lundi 23 mai 2011

Femme... En toutes lettres

En exclusivité, un extrait audio de mon premier Roman : "Femme... En toutes lettres" bientôt disponible chez Numerik:)livres. La qualité du son n'est pas géniale, désolée.

vendredi 25 mars 2011

Projet spectacle pour enfant

J'ai commencé l'écriture d'un spectacle pour les très jeunes enfants, crèche et maternelle. Spectacle commandé par une metteur en scène avec qui j'adore travailler: Aneta Szyienkiel de la compagnie Jeden. En plus de l'écrire je vais le jouer.

Voici l'idée de base :

Parler du temps qui passe, aux tout petits, c’est mettre des mots, des sons, des images, sur la première notion qu’ils ont à appréhender mais aussi la plus longue à acquérir.

Le temps qui passe c’est par exemple la première chose qu’on demande d’apprendre au nourrisson: le jour et la nuit « dors mon bébé, c’est la nuit, on se retrouve demain ».
C’est du temps que découle la première séparation « je reviens »
mais c’est du temps aussi que viennent les premières ouvertures sur les autres, l’entrée en crèche puis à l’école.
Du temps encore que découle l’apprentissage de la patience « attend, j’arrive, c’est pas l’heure de manger encore … »

Le temps qui passe c’est aussi le changement, « comme tu as grandi, maintenant tu sais marcher, tu sais parler, tu sais … Quand tu seras plus grand tu pourras … »
C’est du temps que vient la liberté, le choix.

Le temps qui passe enfin c’est le cycle de la vie, « moi aussi j’ai été un bébé, maintenant je suis une maman/ un papa, à ton tour un jour tu deviendras un papa/une maman, et moi je serais une grand-mère/un grand père. »

C’est la perception du temps qui fait de nous des êtres humains. Elle est petite au tout début de notre vie, (c’est le jour, c’est la nuit) Elle s’agrandit et s’affine au fil du temps (le matin, le soir, puis les saisons, puis les années …)

Au travers de comptines, simples et ludiques, des images et des sons, nous voulons parler du temps qui passe qui fait que tout change mais que tout recommence aussi. Faire du temps un ami qui s’il nous prend parfois des choses, ils nous en apportent beaucoup en échange. Le temps qui passe c’est grandir, c’est apprendre et c’est un peu magique …

Et voici une des premières comptines que j'ai écrites. C'est un premier jet:

Berceuse

Le temps passe, mon trésor, mon amour
Les choses changent, mon trésor, mon amour
Tu le voies, tu le sens, mon trésor, mon amour
Mais on s’aimera toujours.

Maman, qu’est ce que c’est toujours ?

Regarde le soleil, il fait jour, mon trésor mon amour
Regarde la lune, il fait nuit, mon trésor mon amour
Le soleil et la lune chacun leur tour, mon trésor, mon amour
Forment le mot toujours.

Le temps passe, mon p’tit cœur, mon tout beau
Les choses changent, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu le voies, tu le sens, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu seras grand bientôt

Maman, qu’est ce que c’est bientôt ?

Tu sens comme il fait chaud, c’est l’été, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu sens comme il fait froid, c’est l’hiver, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu vois la pluie tomber, c’est l’automne, mon p’tit cœur, mon tout beau
Tu vois toutes les couleurs, c’est le printemps, mon p’tit cœur, mon tout beau
Toutes les saisons, chacune leur tour, mon p’tit cœur, mon tout beau
Forment le mot bientôt.

Le temps passe, mon trésor, mon amour
Les choses changent, mon trésor, mon amour
Tu le voies, tu le sens, mon trésor, mon amour
Mais on s’aimera toujours.

mardi 1 mars 2011

Stage de théâtre à Nice, les photos

Stéphanie, Luce

cliquez sur la photo pour voir l'album

lundi 6 décembre 2010

Rêve d'automne

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Cher monsieur Chéreau

La première mise en scène de vous que j'ai eu le bonheur de voir en vrai était "Le Temps et La Chambre" de Botho Strauss. J'avais alors à peine plus de vingt ans. J'étais une apprenti comédienne. Je me souviens si bien de l'émotion éprouvée alors. Hier j'ai vu votre mise en scène de "Rêve d'automne" de Jon Fosse et je sais déjà que ce spectacle va laisser une trace indélébile en moi, comme il y a vingt ans presque.

Votre théâtre se passe d'argument, il est juste nécessaire, pas seulement au théâtre, mais nécessaire à la vie tout court. On ne le sait pas toujours, et particulièrement dans notre époque ou l'utile se dispute à l'inutile dans un acte de consommation et ou l'on oublie que vivre c'est être et non pas avoir. Votre théâtre est nécessaire dans ce sens là. J'ai encore des larmes dans les yeux en vous écrivant ceci.

Dans le texte de présentation que vous avez écrit et que j'ai lu dans le programme qu'on nous donne à l'entrée de la salle, vous dites : "Les hommes vivent longtemps encore quand tout semble mort en eux, c'est sans doute ce qu'on appelle la vie de tout les jours". En lisant ceci je devinais déjà les échos et les émotions que j'allais éprouver devant votre spectacle. Mais quel sorcier êtes vous donc pour donner à vos acteurs cette incroyable densité ?!

"Rêve d'automne", est un texte mystérieux, comme "Le Temps et La Chambre", parce que banalité des mots et pourtant il frappe juste. Il frappe oui, une grande claque comme après une séance chez le psy qui nous a bien retourné, mais ou l'on sent, sans savoir exactement pourquoi, qu'on a fait un grand pas en avant. Vous n'évitez aucune de ses difficultés, vous n'êtes jamais dans l'esquive, vous nous laissez nous perdre mais jamais vous ne nous abandonnez. J'ai cru à mille histoires possibles, mais au fond je sentais qu'il n'y en avait qu'une. J'étais perdu, mais je n'avais pas peur. J'assistai à la beauté. Cette beauté faite de désir et de cruauté, de haine et d'indifférence, de mépris et d'amour, de tant d'amour, de trop d'amour, beauté humaine qui me déchire l'âme tant elle me bouleverse.

Et vos acteurs, je ne peux dire autrement, il semble vôtres, en effet. Vos acteurs sont des arcs tendus, tendus à l'extrême, denses, tenus, ils sont magnifiques, drôles, émouvants, mais ils sont cela totalement, ils sont cela presque trop, oui, trop, au bord de l'éclatement. Et pourtant, ce n'est pas pendant le spectacle que j'ai pleuré, c'est à la fin, pendant les applaudissements. J'ai pleuré comme une petite fille qui ne sait pas bien pourquoi elle pleure, je savais juste que je venais d'assister à quelque chose de sublime. Et plus tard, seule dans le train qui me ramenait chez moi, et plus tard encore dans les bras de mon compagnon qui ressemble beaucoup à votre personnage. j'ai pleuré des flots, des vagues. Me revient en mémoire cette phrase " ensemble comme les vagues et le vent".

Et puis, il ne faut pas oublier le décor, le musée, le cimetière de l'Histoire. Un décor monumentale au sens littéral du terme. Comment faites vous donc pour avoir des décors si imposants, ces hauteurs qui nous dépassent à l'échelle humaine, sans que jamais vos acteurs en soient écrasés ? Cela m'avait déjà marqué dans le temps et la chambre. Je me souviens de Anouk Grimberg, si petite, si menue, faisant claquer des portes immenses, l'image que j'en ai gardé. Sans doute est ce parce qu'il n'y a rien de petit chez vos acteurs, sans doute parce qu'ils ont la puissance des grands rois. Ils sont rois, reines, empereurs, impératrices, de l'émotion.

Hier soir, après les larmes, je me suis sentis fatiguée comme si j'avais joué moi même la pièce, fatiguée mais aussi heureuse. Pas vidée, non, par l'émotion, au contraire remplie.

il y a quelques années, j'ai pris le risque inconsidéré de faire moi même une mise en scène de "Le Temps et La Chambre". Je voulais aller me frotter à ce texte, je n'étais pas tout à fait prête. J'ai conscience de mes réussites comme de mes échecs, mais j'ai tenté l'expérience, relevé le défi. Je l'ai commencé en aveugle, ne sachant pas bien quel était ce désir qui me prenait, je ne l'ai su qu'après. C'est étrange de penser que, bien que hantée par votre mise en scène, je ne me suis pas sentie écrasée par elle. Il y a cela dans votre travail, vous n'écrasez pas, vous sublimez. Vous ouvrez des portes et on a envie d'aller voir ce qu'il y a de l'autre côté, vous êtes source d'inspiration. Alors pour tout cela. Merci, du fond de mon cœur monsieur Chéreau. Je suis venue voir votre pièce, c'est un cadeau que l'on m'a fait pour mes quarante ans. Quel cadeau !

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