ce fût chose faite. Mission accomplie ;-)

Anne Charlotte : Deux rôles à assurer. La femme de Chambre et la comédienne. Dans le premier, jeune fille fraiche, avec son joli accent du sud, dans le second femme fatale. J'ai un message personnel à lui adresser. "Tu es définitivement une femme magnifique, tu ne peux plus en douter et tu as assuré grave hier. Je te donne rendez vous un de ces jours pour madame de Merteuil." Anne Charlotte, c'est le genre d'élève qui assure toujours, qui ne fait jamais d'histoire, qui accepte ce qu'on lui confie, qui ne râle pas quand elle est frustrée d'avoir un rôle moins important. Qui est toujours prête à relever les défis et qui ne se défile pas devant la difficulté. Très réactive et réceptive dans le travail. Le bonheur d'une prof de théâtre quoi. Alors, un jour, elle aura confiance en elle, et ce jour là, je vous le dit elle va tout exploser.

Florian dans le rôle du jeune homme : Ah Florian ! Il été tellement bon hier soir ! J'ai pas vu de différence avec un pro. Que de progrès réalisés en deux ans de travail. Quel parcours quand on y songe. Il s'est révélé cette année. C'était un pur plaisir de le voir s'amuser et d'entendre le public rire. L'année prochaine, si tu continue le théâtre Flo, va te frotter au drame, histoire de te lancer un nouveau défi. Parce que la comédie, tu sais la jouer maintenant !

Hélène dans le rôle de la jeune femme : Elle n'a jamais été aussi juste, précise, présente qu'hier soir. C'était un vrai aboutissement de la voir, exactement telle que je l'avais imaginé quand je lui ai confié le rôle en début d'année, et même un peu delà. Son visage si expressif au service de son personnage, la qualité de son écoute avec ses partenaires, c’était très bon. La scène avec Florian était vraiment très très réussi et comme nous savons d'ou nous sommes partis, c'est encore plus beau de la voir aboutir.

Philippe dans le rôle du mari. En voilà un qui s'est fait plaisir au maximum. il s'est installé dans rôle, genre, ici c'est chez moi, je décide. Son rôle est sans doute le plus ingrat, parce que le plus bavard et le plus antipathique, mais il nous a fait profité de chaque mot, de chaque horreur prononcé par ce personnage odieux, il faut bien le dire, et nous avons bien rit. Alors un grand bravo Monsieur.

Magali dans le rôle de la grisette: Des Progrès fulgurants, une grande justesse de jeu, un sens comique incroyable, une expressivité hilarante, une énergie de feu, une grande exigence de travail, chapeau bas, mademoiselle. Quand je regarde en arrière je suis impressionnée par le chemin fulgurant que tu as fait en deux ans. Tu as une formidable présence.

Gabriel dans le rôle de l'homme de lettre: Mon Louis Jouvet. Là encore en deux ans, quel chemin ! Quelle liberté dans le jeu ! et quelle voix il a ce Gabriel ! Bravo ! Bravo ! bravo ! Que dire d'autres !

Freddy dans le rôle du conte. Que de nuances dans ce rôle et dans son jeu ! C'était très difficile et c'est devenu facile en le regardant jouer hier. La scène le transforme, le transcende. Bravo !

A tous encore bravo et encore merci pour cette année, qui ne fût pas facile pour moi à d'autres égards et que vous avez allégé bien souvent de votre bonne humeur, de votre énergie, de votre motivation. Je n'oublierai jamais ce travail, ni aucun de vous. Et j'espère vous retrouver au hasard ou pas de la vie pour d'autres aventures théâtrale. à Bientôt.

dimanche 3 juin 2012

Mademoiselle Julie à L'odéon

J'ai vu "Mademoiselle Julie" de Strinberg à l'odéon.

Un beau décor, une belle mise en scène intelligente, de bons acteurs, mais que m'a t-il manqué ? Ah oui, voilà, l'émotion. Oui, c'est cela sans doute, et je crois même que c'est voulu. ça me fait pensé à Céline, une vision de l'humanité médiocre, qui ne crée aucune empathie avec aucun des personnages. On les regarde, c'est comme de lire les déboire de Paris Hilton dans un magasine de papier glacé dans la salle d'attente de chez le médecin, je m'en fout.

C'est surement très juste par rapport à ce qu'à voulu l'auteur, c'est surement très réussi. Mais je suis déçue. Il faut dire que j'ai joué "Mademoiselle Julie" il y a quelques années, que je me suis battue pour comprendre, pour entrer en empathie avec elle, que nous en avions fait un personnage de chair, de sang, de désir, de destruction, de désir de destruction, que mon Monsieur Jean et sa Christine était des personnages tournés vers la vie, avec ses arrangements, ses mesquineries, ses petits combats, mais portés par leur pulsion de vie, tandis que Mademoiselle Julie n'était porté que par sa pulsion de mort. Qu'elle faisait tout pour empêcher la vie d'arriver, tout pour se faire croire quelle subissait une inertie qu'elle créait. C'est humain ça, ça vaut le coup de s'y intéresser, ça vaut le coup d'en être touché.

Enfin, avec Juliette Binoche dans le rôle titre, j'espérais être épatée, j'espérais prendre ma leçon, j'espérais avoir une révélation sur ce rôle qui m'a donné tant de fil à retordre. Avec Juliette Binoche, il y avait de quoi déchirer. Mais hélas ce ne fût pas le cas. C'est une excellente actrice. Oui mais ...

Au début je me suis dit "ah c'est chouette, j'aime le décor, j'aime cette boite toute blanche, ces grandes baies vitrées, ces gens qui dansent au fond, cette cuisine moderne. Puis je me suis dit "ah les voies des acteurs soutenue par les micros pour passé au dessus de la musique, ça met à distance. Bon on est au cinéma là, pas au théâtre. Et puis j'ai oublié, parce que ça joue tout de même. Une sorte d'hypnose opère sur la première partie. Puis le temps passe et rien ne monte, je me suis dit " tiens on en est là, bon, dommage je n'ai rien ressenti sur ce passage là" et puis le temps passe et on reste froid, et le suicide de Mademoiselle Julie, au final, on s'en fout...

Ils ont surement raison. C'est surement très intelligent, peut être trop intelligent. Je ne me suis pas ennuyée mais j'ai quitté la salle avec cette impression de "bon et alors ?" Décidément, j'attends autre chose du théâtre.

lundi 14 mai 2012

La Ronde D'Arthur Schnitzler

laronde-1.jpg

La petite troupe d'amateur que j'ai le plaisir de faire travailler cette année va se produire les 11, 12 Juin à 19h et les 13, 14 Juin à 21h au passage vers les étoiles, 17 cité Joly, 75011 Paris

Ils vont jouer: La Ronde d'Athur Schnitzler

La ronde c'est celle du désir qui nous entraine. Les personnages se cherchent entre plaisir et culpabilité et nous entrainent dans une ronde de situations drôles souvent, pathétiques parfois. Du curé à la prostitué, c'est aussi une ronde de personnages qui défilent, des archétypes mais pas des caricatures. L'écriture d'Athur Schnitzler est sans pitié, coriace, vive. Dans cette adaptation, les acteurs jouent le jeu de cette ronde aussi affolante qu'affriolante et c'est jubilatoire.

Les réservations sont accessibles sur billetreduc.com au tarif préférentiel de 8 euro. Sinon, le jour J sur place c'est 10 euro. (le prix des places a été conçue pour nous permettre de rentrer dans les frais de location de la salle)

Je suis très heureuse de ce travail que nous avons effectué ensemble cette année. C'est toujours extrêmement agréable de travailler avec des amateurs aussi passionnés, aussi engagés, aussi sérieux dans leur pratique théâtrale. Cela nous donne un spectacle charmant, drôle, tonique. Un bon moment de théâtre, vivant comme il se doit.

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