Orgasme adulte échappé du zoo de Dario Fo et Franca Rame

Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de lire ces textes, quelques mots sur les situations :

"La putain à l'asile d'aliénés" : La putain se retrouve face une psychiatre invisible pour le publique et lui raconte son parcours de prostitué et ce qui l'a mené dans cet asile, la descente aux enfers d'une innocente pas armée pour la vie.Drôle et émouvant.

"Moi, Ulrike Meinhoff, je crie" : Inspiré de faits réels, la vie en prison D'Ulrike Meinoff, arrêtée pour terrorisme. Voyage au coeur du cerveau d'un humain qui lutte pour ne pas devenir fou, pour ne pas céder aux tortures psychologique qu'on lui inflige. Terrifant.

"Une femme seule" : Enfermée chez elle par un époux jaloux, elle parle à sa voisine d'en face et lui raconte sa vie de femme d'intérieure. Si elle semble accepter sa situation, on découvre en même temps qu'elle prend conscience que sa vie est un enfer. Drôle et pathétique.

"Le réveil" : Un matin comme tous les matins, une jeune femme se réveille en retard pour aller à l'usine. En dehors du fait qu'elle doit préparer son bébé pour aller à la crèche, elle s'aperçoit qu'elle ne trouve plus ses clées. La voilà repartie dans sa soirée de la veille. Elle nous raconte ses étourderies de femme fatiguée, sa dispute avec l'homme qu'elle aime pourtant, puis quand finalement elle retrouve sa clée, elle prend conscience que c'est dimanche et qu'elle peut se rendormir. Extrêmement d'actualité, on s'y retrouve toutes, qu'on soit à l'usine ou dans des bureaux, le stress des femmes modernes qui doivent tout gérer de front. Extrêmement drôle et pourtant.

Création 2000. Compagnie Vis Fabula.

Après Ay Carméla, Emilie Jobin et moi même avions le désir de continuer à travailler ensemble. Trois autres comédiennes que j'avais rencontrées lors de différents travaux, ayant vu ma première mis en scène, m'expriment le souhait de travailler avec nous.
Je réunie ainsi quatre comédiennes : Séverine Dricot, Emilie Jobin, Nathalie Masseglia et Muriel Revollon.
Emilie me propose les monologues de Dario Fo et Franca Rame. A la première lecture je suis immédiatement enthousiaste. J'y trouve à la fois la force du propos, l'humour, l'émotion et la possibilité pour chacune des quatre comédiennes d'avoir un rôle à leur mesure.

- Pour Séverine Dricot je choisi: "La putain à l'asile d'aliéné", texte ou s'entremêle humour et horreur.

- Pour Emilie Jobin, "Moi Ulrike Meinhof, je cris". Ce monologue m'a complètement bouleversée à la lecture. Ce qu'il dénonce de notre monde moderne va bien au delà de l'Histoire avec un grand H dont elle est inspirée. Dario Fo a, pour moi, remarquablement dépassé l'évènement politique polémique pour l'inscrire dans un point de vue sans jugement, sans opinion tranchée, avec beaucoup d'humanité.

- Pour Nathalie Masseglia, "Une femme seule". C'est un texte hilarant fait de situations extrêmes. On oscille sans arrêt entre comique et pathétique. La conclusion du monologue transforme le rire et glace le sang.

- Pour Muriel Revollon, "Le réveil". J'ai tout de suite senti la vie de ce personnage et de ce texte, son humour, sa tendresse, sa vérité toute simple.

J'ai poussé ma recherche vers l'essentiel au service de l'histoire. Chaque monologue impliquant un lieu différent, une ambiance différente, j'ai supprimé tout décor mais également tout accessoire. Nous avons fait un énorme travail de mime pour faire exister tous les détails quotidiens du texte.
Pour symboliser le changement d'espace j'ai travaillé sur différentes formes géométriques de l'espace, délimité au sol par des lignes de sables de couleurs différentes selon le personnage et soutenu par le jeu de lumière. La putain à l'asile était dans un rond représentant la cellule d'isolement de l’asile. Ulrike était dans un triangle représentant l'angle de la prison dans lequel l'humain va chercher refuge. La femme seule était dans le rectangle de son salon (à l'horizontal) et le rectangle de sa fenêtre (à la verticale). La femme du "réveil" était dans un carré représentant l'étroitesse de son logement où elle vit avec mari et enfant.

Ce spectacle a été présenté dans le cadre du festival de théâtre étudiant que nous avions intégré car deux des comédiennes suivaient encore le cursus de la faculté en étude théâtrale à Nice. Cela nous a donné l'occasion de rencontrer les membres du jury qui étaient : François Morel, Isabelle Nanty, Edouard Baer et Aure Attika. Nous avons obtenu le prix du meilleur spectacle et le prix de la meilleure interprétation féminine pour les quatre comédiennes. Repéré par le conseil général des Alpes Maritimes, nous avons tourné ce spectacle dans toute la région sous l'égide du conseil général et du centre dramatique national de Nice.

Cette expérience a été très enrichissante. Confronté parfois a de vives réactions sur le contenu du texte, il est devenu encore plus évident que ces écrits, datés des années soixante dix, avaient gardés toutes leur force et leur nécessité. Nous avons tourné ce spectacle durant deux années consécutives.

Commentaires

1. Le mardi 15 novembre 2005, 12:39 par akynou/racontars

Fait gaffe au titre. Oragasme, je crois pas que ça existe :-) Bises

2. Le jeudi 17 novembre 2005, 17:37 par Luce

Akynou: Corrigé ! Mdr !
Et dire que j'ai un correcteur
qui passe derrière moi
et qui a laissé passer ça !
Rooooo! Rires !;-)

3. Le vendredi 18 novembre 2005, 10:35 par François Granger

Le correcteur il est dyseaurteauggrafffike ;-)

Mais il corrige ce qu'il peut ;-)