Luce Colmant

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Mot-clé - répétitions

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samedi 25 septembre 2010

Répétitions "celle qui se bat comme un homme Andromaque"

On n'en fini jamais d'apprendre sur son métier de comédienne comme on n'en fini jamais d'apprendre sur soi.

Après mes débuts, où la quête de lâcher prise était le centre de mes préoccupations, où parfois je luttais pour ne pas penser, pour me laisser traverser, me voilà à l'approche de la quarantaine, dans la redécouverte de la maitrise. La voie du milieu est toujours la bonne mais qu'elle est longue à trouver. Le temps, la maturité sont mes alliés les plus surs. C'est fascinant d'avoir cette impression qu'un rôle arrive au bon moment, au moment ou vous êtes prêt à vivre et comprendre l'expérience proposée. Quand c'est le cas, j'ai l'impression de grandir, c'est extrêmement agréable.

Andromaque arrive à point nommé. J'ai la sensation d'être sur un fil, équilibriste entre deux abîmes, la maitrise et le lâché-prise, devoir me tenir exactement entre les deux pour ne pas sombrer.

Le fait d'être seule sur scène c'est à la fois plus de liberté et plus de danger aussi. (Mais j'aurai bientôt le musicien sur scène avec moi qui sera mon partenaire.) J'ai déjà eu à jouer des monologues, mais Andromaque c'est tellement beau, énorme. J'ai beau connaitre ce texte depuis longtemps, je l'ai fait travailler à des élèves à de nombreuses reprises, l'expérimenter ainsi c'est vraiment prendre conscience dans tout son être de sa richesse . J'ai souvent dit à mes élèves qu'entre deux alexandrins il y avait tout un monde. J'en fait l'expérience, cette condensation émotionnelle, et l'adaptation qui contracte en plus le temps, nous demande de nous arrêter quasiment sur chaque vers. pour donner à entendre ces mondes émotionnels qui se succèdent et même se juxtaposent. Car c'est bien l'enjeu donner à entendre, à voir, à sentir.

(à suivre)

samedi 19 avril 2008

L'amoureuse suite et pas encore fin...

Nous avons fait notre dernier filage hier. Dernier avant de se retrouver à Nice, dans la salle du théâtre de la Semeuse, pour les répétitions qui vont être essentiellement consacrées à la technique.

Je ne vous raconterais pas tous les rebondissements que nous avons traversé pour ces dernières répétions. Toutes les coulisses ne sont pas à montrer et puis après tout, il est bon de garder un peu de mystère sur la machine à faire rêver ...

Répétition de L'Amoureuse
cliquez sur la photo pour voir l'album

Mais je peux vous dire que nous avons hâte d'y être maintenant. Hâte surtout que la première soit passée, hâte d'être à notre petit resto en terrasse avec les proches à refaire inlassablement la représentation qui viendra d'avoir lieux. Hâte d'avoir des étoiles dans les yeux et dans le cœur, car je ne doute pas qu'elles seront aux rendez vous.

Et puis pas trop hâte en même temps, parce qu'après ça passe si vite qu'on dira: "déjà fini". Parce qu'après il y aura encore du travail à faire, d'autres dates de représentations à trouver, de la vente, de l'administratif et toutes ses choses si réjouissantes, beurk ...

Rendez vous pour ceux qui peuvent les 25, 26, avril à 20h30 et le 27 avril à 15h au Théâtre La Semeuse à Nice. Aux autres, rendez vous un jour dans un autre théâtre ...

jeudi 3 avril 2008

Les premières photos de répétitions de L'amoureuse

Répétition l'amoureuse
cliquez sur la photo pour voir l'album

Marie Teissier

jeudi 8 novembre 2007

Première séquence de répétitions

Une semaine dans des conditions presque de luxe, nourries, logées, bien nourries, bien logées, et le tout gratuitement, c'est rare, c'est luxe. Ma mère nous a accueillie dans sa maison, à la campagne pour cette première partie du travail. Nous avons répété dans le garage, espace de taille moyenne convenant bien à l'intimité nécessaire des premières répétitions, suffisamment grand pour pouvoir bougé sans être gêné.

Tout les matins, le training pour se mettre en route, marche soutenue dans la campagne environnante, avec travail sur la mémorisation du texte. Il fait beau, la lumière du petit matin est belle, les villageois du coin nous regarde un peu comme d'étranges créatures...

Retour dans notre antre, nous triturons le texte pour en extraire le suc. Je pinaille sur tout, insatiable d'entendre la bonne musique. Ce texte se révèle être une partition, j'aurai pu le chapitrer comme des mouvements "allegro, andante, piano, pianissimo..." La comédienne se plie à mes exigences avec générosité, pas un acte d'impatience, pas un regard de frustration. Pourtant je sais, je devine son envie, son besoin de prendre le large, mais nous savons toutes deux que c'est trop tôt.

Tout es là, en latence, nous sentons les prémisses, le potentiel de ce que nous allons raconter, le but s'éclaircit encore, le chemin se trace. Confiance, magnifique confiance dans ce que nous entreprenons, du bonheur beaucoup. Je savoure l'efficacité, la rapidité avec laquelle la comédienne capte mes commandes, car c'est bien cela que je fais : "Un peu de sel là, un peu de sucre ici, met moi donc un parfum d'ironie dans cette détresse, j'aimerai bien qu'ici tu te brises, cristalline et trouble". Elle annote son texte, me sourit comme pour me dire "mais bien sur", reprend là où je l'ai arrêtée, et j'entends plus que je ne vois mon menu servi. Il est encore miniature, mais il est là, il va grandir.

Quand la journée de travail se termine, je constate, un peu émerveillée, que nous avons bien avancé, dans la fluidité du temps. Je retrouve ma fille, mon bébé, dont on s'est si bien occupée pendant que je m'occupais d'un enfant d'un autre genre. C'est un luxe aussi que d'avoir l'esprit tranquille à son sujet. Semaine toute à la fois douillette et intense, j'en remercie tous les protagonistes...