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samedi 19 avril 2008

L'amoureuse suite et pas encore fin...

Nous avons fait notre dernier filage hier. Dernier avant de se retrouver à Nice, dans la salle du théâtre de la Semeuse, pour les répétitions qui vont être essentiellement consacrées à la technique.

Je ne vous raconterais pas tous les rebondissements que nous avons traversé pour ces dernières répétions. Toutes les coulisses ne sont pas à montrer et puis après tout, il est bon de garder un peu de mystère sur la machine à faire rêver ...

Répétition de L'Amoureuse
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Mais je peux vous dire que nous avons hâte d'y être maintenant. Hâte surtout que la première soit passée, hâte d'être à notre petit resto en terrasse avec les proches à refaire inlassablement la représentation qui viendra d'avoir lieux. Hâte d'avoir des étoiles dans les yeux et dans le cœur, car je ne doute pas qu'elles seront aux rendez vous.

Et puis pas trop hâte en même temps, parce qu'après ça passe si vite qu'on dira: "déjà fini". Parce qu'après il y aura encore du travail à faire, d'autres dates de représentations à trouver, de la vente, de l'administratif et toutes ses choses si réjouissantes, beurk ...

Rendez vous pour ceux qui peuvent les 25, 26, avril à 20h30 et le 27 avril à 15h au Théâtre La Semeuse à Nice. Aux autres, rendez vous un jour dans un autre théâtre ...

jeudi 3 avril 2008

Les premières photos de répétitions de L'amoureuse

Répétition l'amoureuse
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Marie Teissier

jeudi 8 novembre 2007

Première séquence de répétitions

Une semaine dans des conditions presque de luxe, nourries, logées, bien nourries, bien logées, et le tout gratuitement, c'est rare, c'est luxe. Ma mère nous a accueillie dans sa maison, à la campagne pour cette première partie du travail. Nous avons répété dans le garage, espace de taille moyenne convenant bien à l'intimité nécessaire des premières répétitions, suffisamment grand pour pouvoir bougé sans être gêné.

Tout les matins, le training pour se mettre en route, marche soutenue dans la campagne environnante, avec travail sur la mémorisation du texte. Il fait beau, la lumière du petit matin est belle, les villageois du coin nous regarde un peu comme d'étranges créatures...

Retour dans notre antre, nous triturons le texte pour en extraire le suc. Je pinaille sur tout, insatiable d'entendre la bonne musique. Ce texte se révèle être une partition, j'aurai pu le chapitrer comme des mouvements "allegro, andante, piano, pianissimo..." La comédienne se plie à mes exigences avec générosité, pas un acte d'impatience, pas un regard de frustration. Pourtant je sais, je devine son envie, son besoin de prendre le large, mais nous savons toutes deux que c'est trop tôt.

Tout es là, en latence, nous sentons les prémisses, le potentiel de ce que nous allons raconter, le but s'éclaircit encore, le chemin se trace. Confiance, magnifique confiance dans ce que nous entreprenons, du bonheur beaucoup. Je savoure l'efficacité, la rapidité avec laquelle la comédienne capte mes commandes, car c'est bien cela que je fais : "Un peu de sel là, un peu de sucre ici, met moi donc un parfum d'ironie dans cette détresse, j'aimerai bien qu'ici tu te brises, cristalline et trouble". Elle annote son texte, me sourit comme pour me dire "mais bien sur", reprend là où je l'ai arrêtée, et j'entends plus que je ne vois mon menu servi. Il est encore miniature, mais il est là, il va grandir.

Quand la journée de travail se termine, je constate, un peu émerveillée, que nous avons bien avancé, dans la fluidité du temps. Je retrouve ma fille, mon bébé, dont on s'est si bien occupée pendant que je m'occupais d'un enfant d'un autre genre. C'est un luxe aussi que d'avoir l'esprit tranquille à son sujet. Semaine toute à la fois douillette et intense, j'en remercie tous les protagonistes...

jeudi 25 octobre 2007

L'amoureuse, mis en scène

C’est une aventure particulière que d’être le metteur en scène de sa propre pièce. Mon rôle de metteur en scène a pris la place de l’auteur quand je me suis reposée cette question : Qu’est ce que je raconte ? En y répondant j’ai regardé mon texte d’un autre œil, je l’ai regardé comme un metteur en scène.

Le point commun entre ces deux regards : la comédienne est première dans la mise en scène. C’est avant tout sur elle que repose le spectacle. La scène est quasiment nue, comme elle, comme l’âme de L’Amoureuse qu’elle met à nue pour nous. Tout est là pour la mettre en lumière, rien ne doit nous détourner d’elle.

Ensuite est venu le lit comme le lieu évident de ses confidences. Il est plus symbolique que réaliste, un rectangle, des draps, un espace qui est tout à la fois le lieu de son crime, et sa prison, son cocon et son ring.

Parce que ce texte est une volonté de dire l’intime, parce que le personnage se fait témoin de sa propre vie, de son propre crime ; le public est son partenaire, le réceptacle de ses confidences. Il est directement impliqué dans son écoute. Parce que nous vivons une époque où « la réalité » vole la part de la fiction, ou le voyeurisme vole la part du spectateur, ici, la fiction est au service du fantasme, la représentation au service d’une vérité. Le théâtre est le lieu idéal pour répondre à notre besoin d’émotions, à nos pulsions de voyeur. L’on peut cesser de se demander la part du réel, la part du virtuel, puisque la réponse découle de la représentation. Au théâtre, tout est faux, sauf les corps, sauf l’émotion, sauf l’humanité. N’est-ce pas ce que nous cherchons toujours, à travers nos écrans ? N’est-ce pas parce que l’écran fait écran à cette humanité, que nous sombrons dans l’exhibition ? Ainsi, le théâtre est plus que jamais nécessaire, un théâtre qui s’adresse directement à l’humain pour lui parler de lui, l’aider dans sa quête de lui, cette recherche qui n’aura de fin qu’avec l’humanité elle-même.

Parce que le corps raconte une vérité quand l’esprit se déguise, parce que la chair est le premier récepteur d’émotions, parce que je veux un théâtre sensuel, cru, mais sans vulgarité, j’ai fait appel pour m’assister à Linda Gonin, danseuse. Parce que les confidences sont aussi des confi-danses, parce que les émotions donnent un rythme à notre corps, parce que notre corps est notre "choeur", j’ai voulu que la comédienne ait une grande conscience de ce que son corps raconte. Il ne s’agit pas de la faire danser, il s’agit avant tout d’aller au geste essentiel, de supprimer le superflu, le superflou, pour atteindre une vision limpide, évidente, comme l’auteur cherche la bonne virgule.

Parce que la musique des mots ne cesse de changer au rythme de sa folie qui grandit, parce que j’ai toujours pensé que chacun de nous avions nos petites musiques intérieures, parce que les émotions sont mélodiques, et parce que la musique peut atteindre des cellules inaccessibles aux mots, j’ai demandé à Toups Bebey de composer la musique de l’Amoureuse, de lui trouver ses rythmes, ses petites musiques intérieures, ses mélodies.

Nous avons réunis cette petite équipe l'autre soir autour d'un repas. Tous ne se connaissent pas. Une prise de contact réussie. J'aime cette ambiance, le groupe se forme autour du projet, on sent chacun tout à la fois motivé, traqué, certain s'interroge encore beaucoup sur ma demande de metteur en scène. Ces questionnements m'oblige à approfondir, me font avancer et me prépare bien pour le début des répétitions. j'aime sentir nos cerveaux en ébullition, la pré-création, ce temps où l'excitation se partage à l'impatience. Plus tard viendront les doutes, la gestion de tous nos doutes confrontés, de cela naîtra l'unité.

Cette première réunion m'a donné une grande confiance dans le choix de l'équipe. Le courant passe. C'est très important le choix d'une équipe, c'est 50% du travail.

Première cession de répétition prévue, entre le 1 et le 7 novembre, juste la comédienne et moi. Première approche, première mise en bouche, en mouvement. Débroussaillage dans l'intimité pour un texte qui fouille cette intimité. J'ai hâte, hâte, hâte ...

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