Luce Colmant

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vendredi 17 janvier 2014

C'est quoi ce travail ?

"C'est quoi ce travail ?", c'est le titre du spectacle qui aura lieu le Mardi 21 Janvier 2014 à l'espace Malraux à Joué les Tours. C'est le résultat d'un travail fait avec la compagnie l'Arc-Electrique, la compagnie Pih-Poh, le centre social de la Rabière et le collège de la Rabière.

Je suis intervenue au centre sociale et au collège pour animer des ateliers d'écritures autour du thème du travail. Les textes produits par les participants seront lut, jouer et exposé par eux lors de ce spectacle. En voici quelques extraits :

Josette : Rembarreur de rembarreurs

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Rembarreuse de rembarreurs

- Qu’est ce que c’est ?

- Si j’entends une personne qui dit du mal d’une autre personne, je la rembarre.

- Et tu travailles ou ?

- Oh, ben partout ! Sur les marchés, dans la rue, tout les lieux publics.

- Mais, à quoi ça sert ?

- Ça sert à faire taire les imbéciles.

- Oh ! trop bien ! Mais comment tu fais ? Tu m’apprends ?

- Ça ne s’apprend pas, on nait avec.

- Mince ! Bon, comment tu fais, toi ?

- Je ne sais pas. C’est plus fort que moi. Je ne sais pas comment ça marche, mais ça marche.

- Raconte nous une fois où tu as rembarré quelqu’un.

- Par exemple, au marché, une personne, mal élevée touche à tout, les fromages, les œufs, les poulets… Je lui dis : « Faut pas toucher madame, c’est défendu ! c’est pas bon pour l’hygiène ! » ça ne lui plait pas. Elle commence à m’engueuler ! Elle dit : « Je fais ce que je veux, si ça vous plait pas c’est pareil ! » Et puis elle m’insulte ! Alors là ! La colère me prend ! Je lui dis : « Si vous n’êtes pas contente, allez voir ailleurs ! »

- C’est tout ? ça a l’air facile.

- Ce n’est pas si facile d’être franche, on peut toujours y perdre quelque chose.

- Et vous êtes plusieurs à être rembarreur de rembarreur ?

- Peut être, mais ils ne sont pas tous aussi doué que moi !



Yvonne Ange gardien

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Ange Gardien

- Ah bon ?

- Oui

- Comment ça marche ?

- Comme ça (elle claque des doigts)

- Et alors qu’est ce qu’il se passe ?

- Et ben, imagine. C’est un peu le bordel quelque part. J’arrive, je fais clac ! Et la personne qui rentre chez elle, elle dit « Mais qu’est ce que c’est bien rangé ! »

- C’est Tout ? Tu fais que ça ?

- Ben non hein. Quelqu’un perd son travail, je fais clac et il en trouve un. Quelqu’un se casse une jambe, je fais clac et c’est réparé. Une personne vole dans un magasin, je fais clac et c’est remis en place. Je peux faire à manger, faire les courses, tout les trucs chiants qui prennent du temps, je fais clac et hop c’est fait. Par contre, si une personne vient me voir parce que … Elle en a marre de son mari qui rouspète après elle… Par exemple, je lui dit « Je ne peux pas me mêler de ces affaires là, c’est très délicat les affaires de cœur ».

- Alors, qu’est ce que tu fais pour elle ?

- Je lui dis d’envoyer son mari chez « l’amour de cœur »

- Et si le mari ne veut pas ?

- Je claque des doigts et il obéit !



Dominique L’amour de cœur

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Amour de Cœur

- Wow ! c’est quoi ?

- Je donne un cœur à ceux qui n’en ont pas, je répare les cœurs brisés, je redonne de la vie au cœur racorni ou desséché…

- Comment fais tu ?

- Alors … Juste un regard !

- T’es trop fort ! Un regard suffit ? Qu’est ce qu’il a de spécial ce regard ?

- Il a un secret.

- Quel est ce secret ?

- Il a une puissance d’humanité.

- Une puissance d’humanité ? Tu peux nous expliquer ?

- Je rencontre une personne dure, qui n’a pas de cœur, par exemple. La première chose que je fais c’est de dialoguer pour comprendre.

- Comprendre quoi ?

- La blessure d’origine.

- Et ensuite que fais tu ?

- Je parle avec elle et pendant qu’on parle, avec mon regard, je lui transmets de la tendresse, de la compréhension, de l’amour, de l’empathie, de la compassion, du respect, bref, tout ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité.

- Est ce que tu peux enseigner ton regard d’humanité ?

- Je ne peux pas vraiment l’enseigner, mais cela s’apprend quand même.

- Comment ?

- On apprend en faisant.



Christiane Empêcheur de vieillir

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Empêcheuse de vieillir

- Comment fais tu ?

- Je sors ma baguette magique.

- Que fais tu avec ta baguette magique ?

- Je regarde dans les yeux et je dis « garde ta jeunesse éternelle »

- Et c’est tout ?

- Ah ! J’ai ma formule secrète aussi !

- Allez, dis nous !

- Non, je ne peux pas, c’est secret !

- Mais, tu es la seule à la connaître ?

- Oui.

- Et si tu meurs, personne ne pourra plus jamais faire empêcheur de vieillir ?

- Si ! Je transmettrais !

- A qui ?

- Je ne sais pas encore !

- Dis … Est ce que tu rends les gens immortels ?

- Non ! Il meurt jeune et en bonne santé !



Jacqueline Ralentisseuse de vie.

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Ralentisseuse de vie.

- Pourquoi fais tu cela ?

- Parce que la vie va trop vite !

- Comment fais tu ?

- J’ai une pendule qui va moins vite.

- Comment elle fait pour aller moins vite ?

- Les secondes durent plus longtemps.

- Est ce que c’est vraiment utile ?

- Oui, très utile ! Quand on a plus de temps on peut faire plus de choses. On a plus le temps de partager, on a plus de temps pour ses amis, on a plus de temps pour réaliser ses rêves.

- Et vous êtes nombreux à faire ce métier ?

- Non je suis seule ! Mon horloge règle le temps de tout le monde.

- Mais alors ? Pourquoi y a t-il des gens qui trouvent que ça va quand même trop vite ?

- Parce qu’on n’est jamais content ! On en veut toujours plus !

- Et alors, qu’est ce que tu fais pour ceux qui en veulent plus ?

- Je ralentis encore.

- Jusqu’à ce qu’on s’arrête ?

- Non ! Si on s’arrête, on meurt. Il faut trouver l’équilibre.



Marie Hélène Distributeur de gratuité

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis distributrice de gratuité ?

- Comment fais tu ?

- J’ai un orgue de Barbarie. Au lieu que ce soit de la musique qui sorte, ce sont des baisers, des câlins, des cœurs, des bouquets de fleurs, des rayons de soleil …

- Mais tu distribues du bonheur ?

- Attend je n’ai pas fini de t’expliquer !

- Pardon, je t’écoute. Comment ça marche ?

- Avec ce que je leur donne, les gens peuvent, selon leurs besoins, aller échanger avec d’autres.

- On peut échanger un bisou contre du pain ?

- Oui.

- Un sourire contre un chapeau ?

- Oui.

- Un câlin contre un vélo ?

- Pourquoi pas.

- Un rayon de soleil contre de l’eau ?

- Oui

- Une chanson pour se faire soigner ?

- Oui

- Une danse contre un toit ?

- Oui, oui, oui ! On peut échanger tout ce qu’on veut contre un peu d’amour et de bonheur.

- Ah ouais ! Trop fort ! trop beau ! ça fait super envie. Vous êtes nombreux à faire ça ?

- On commence oui. On est de plus en plus, c’est un métier d’avenir. Parce que maintenant, c’est ça qu’il faut faire.

- Tu peux nous donner quelque chose maintenant pour échanger ?

- Quoi ?

- Un rêve !



Christine La bonne étoile

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis Bonne étoile

- Qu’est ce que c’est ?

- Je suis l’espoir. Je suis ce à quoi on s’accroche quand la vie est difficile.

- A quoi ça sert ?

- Ça sert à tenir bon.

- Comment fait on appel à toi ?

- En lisant, en priant, en rêvant…

- Hum… Je penserais à toi quand se sera difficile pour moi.

- Je serais une petite lumière qui brille dans ton ciel. Tu me verras bien.

- Tu veux bien être ma bonne étoile alors ? Oh merci !

- La tienne, et celle de tous ceux qui souffrent…



Morgan Ventilateur de querelle de famille.

- Que fais tu ?

- Je suis ventilateur de querelle de famille.

- Comment ça ?

- Je disperse les querelles, j’aère le monde.

- Comment fais tu ?

- Je me remplis d’air et je souffle très fort.

- Sur quoi souffles tu ?

- Je souffle sur les rancœurs. Parfois, dans les familles, il y a des vieilles histoires pourries qui remontent à la surface, ça sent mauvais comme une pièce qui n’aurait jamais été aérée. Alors je souffle un bon coup et j’aère les cœurs.

- Comment arrives tu à avoir un tel souffle ?

- Je vais à la piscine pour m’entrainer deux fois par semaine. J’ai été 8 fois champion de souffle ! Quand j’éternue, ça déménage !



Emilie Chasseur de violence

- Que fais tu ?

- Je suis chasseresse de violence.

- Comment fais tu ?

- Je fais de la médiation, du dialogue.

- Et que dis tu alors ?

- D’abord j’essaie de comprendre

- Comprendre quoi ?

- D’où vient cette violence !

- Et elle vient d’où ?

- Ça dépend. D’un malentendu le plus souvent, mais parfois d’un abandon, d’une injustice, d’une rupture sentimentale ou d’un énorme chagrin, de la peur, surtout la peur de la différence, d’une indignation, du mépris, d’une trahison…

- Oh là ! Tout ça, ça peut faire de la violence ?

- Et beaucoup d’autres choses encore.

- Bon, et quand tu as compris que fais tu ?

- Je leur explique que la violence ne sert à rien.

- C’est tout ? ça marche pas souvent ça.

- Alors j’appelle le messager de paix.

- Que fait il ?

- Il fait parler chacun jusqu’à ce qu’ils s’écoutent, se comprennent, et acceptent de faire la paix.

- Et ça, ça marche ?

- Souvent oui.

- Et quand ça ne marche pas ?

- Alors, je sors ma boîte à douceurs. Quand je l’ouvre, c’est comme si j’ouvrais la porte des cœurs et la paix vient s’y glisser.



Mado Semeur de révolte

- Que fais tu ?

- Je suis semeuse de révolte

- Comment fais tu ?

- Je dis à ceux qui se plaignent, qu’il ne faut pas se laisser abattre, qu’il faut retrousser ses manches ?

- Pour quoi faire ?

- Pour se battre, défendre ses idées, lutter contre toutes les injustices.

- Quel est ton outil ?

- La discussion.

- A quoi ça sert ?

- A changer le monde !

- Est ce que vous êtes nombreux ?

- Oui, car l’union fait la force.

- Mais est ce que vous êtes assez nombreux ?

- On n’est jamais assez nombreux pour réveiller le monde.

- Vous embauchez alors ?

- Oui pas de problème.

- Qui ? Je veux dire, faut quoi comme qualité pour faire ça ?

- Faut en vouloir, faut chercher à savoir, faut pas être timide, faut avoir du courage et surtout, il faut y croire.



Natacha D.U.T.R

- Que fais tu ?

- Je suis D.U.T.R

- Qu’est ce que c’est que ça ?

- Donneur universel de travail rémunéré.

- Wow ! Comment fais tu ?

- Je crée, j’invente des métiers, pour que chaque personne trouve celui qui lui convient. Par exemple, j’ai inventé le « rembarreur de rembarreurs » ou le « semeur de révolte » ou encore « le chasseur de violence » …

- C’est toi qui a inventé tout ça ? Mais comment fais tu ?

- Je fais appel à mon imagination.

- Et il y en a d’autre des D.U.T.R ?

- Il y en a plusieurs. Plus on est nombreux, plus notre imagination est riche, plus il y a de nouveaux métiers et moins il y a de gens sans travail.

- Pourquoi fais tu cela ?

- Tu sais, avant, on avait une carrière toute tracée, qu’on pouvait faire toute sa vie. Maintenant, c’est difficile de trouver du travail, de le garder. C’est pour ça que nous en inventons tout le temps.

- Pour qui fais tu cela ?

- Pour tout le monde, mais surtout pour la jeunesse.

- Pourquoi ?

- Parce que la jeunesse est notre promesse.



Patrick Guide

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis guide.

- De quoi ?

- De voyage dans le passé.

- Pour quoi faire ?

- Pour refaire faire ce qui n’a pas fonctionné.

- Quoi par exemple ?

- Si un mec a dragué une nana et qu’il s’est pris un râteau, je l’emmène dans le passé pour qu’il voit, qu’il comprenne et qu’il corrige ce qui n’a pas marché.

- Comment fais tu pour les aider à faire tout ça ?

- Je leur fais rejouer la scène autant de fois que nécessaire pour que ça marche.

- Et alors… ça marche ?

- Parfois, faut qu’il revienne plusieurs fois.

- Comment fais tu pour les emmener dans le passé ?

- J’ai construit un ascenseur. Les boutons correspondent aux dates. Il suffit de monter dedans et de choisir la bonne.

- Qui emmènes tu dans le passé ?

- Ceux qui me le demande.

- A quoi ça sert finalement tout ça ?

- A effacer les regrets, à être plus heureux.



Maryline Découvreur de nouveau monde.

- Qu’est ce que tu fais ?

- Je suis découvreuse de nouveau monde.

- Qu’est ce que c’est ?

- Je vais visiter des gens dans des villages ou personne ne va jamais. Ils m’offrent généreusement l’hospitalité. Ils me racontent leur façon de vivre, leur quotidien. Moi en échange, je leur rends de petits services.

- Quels genres de services ?

- Travailler aux champs, traire le bétail, je participe aux tâches ménagères…

- Que fais tu de tout ce que tu apprends ?

- Je raconte mes voyages quand je rentre.

- A qui ?

- A tout le monde ! Le plus de monde possible en tout cas.

- Et comment fais tu ?

- Je fais des livres, des films, des spectacles !

- Mais à quoi ça sert ?

- A faire découvrir une vie plus simple, plus saine, plus humaine. Parce que chez nous, c’est plutôt l’indifférence. La peur de l’autre nous pousse à l’ignorer. En racontant je lutte contre l’ignorance et donc contre la peur et l’indifférence.




Ghilaisne Accepteur de différences

- Que fais tu ?

- Je suis Accepteur de différences

- A quoi ça sert ?

- Je permets de mettre tout le monde à égalité.

- Comment fais tu ?

- Je change le regard, afin que l’on voie tout le monde de la même façon.

- Comment change tu le regard ?

- En permettant de faire connaissance. Je crée des lieux de rencontre, d’échange, de partage afin que chacun comprennent que nous sommes tous égaux dans notre humanité.

- Quelles sont les choses qui rendent égaux ?

- Les émotions que nous vivons sont universelles.

- Vous êtes plusieurs à faire ce métier ?

- Oui ! on est nombreux sur cette planète, c’est pas le travail qui manque.

- Quelles qualités faut il pour être accepteur de différences ?

- Déjà, il faut bien se connaître soi-même, et s’accepter tel que l’on est. Ensuite on va vers les autres, on les accompagne dans leur démarche pour qu’il fasse de même. Et enfin, il reste à vivre ensemble en paix avec soi-même et avec les autres.

- Mais si on est tous pareil, on va pas s’ennuyer ?

- Mais le but n’est pas d’être tous pareils ! Mais d’accepter qu’on soit tous différents.

mercredi 27 février 2013

Stage chante la vie chante

« chante la vie chante! »

..le temps d'un week-end au vert et en chansons...

Pierre Thirriard vous emmènera dans une danse de chansons, abordables, connues et moins connues, pour savourer « la petite musique d'être ensemble », histoire d'un"et hop!" hors de la rigueur hivernale et de la grisaille ambiante. Tenir le « pas gagné » ,dans un désert sans limites, trouver un arbre qui fleurit au cœur de l'hiver, conquérir New-York, ou encore faire pleuvoir dans nos cœurs des torrents de tendresse...

Bien des chansons ont le don de nous brancher sur la prise du plaisir et de la détente, ou celle du courage et de la persévérance, ou encore celle du rire et de la légèreté:
de quoi recharger nos batteries pour mieux repartir dans nos aventures quotidiennes..

Lutherie Vocale: un temps pour porter attention à soi et réviser son instrument vocal, par la relaxation, les étirements, le mouvement, ainsi que des vocalises poétiques qui déploieront la voix.
« Ensemble »: un temps pour le plaisir d' « accorder nos violons » grâce à des jeux vocaux collectifs, et, qui sait, trouver « la patte » du groupe qui colorera nos chansons!
« Chanter »: un temps pour aborder les chansons, les bricoler ensemble, affiner notre interprétation, échanger nos ressentis.

Luce Colmant, metteur en scène, comédienne et professeur de théâtre, nous guidera sur un travail s'inspirant du chœur antique...

Et bien-sûr...veillée chantante le samedi soir, jusqu'à 22h, ouverte à nos hôtes et leurs amis!

Accueil le 20 avril 2013 à partir de 13h30. Démarrage à 14h30. Bouclage le dimanche 21, à 17h30. À Boisserotte, un joli lieu, agréable et chaleureux, à 1h de Paris, chez Michèle et Jean-Damien 6, hameau de la Boisserotte 77120 Saints http://boisserotte.blogspot.fr/

Hébergement:
Deux dortoirs. Possibilité de camper. Pour toute demande particulière, contactez Pierre Thirriard!
Tarif: Forfait de 150 euros, hébergement, repas et petit déjeuner compris.
Réservation Inscription à renvoyer rapidement à : Pierre Thirriard formateur vocal 9, avenue Arblade 92240 Malakoff 06 22 04 56 10 lutherie.vocale@hotmail.fr

Bulletin:
Je participerai au Week-end « Chante la vie chante » et je joins à mon inscription le chèque de 150 euros à l'ordre de Pierre Thirriard, ainsi que mes coordonnées complètes:

Pierre Thirriard, chanteur et pianiste accompagnateur, formé en pédagogie musicale au CFMI de Lille ainsi qu'à la Psychophonie, a animé des Rencontres Chantantes dans des cadres divers, depuis une quinzaine d'années: CMP Popincourt, Unité de Thérapie Entr’actes à (Colombes), en entreprises (Pepsico France), ou encore dans le cadre privé.
Passionné par la facilitation à l'accès au chant et la pratique vocale pour tout un chacun, il a mis au point, au fil de ses expériences, une approche essentiellement sensori-motrice, la Lutherie Vocale, laquelle donne la part belle au plaisir, à l'éveil sensoriel et l'imagination.

Luce Colmant, née en 1970, a suivie une formation de comédienne au cours René Simon. Elle a ensuite joué dans différentes pièces de théâtre contemporaines et classiques.
En 1999 elle crée sa propre compagnie et passe à la mise en scène. Elle réalisera ainsi cinq mise en scène dans des registres variés, dont« les Caprices de Marianne » de Musset, « Le Temps et La Chambre » de Botho Strauss, cette dernière sera réalisée en co-production avec le centre dramatique national de Nice. Parallèlement, elle animera des ateliers théâtre enfants, adolescents et adultes dans différentes structures (associations, conservatoires, C.D.N).
Elle a écrit 7 pièces de théâtre, dont trois sont des spectacles pour enfants et un Roman épistolaire édité chez Numerik'livres.

dimanche 10 février 2013

La soupe aux cailloux

Extrait première version scène 1 de l'adaptation d'un conte vieux comme le monde. Projet spectacle pour enfant pour la compagnie Jeden.

La soupe aux cailloux

Scène 1 :

Le voyageur :

chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Il continue à chantonner sa chanson de moins en moins fort jusqu'à ce qu'il voit le village

Le voyageur : Oh, un village ! Des cheminées qui fument ! Ça sent bon ! On me donnera bien un peu de pain, un bol de soupe ! Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une femme ouvre : Qui c'est ? Qu'est ce que vous voulez ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

La femme lui claque la porte au nez

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin … Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Rien ne se passe, personne n'ouvre.

Le voyageur : J'entends des pas, il y a quelqu'un derrière cette porte. Pourquoi on m'ouvre pas ?

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une voix off : Partez ! Partez ! Nous n'avons rien à vous donner !

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin... Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Un homme ouvre : Qu'est ce que tu veux, loqueteux ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes
m'arrêtant en chemin
Quand j'avais bien trop faim.

Je suis un voyageur, un voyageur

Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

L'homme : Va t'en ! Ici on n'aime pas beaucoup les gens qui viennent de loin !

Il lui claque la porte au nez

Le voyageur : Bon … Voyons plus loin … Essayons celle-ci,

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Pas de réponse

Le voyageur : Personne cette fois-ci. Bon, il ne reste que celle là. La dernière du village, tout au bout du chemin.

chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Une femme ouvre : Il veut quoi ?

Le voyageur :
chanson :
Je suis un voyageur, un voyageur

J'ai visité le monde
dansé mille et une rondes …

la femme : C'est bon, pas besoin de chansons ! Parle clair et vite, pas qu'ça à faire moi !

Le voyageur : Auriez vous un peu de pain, un bol de soupe à me donner avant de reprendre ma route ?

La femme : Mais qu'est ce qui croit ? Qu'on est riche ? Déjà pas assez à manger pour moi alors pour lui ! Quand on est sur les chemins comme toi on se débrouille ! L'a qu'à manger de la soupe aux cailloux !

Et elle lui claque la porte au nez ! Le voyageur s'assoit pour réfléchir.

Le voyageur :

Chanson :
l'a qu'à manger de la soupe au cailloux
c'est tout, c'est tout
quand on n'a pas un sou !
l'a qu'à manger de la soupe au cailloux

Le voyageur : Ramassant un joli cailloux au sol
Et ben, elle croit pas si bien dire ! Je m'en vais faire une bonne soupe aux cailloux !

Chanson :
ouvrez, ouvrez la porte
Non, ce n'est pas le vent
ouvrez, ouvrez la porte
C'est un homme passant.

Permettez à un pauvre voyageur qui a vu tant de monde, qui a dansé tant de rondes, d'avoir au moins une marmite avec un peu d'eau, et une place sur le feu, pour faire cuire son cailloux.

La femme ouvre la porte : C'est qu'il a l'air sérieux ! C'est un fou ! Et bien voyons, suis curieuse de savoir comment qu'il va la faire sa soupe aux cailloux. Allez entre !

vendredi 15 juin 2012

La ronde

Hier soir mes élèves ont joué leur dernière de "La Ronde". En les regardant jouer chacun, je me disais "wow, quelle liberté ils ont gagné, quel plaisir ils ont de jouer". Et mon petit cœur de prof en a ressenti une grande fierté. L'année prochaine je pars m'installer à Tours et les abandonne, mais ils n'ont plus besoin de moi. Ils ont acquis l'essentiel, le reste ils l'apprendront au fur et à mesure de leurs expériences.

Isabelle dans le rôle de la fille. Belle et touchante dans son personnage, elle a laissé sa carapace dans les coulisses et nous a montré sa délicate fragilité. Elle était très belle, dans tous les sens du terme.

Adrien dans le rôle du curé. Le cadet de l'équipe, passe son bac scientifique cette année. J'espère pour lui que des jeunes filles l'ont vu jouer parce que la première chose qui m'a frappé quand la lumière s'est allumée c'est " wow, comme il est beau!". Il y a quelques années, je revois cet adolescent du haut de ses quinze ans, débarqué parmi les grands, un peu timide et un peu maladroit, et je le regarde aujourd'hui, jeune homme devenu, une grande présence, une grande intelligence. Il a de l'avenir le petit ;-)

Pierre dans le rôle du soldat. Il m'a impressionné. Il s'est surpassé. J'étais très heureuse de le voir oser, s'amuser. Je le remercie de ce joli cadeau. Pierre est une personne d'une grande justesse dans son jeu, mais jusqu'à présent il manquait toujours d'une forme d'assurance qui lui permette de se dépasser. Hier soir ce fût chose faite. Mission accomplie ;-)

Anne Charlotte : Deux rôles à assurer. La femme de Chambre et la comédienne. Dans le premier, jeune fille fraiche, avec son joli accent du sud, dans le second femme fatale. J'ai un message personnel à lui adresser. "Tu es définitivement une femme magnifique, tu ne peux plus en douter et tu as assuré grave hier. Je te donne rendez vous un de ces jours pour madame de Merteuil." Anne Charlotte, c'est le genre d'élève qui assure toujours, qui ne fait jamais d'histoire, qui accepte ce qu'on lui confie, qui ne râle pas quand elle est frustrée d'avoir un rôle moins important. Qui est toujours prête à relever les défis et qui ne se défile pas devant la difficulté. Très réactive et réceptive dans le travail. Le bonheur d'une prof de théâtre quoi. Alors, un jour, elle aura confiance en elle, et ce jour là, je vous le dit elle va tout exploser.

Florian dans le rôle du jeune homme : Ah Florian ! Il été tellement bon hier soir ! J'ai pas vu de différence avec un pro. Que de progrès réalisés en deux ans de travail. Quel parcours quand on y songe. Il s'est révélé cette année. C'était un pur plaisir de le voir s'amuser et d'entendre le public rire. L'année prochaine, si tu continue le théâtre Flo, va te frotter au drame, histoire de te lancer un nouveau défi. Parce que la comédie, tu sais la jouer maintenant !

Hélène dans le rôle de la jeune femme : Elle n'a jamais été aussi juste, précise, présente qu'hier soir. C'était un vrai aboutissement de la voir, exactement telle que je l'avais imaginé quand je lui ai confié le rôle en début d'année, et même un peu delà. Son visage si expressif au service de son personnage, la qualité de son écoute avec ses partenaires, c’était très bon. La scène avec Florian était vraiment très très réussi et comme nous savons d'ou nous sommes partis, c'est encore plus beau de la voir aboutir.

Philippe dans le rôle du mari. En voilà un qui s'est fait plaisir au maximum. il s'est installé dans rôle, genre, ici c'est chez moi, je décide. Son rôle est sans doute le plus ingrat, parce que le plus bavard et le plus antipathique, mais il nous a fait profité de chaque mot, de chaque horreur prononcé par ce personnage odieux, il faut bien le dire, et nous avons bien rit. Alors un grand bravo Monsieur.

Magali dans le rôle de la grisette: Des Progrès fulgurants, une grande justesse de jeu, un sens comique incroyable, une expressivité hilarante, une énergie de feu, une grande exigence de travail, chapeau bas, mademoiselle. Quand je regarde en arrière je suis impressionnée par le chemin fulgurant que tu as fait en deux ans. Tu as une formidable présence.

Gabriel dans le rôle de l'homme de lettre: Mon Louis Jouvet. Là encore en deux ans, quel chemin ! Quelle liberté dans le jeu ! et quelle voix il a ce Gabriel ! Bravo ! Bravo ! bravo ! Que dire d'autres !

Freddy dans le rôle du conte. Que de nuances dans ce rôle et dans son jeu ! C'était très difficile et c'est devenu facile en le regardant jouer hier. La scène le transforme, le transcende. Bravo !

A tous encore bravo et encore merci pour cette année, qui ne fût pas facile pour moi à d'autres égards et que vous avez allégé bien souvent de votre bonne humeur, de votre énergie, de votre motivation. Je n'oublierai jamais ce travail, ni aucun de vous. Et j'espère vous retrouver au hasard ou pas de la vie pour d'autres aventures théâtrale. à Bientôt.

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